20 novembre 2007
RDC : 232 enfants soldats remis par des Maï Maï à l’Unicef
Trois groupes maï maï de
l’est de la RDC ont remis à l’Unicef 232 enfants soldats, dont 9 jeunes
filles, qui avaient été mobilisés dans leurs rangs. C’est la première
fois, cette année, qu’un groupe d’enfants aussi important est confié
volontairement à l’Unicef pour être réintégrés dans la vie civile.
Certains de ces enfants sont âgés d’à peine 13 ans. Les Maï Maï ont ceci de spécial qu’ils
disent défendre leurs communautés, si bien que les enfants leur sont
volontairement remis par leurs parents pour contribuer à cette
protection communautaire, a expliqué Pernille Ironside, responsable des
programmes de protection de l’enfance pour l’est de la RDC. La plupart
des 232 enfants sont dans un centre transitoire ou dans un centre de
réorientation, pendant que se prépare leur réunion avec leurs parents,
a dit Mme Ironside. Quelques milliers d’enfants soldats sont
encore au sein des groupes, a-t-elle dit, révélant que les efforts
déployés de concert avec le gouvernement congolais ont permis de
démobiliser 29 000 enfants soldats dans l’ensemble du pays depuis 2005.
Selon Pernille Ironside, la situation demeure préoccupante dans la
province du Nord Kivu où des groupes armés continuent d’opérer et de
recruter des enfants soldats.
19 novembre 2007
RDC: enquête de l'ONU sur un Casque bleu suspecté d'abus sexuel en Ituri
La Mission de l'ONU en RDCongo
(Monuc) a annoncé samedi l'ouverture d'une enquête sur "des allégations
concernant un cas d'abus et d'exploitation sexuels avec violence"
impliquant un Casque bleu en Ituri (nord-est), dans un communiqué
diffusé à Kinshasa.
Le Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la Monuc, William Swing, "a demandé à ce qu'une enquête soit immédiatement menée par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) des Nations unies, suite à des allégations d'abus et d'exploitation sexuels avec violences, à l'encontre d'un soldat de la Monuc basé à Bunia, capitale du district de l'Ituri (...), survenus dans la nuit du 13 au 14 novembre".
"Les enquêteurs du BSCI sont déjà à pied d'oeuvre à Bunia, où ils bénéficient de l'assistance et de la totale coopération du contingent concerné", précise le communiqué.
La Monuc rappelle que "toute allégation de cette nature étant prise très au sérieux par la Mission (...), le Représentant Spécial du Secrétaire Général voudrait s'assurer et assurer le public, que ces graves allégations fassent l'objet d'une investigation approfondie".
Selon des sources onusiennes contactées par l'AFP, un soldat du contingent marocain basé à Bunia aurait eu des rapports sexuels avec une jeune congolaise qui l'accuse de ne pas lui avoir payé la somme convenue en échange de ses faveurs.
La jeune femme affirme avoir été blessée au visage par arme blanche par le Casque bleu. "Elle a bien été blessée au visage. Elle a été soignée et prise en charge à l'hôpital marocain de Bunia, mais les témoignages sont assez confus et l'enquête devra déterminer si c'est bien un Casque bleu qui est responsable de cela", a indiqué à l'AFP une de ces sources.
La Monuc a été éclaboussée par plusieurs scandales impliquant ses personnels, civils et militaires, dans des affaires d'abus sexuels ou de trafics de minerais, depuis son déploiement en RDC en 2001.
Entre décembre 2004 et août 2006, "au moins 140 cas d'allégations" sur des abus d'exploitation sexuelle ou de prostitution impliquant son personnel avaient été répertoriés par la Monuc.
En février 2005, l'ONU avait décidé d'interdire aux Casques bleus d'avoir des relations sexuelles avec des Congolais, après la révélation d'affaires d'abus sexuels sur des filles de 13 ans.
