LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

20 décembre 2007

RDC -FMI : le round décisif de Kinshasa... Les 8 mds de dollars de la Chine encore et toujours

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Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé hier mercredi à Kinshasa avoir engagé des discussions avec la République démocratique du Congo (RDC) sur un programme triennal (2008-2010). Ce programme pourrait être lancé en mars 2008, si la stabilité macro-économique se maintient. En même temps, le FMI a promis d’être « très attentif » envers l’ accord que la Rdc vient de signer avec la Chine. Comme pour dire que tous les éléments seront pris en compte avant la conclusion de ce programme, le troisième que la Rdc signera avec le FMI depuis la fin du régime Mobutu.

«Nous avons engagé des discussions pour un nouveau programme économique triennal. Nous attendons l’adoption du budget 2008 (actuellement en seconde lecture au Sénat), qui donnera l’impulsion de la politique économique du gouvernement», a déclaré à la presse Brian Ames, du Département Afrique du FMI, à l’issue d’une mission de 15 jours en RDC. M. Ames a estimé que «beaucoup de progrès» avaient été réalisés pour le maintien de la stabilité macro-économique en RDC, mais a prévenu que le Fonds serait très attentif aux prévisions de recettes et à la répartition des dépenses prévues au budget 2008.

L’on se rappellera qu’à ce propos, le FMI a tgouvernement à accroître des recettes. Et à maîtriser les dépenses. La crainte est de voir le gouvernement recourir à la planche à billets pour financer son déficit. Une situation qui se répercutera sur le taux d’inflation et provoquera inévitablement le dérapage budgétaire.

LE IIIEME PROGRAMME : DES PREALABLES

Si les conclusions aboutissent, ce sera le troisième programme que le gouvernement signera avec me FMI. Si le Programme intérimaire de reconstruction, PIR, a été une réussite, le PEG 1 a été un échec. Il a fallu un autre programme de stabilisation en attendant d’envisager un autre programme avec les institutions de Bretton Woods. Ce qui explique que pendant l’exercice 2007, la RDC n’a pas pu bénéficier de l’appui extérieur. La conclusion d’un nouveau programme permettra ainsi au gouvernement d’accéder à des facilités élargies. Mais pour y parvenir, il faudra faire preuve de bonne gouvernance.

Selon le ministre du Budget, Adolphe Muzitu qui s’entretenait dernièrement avec la presse, si le gouvernement a réussi à rétablir le cadre macro-économique sans appuis extérieurs, il est capable d’autres performances remarquables s’il bénéficiait de l’ appui extérieur.

De son côté, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu, a souligné les efforts consentis pour maintenir la stabilité macro-économique en dépit des contraintes liées à une augmentation des dépenses militaires - du fait de conflits dans l’Est du pays - et des pressions extérieures, comme la hausse du prix du pétrole, ayant des répercussions sur les coûts de transports et l’inflation. «Nous terminons l’année sur une bonne performance, avec un cadre stable, une inflation à 10%, un taux de croissance de 6,1% et un taux de change stable à 500 Francs congolais pour un dollar américain», la devise de référence, a-t-il indiqué. Le gouverneur de la BCC a reconnu que les prévisions du projet de budget 2008 - qui se basent sur un taux de croissance de 8% et un taux d’inflation de 8% - étaient «un peu optimistes».

Le lancement d’un nouveau programme économique de gouvernement (PEG) avec le FMI est crucial pour la RDC, dont le budget 2008 prévoit d’être financé à près de 40% par des ressources extérieures. Or, depuis la fin, en avril 2006, du dernier programme économique passé avec le Fonds, la RDC est privée de toute possibilité de recevoir des appuis budgétaires.

En outre, l’ouverture du PEG permettrait au terme d’une première revue, après six mois de programme, de parvenir au point d’achèvement de l’Initiative pour les Pays pauvres très endettés (PPTE) et de permettre un allègement substantiel de la dette extérieure congolaise (plus de 12 milliards de dollars).

L’ACCORD AVEC LA CHINE : LE FMI TOUJOURS EXIGEANT

Interrogé sur les risques macro-économiques et d’alourdissement de la dette congolaise engendrés par un colossal prêt chinois (plus de 8 milliards USD) à la RDC, partiellement remboursable en titres miniers et actuellement en cours de discussion, M. Ames a indiqué que la RDC avait sollicité un conseil du FMI dans ce dossier. «Il s’agit d’un protocole d’accord entre le secteur privé chinois et la RDC. Nous attendons les résultats des négociations», a-t-il dit, précisant que le FMI serait très attentif aux modalités de création de sociétés de joint-venture entre Etat congolais et entreprises chinoises dans le secteur minier.

Il est un fait que si le FMI constate des zones d’ombre, la signature d’un nouveau programme posera sûrement des problèmes. Pas plus tard que la fin de la semaine dernière, la secrétaire générale de Global Wittness, une organisation international non gouvernementale, chargée de la bonne gouvernance et des droits de l’homme, est revenue sur cet accord. Elle a tenu à souligner que le geste posé par le gouvernement via la délégation congolaise aux pourparlers de Paris, ne suffit pas. Encore faudra-t-il que le gouvernement congolais affiche des signaux de transparence et que cet accord n’aille pas à l’encontre du Code minier congolais. Si des exonérations sont accordées à la partie chinoise, il faudrait que le gouvernement congolais en fasse autant pour les autres partenaires économiques, avait-elle souligné. Ensuite, elle a insisté sur la publication du rapport portant revisitation des contrats signés avec les entreprises du secteur minier. La publication de ce rapport permettra de savoir si l’accord signé avec la partie chinoise ne cacherait pas des zones d’ombre, a-t-elle relevé.

En d’autres termes, il apparaît que cet Accord avec la Chine constitue « une épine » dans les pieds de la RDC dans ses relations avec les institutions de Bretton Woords. Les exigences du FMI avant la conclusion de ce nouveau programme tant attendu par la partie congolaise le prouvent éloquemment.

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