Les Nations unies ne disposent pas d'armée en tant que telle et leurs opérations de paix sont menées avec des forces fournies par les pays membres. Lors de scandales, l'ONU n'a souvent comme seul moyen coercitif que de renvoyer les responsables dans leur pays d'origine.
Créée en 1999, la Monuc est actuellement la plus importante opération de maintien de la paix dans le monde, forte de plus de 19.000 personnels dont quelque 17.600 militaires.
16 novembre 2007
LOSAKO TV: Dieu voit tout... pour mes trésors (enfants)
Jean-Pierre Bemba: C'est moi ou bien rien du tout " Pas de retour, pas d’élections "
"Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme" 
L’homme a gardé toutes ses ressources morales, disent ses proches,
malgré un congé médical qui avait tendance à se transformer en exil
plus ou moins forcé. Son récent séjour d’environ une dizaine de jours à
Bruxelles en a fourni la preuve par le nombre des contacts et la
qualité des interlocuteurs du Chairman.
Début avril, le leader du MLC avait quitté Kinshasa dans des
circonstances dramatiques. Officiellement pour des raisons de santé
liées à une jambe malade. Personne ne se faisait pourtant des
illusions. Après les événements des 22 et 23 mars, durant lesquels les
Fardc avaient décidé d’anéantir sa garde, JP Bemba n’avait plus d’autre
voie de sortie que de se retrancher à l’ambassade d’Afrique du sud
avant de prendre le chemin de la ville de Faro au Portugal.
L’échec d’un modèle
Certes, l’Union Européenne, les Etats-Unis et la Monuc s’étaient
unanimement émus d’une réaction qualifiée de disproportionnée. Avant de
déplorer le recul des libertés ainsi qu’un coup mortel donné au
processus démocratique. Mais toutes ces pressions n’ont toujours pas
donné – du moins jusqu’ici - des résultats concrets. Ni le forcing de
l’eurocommissaire Louis Michel et les engagements pris devant lui par
Jean Pierre Bemba de respecter les institutions élues et d’axer toute
sa démarche dans un cadre républicain, ni l’implication de la
diplomatie européenne par le biais du Haut Représentant Javier Solana,
ni la médiation de certains Présidents africains et encore moins
l’activisme de l’ONU n’ont débouché sur aucun résultat concret. A moins
que ce ne soit la multiplication des pressions et la tentative d’un
hold-up sur les membres du MLC, dont certaines langues – pas toujours
méchantes il est vrai - disent que bon nombre d’entre eux étaient déjà
prêts, pour mettre fin à une disette de plus en plus longue, à
traverser la rue avec armes et bagages. D’où les attaques à fleurets
mouchetés lancées par ses propres camarades contre le Secrétaire
général Francçois Mwamba, obligé de multiplier les conventions pour
maintenir l’ordre et la discipline au sein de la troupe. D’où aussi le
récent rappel à l’ordre signé par JP Bemba en personne à travers une
lettre adressée aux membres du Bureau politique du MLC.
Dans une partie de poker menteur où l’hypocrisie restait la règle d’or,
le leader du MLC prenait en plus les allures surréalistes d’une balle
de ping-pong que se renvoyaient les différentes institutions : la
Présidence de la République arc-boutée sur une ligne de fermeté et
agitant le spectre des poursuites judiciaires ; le Sénat qui
prolongeait automatiquement le congé maladie du sénateur, enfin les
Cours et Tribunaux visiblement embarrassés sur l’attitude à prendre.
Perplexe, la Communauté internationale ne pouvait que redouter
l’effondrement de son modèle en RDC. Mais aussi et surtout le signal
négatif qu’un tel développement constituerait par rapport à son image
et à ses différents engagements dans le monde. Près de 500 millions de
dollars avaient en effet été engloutis dans un processus électoral dont
l’ultime succès résidait dans la cœxistence d’un pouvoir et d’une
opposition démocratiquement élus. Ce qui était loin d’être le cas avec
l’exil forcé du leader d’une opposition censée représenter près de 42%
des Congolais.
Elections locales contre retour
Face à la persistance de l’impasse, JP Bemba s’est finalement décidé de
jeter toutes ses forces dans la difficile négociation qui continuait de
passer par Bruxelles. Où le leader du MLC vient de séjourner deux
semaines durant. D’abord pour renouveler les engagements auxquels il
avait déjà souscrits lors de sa rencontre de Faro avec Louis Michel et
Vital Kamerhe. Et rappeler que, malgré tout, il reste un homme de paix
et de dialogue. Ensuite pour abattre sa dernière carte.
Une carte maîtresse qui a pour nom « élections locales ». Selon des
sources crédibles, JP Bemba a dû puiser dans toutes les ressources de
son éducation pour ne pas exploser et taper du poing sur la table.
N’empêche, récitant à merveille la leçon que lui ont apprise les
derniers événements survenus en RDC, il entend désormais peser de tout
son poids là ou ça fait mal à la Communauté internationale, dont on dit
qu’elle a déjà mobilisé près de 140 millions de dollars pour les
élections locales, en la prenant finalement à son propre jeu. Ou
celle-ci s’implique pour que le processus électoral qu’elle pilote soit
un succès, ou son modèle échoue lamentablement et entraîne dans sa
chute toute la crédibilité de la Communauté internationale.
Un dilemme cruel, traduit tout aussi cruellement par la formule «
retour de JP Bemba contre tenue des élections locales ». L’élève aura
donc rejoint le maître en reprenant son compte tout le machiavélisme
d’une négociation qui avait tendance à tourner le leader du MLC en
bourrique. En d’autres termes, « pas de retour de JP Bemba, pas de
participation du MLC aux élections locales ». En fait, un véritable
coup de tonnerre qui consommerait l’échec d’un processus électoral dont
la crédibilité a déjà beaucoup souffert du boycott décrété en son temps
par l’Udps. A moins que la Communauté internationale s’implique à ne
pas laisser son processus prendre les allures d’un échec historique et
accepte d’en payer le prix le plus fort en arrachant envers et contre
tout la fin de l’exil du Chairman. C’est justement là que se situe le
calcul de JP Bemba. Et tout le bien qu’il souhaite aux diplomates
onusiens, américains et européens.
Losako/Le phare
Nord-Kivu (RDC): l'armée présente des prisonniers insurgés à la presse
MISE EN SCÈNE ???
Les Forces armées de République
démocratique du Congo (FARDC) ont exhibé jeudi deux prisonniers,
présentés comme des insurgés ralliés à l'ex-général Laurent Nkunda, au
cours d'une conférence de presse à Goma, capitale du Nord-Kivu (est).
L'un de ces hommes, blessé par balle à une jambe, a été "fait prisonnier" mercredi, lors d'une opération de ratissage dans la zone de Mugunga (à 15 km de Goma), où une position militaire a été attaquée mardi par les hommes de Nkunda, a déclaré le général Vainqueur Mayala, commandant des FARDC au Nord-Kivu.
L'attaque de cette position FARDC avait entraîné mardi la fuite d'environ 28.000 déplacés des camps voisins de Mugunga, selon la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), qui a confirmé jeudi que l'attaque avait bien été lancée "par des éléments de Nkunda".
Le général Mayala a accusé les insurgés d'avoir en outre eu "pour objectif de massacrer" les déplacés de Mugunga.
Le sous-lieutenant François Musore Saidi, fait prisonnier mercredi dans les collines proches de Mugunga, a uniquement confirmé à la presse qu'il commandait "un peloton" pendant cette attaque.
"J'avais pour mission de saboter la position FARDC. Quand j'ai été blessé, on m'a ramené derrière la ligne de front et on m'a abandonné là-bas", a-t-il expliqué en swahili (langue parlée dans l'est congolais), indiquant qu'il n'avait pas reçu d'autre mission.
Depuis mardi, le camp Nkunda nie être impliqué dans ces hostilités et a accusé des rebelles hutus rwandais d'avoir lancé cette attaque.
Le second prisonnier, présenté comme le "sergent Mathias Havugimana", a été décrit comme un "démobilisé" de l'armée rwandaise recruté par le camp Nkunda, par le colonel Delphin Kahimbi, commandant en second des FARDC au Nord-Kivu.
"Il a été arrêté il y a trois semaines à Sake (à 30 km de Goma). Il avait pour mission d'espionner les positions FARDC (...)", a-t-il affirmé.
"En prévision d'une attaque que les insurgés allaient combiner avec le massacre des déplacés de Mugunga, ce monsieur, originaire de Gisenyi (ville rwandaise limitrophe de Goma), avait pour mission d'aller sensibiliser 700 démobilisés rwandais pour rejoindre les forces de Nkunda" en vue de "prendre d'assaut l'aéroport de Goma à partir de Gisenyi", a-t-il encore assuré.
L'AFP n'a pu s'entretenir avec ce second prisonnier, qui ne parlait que le Kinyarwanda, langue nationale du Rwanda, également parlée par les communautés hutue et tutsie congolaises.
Le recrutement par Nkunda de démobilisés et de civils rwandais a été confirmé à plusieurs reprises par la Monuc, qui a rapatrié dans leur pays ces derniers mois plus d'une centaine de Rwandais, qui avaient déserté les rangs des insurgés.
Le Nord-Kivu est depuis la fin août le théâtre d'affrontements entre les FARDC, qui y ont massé quelque 20.000 hommes, quelque 4.000 soldats insurgés ralliés à Nkunda, mais aussi d'autres milices.
Le président congolais Joseph Kabila a donné le "feu vert" aux FARDC pour désarmer de force les combattants récalcitrants d'ici la fin 2007.
LOSAKO NEWS EN BREF: Un gouvernement pour mettre fin à la crise politique au Burundi...
BURUNDI: La présidence de la République du Burundi a annoncé mercredi à
Bujumbura la formation d'un nouveau gouvernement, incluant des membres
des deux partis de l’opposition. Ce gouvernement devra aider à mettre
fin à la crise institutionnelle qui durait depuis plusieurs mois, avec
une Assemblée nationale paralysée et un chef de l'Etat qui n'avait pas
de majorité. Le président Pierre Nkurunziza proposait des projets de
loi que les députés refusaient de voter. Le Burundi va peut-être écrire
maintenant une nouvelle page de son histoire avec, qui sait, bientôt la
fin des violences.
KENYA: La commission électorale kényane (ECK) a validé les dossiers de neuf
candidats, dont celui du chef de l'Etat sortant Mwai Kibaki, à
l'élection présidentielle prévue le 27 décembre, a-t-on appris à
Nairobi vendredi auprès de la Commission.
TCHAD: La mission d'enquête du gouvernement français sur les circonstances
ayant permis à l'association L'Arche de Zoé de dissimuler "son identité
et ses agissements", a fini son travail et devait quitter N'Djamena
jeudi soir, a-t-on appris de source proche du dossier.
"La mission a fini son travail. Elle part ce (jeudi) soir. Elle rendra son rapport dans un mois", a déclaré cette source sous le couvert de l'anonymat.
15 novembre 2007
RDC:Un bureau diplomatique américain à Goma...pour consolider l’Autorité de son poulain-gardien Paul Kagame sur le plan régional
Le projet de balkanisation de la RDC est en marche..? Ne reculant devant rien pour déstabiliser la paix fragile en RDC, Washington mène une politique provocatrice à l’égard des Congolais et continue à tenir un discours qui laisse à peine entrouverte la porte à une solution du conflit au Kivu. L’ambassade américaine à
Kinshasa a récemment installé, à Goma, chef-lieu de la province du Nord
Kivu, dans l’Est de la RDC, une représentation diplomatique qualifiée
de semi-permanente. De source officielle américaine, on souligne que la
mission aura pour principal objectif de coordonner les activités
humanitaires. Sa présence suscite des réactions mitigées, rapporte
notre correspondant Jack Kahora. Pour certains habitants de la région, il
s’agit d’une grande décision d’une grande puissance mondiale pour bien
comprendre les réalités locales à la base des interminables conflits
ethniques du Kivu. Pour d’autres, l’ouverture de ce bureau n’a pas de
raison d’être dans la mesure où il existe déjà une ambassade américaine
à Kinshasa, qui peut valablement s’occuper du dossier du Kivu. Losako/Voa
Remaniement : Gizenga II salué par des grèves !
Les
Congolais attendent toujours l’avènement de l’équipe Gizenga II.
Plusieurs éléments d’information recoupés suite à des indiscrétions
lâchées par les personnalités citées comme devant faire partie de la
nouvelle mouture gouvernementale font croire que la bombe pourrait
tomber incessamment.
La coalition majoritaire au pouvoir aurait, aux dernières
nouvelles, surmonter ses divergences. Un accord a finalement été trouvé
sur le nombre de portefeuilles à pourvoir, sur le retour ou non aux
affaires de certains mobutistes connus dont Gizenga ne veut pas
entendre parler pour avoir mis le Congo de Lumumba à genoux, etc. Mais
seulement voilà, le Gouvernement risque de se transformer en galère. Le
front social tant redouté s’est dressé. Les professeurs des universités
publiques sont entrés en grève depuis le mardi 13 novembre 2007. Cela,
un mois après la rentrée académique 2007-2008. Les grévistes ont des
revendications salariales : 3200 Usd pour un professeur ordinaire, 3000
à un professeur et 2500 Usd au chef des travaux. Selon un gréviste, si
des discussions sérieuses et concluantes ne sont pas très vite
engagées, le mouvement de grève se durcirait pour une durée illimitée.
On aura alors à craindre une année blanche, car les étudiants seront
contraints de rester à la maison.
Dans l’opinion, la grève des professeurs des universités divise
les Congolais. Si nombreux disent comprendre les revendications
salariales des professeurs, en revanche, il y en a moins qui les
partagent. Une façon de dire que les professeurs, qui se présentent
aujourd’hui en victimes, sont perçus par leurs étudiants comme des
bourreaux. Allusion faite ici à des pratiques relevant d’une autre
époque, notamment la vente obligatoire des syllabus, le monnayage des
cotes, les points sexuellement transmissibles, etc. Sans le soutien
actif des étudiants au mouvement d’humeur de leurs professeurs, il est
à craindre que cela n’accouche d’une souris.
Outre la grève des professeurs, le Gouvernement doit faire face
au débrayage des agents et fonctionnaires de l’Etat. En grève depuis le
lundi 12 novembre dernier, les agents et fonctionnaires exigent, comme
l’avaient fait les enseignants de l’EPSP il y a peu, l’application du
barème de Mbudi.
Le Gouvernement mettra sans doute en avant son argument le plus
prisé : le manque de moyens. Même si on tolère le gaspillage au sommet
tout en refusant d’améliorer la situation de la base. Rien n’explique
qu’un Député National touche au moins 4000Usd des émoluments et un
huissier 35.000 FC. Qu’à cela ne tienne, le Gouvernement est réellement
en difficulté. Et on voit mal comment les grévistes obtiendraient gain
de cause alors que Gizenga I ne fonctionne qu’avec 18% du Budget 2007.
Les occidentaux n’ayant pas libéré les 44% de recettes du Budget
auxquelles ils avaient librement souscrit. 38% de recettes propres à la
RDC sont retenues à la source pour le payement de la dette extérieure
contractée et logée dans des banques en Europe par Mobutu. Voilà la
triste réalité. Puisque la vie devient de plus en plus chère, des
émeutes de faim sont fort probables si l’on y prend garde.
Il n’est pas exclu que, dans les jours qui viennent, les
magistrats, à l’initiative du Synamac, soient tentés de gagner la rue
pour protester contre l’inclusion du Président de la République et du
ministre de la Justice au Conseil Supérieur de la Magistrature.
Au plan militaire, le nouveau Gouvernement à venir devra faire
ses preuves dans la situation de guerre tantôt larvée, tantôt ouverte
qui sévit au Nord-Kivu. Surtout la gestion de l’Accord de Nairobi signé
entre les ministres des Affaires Etrangères congolais et rwandais. Un
accord défavorable à la partie congolaise dans la mesure où le Rwanda
n’a pris aucun engagement, à part la sécurisation de ses frontières. La
délégation congolaise, qui a promis de présenter un plan de désarmement
des FDLR d’ici décembre, n’a pu imposer aux Rwandais une charge qui
puisse mettre le Rwanda devant ses responsabilités.
Cas du sénateur Mongulu : la démocratie en péril
Le Sénat a tiré la sonnette d’alarme en examinant le cas du sénateur Mongulu. Son immunité parlementaire a été violée et son intégrité physique menacée. Loin d’être un simple incident, une bavure, il a été unanimement admis, majorité parlementaire et opposition confondues, qu’il s’est agi d’une « faute grave ». A la fois juridique et politique. D’où cette décision d’adresser dans les meilleurs délais une résolution à l’endroit du président de la République et du Gouvernement pour autant qu’il y a là un signe avant-coureur mettant effectivement en péril la démocratie en République démocratique du Congo.
Le Sénat s’est saisi, en sa plénière d’hier mercredi, du cas du sénateur Mongulu, ancien Procureur général de la République, victime d’une perquisition à domicile, dans la journée du dimanche 12 décembre par une équipe mixte des militaires et policiers. Et ce, en violation flagrante de l’article 107 de la Constitution portant « immunités et incompatibilités » qui stipule : « Aucun parlementaire ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé en raison des options ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions».
Aucun parlementaire ne peut, en cours de sessions, être poursuivi ou arrêté, sauf en cas de flagrant délit, qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale ou du Sénat selon le cas.
En dehors de sessions, aucun parlementaire ne peut être arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de l’Assemblée nationale ou du Sénat, sauf en cas de flagrant délit de poursuites autorisées ou de condamnation définitive. La détention ou la poursuite d’un parlementaire est suspendue si la Chambre dont il est membre le requiert. La suspension ne peut excéder la durée de la session en cours ».
Le sénateur Mongulu a été l’objet d’un mandat de perquisition et d’arrestation alors que le Sénat est en pleine session. Le Bureau du Sénat n’a jamais été sollicité et le sénateur Mongulu n’a pas été pris en flagrant délit. C’est déjà une violation de la Constitution.
LES FAITS
Selon le ministre de la Justice qui a été invité à répondre à une question d’actualité, l’auditeur militaire qui a établi la réquisition, l’aurait fait sur base d’une information relative à une cachette d’armes dans une parcelle appartenant à feu Mungul Diaka. C’est ainsi qu’un Inspecteur judiciaire et une équipe de militaires et policiers se sont rendus sur la parcelle indiquée qui n’était que celle du sénateur Mongulu. Sur place, ils ont procédé à des fouilles tant à l’intérieur de la maison que dans la parcelle même avant d’emmener ses deux enfants à l’auditorat militaire pour interrogatoire. Le sénateur Mongulu qui n’était pas sur place, mais ayant appris la nouvelle, a préféré se cacher, vivre dans la clandestinité avant de réapparaître devant le Sénat. On aurait trouvé chez lui, un fusil mauser et une cartouche anti-aérienne (Sic).
De son côté, l’Inspecteur général de la Police qui a été également entendu a rejeté les allégations portées contre la Police. Celle-ci, d’après lui, n’a pas été associée à cette démarche judiciaire et cette affaire dépend exclusivement de la Justice.
Après ces auditions, le débat a été ouvert, mettant à nu les différentes incohérences et contradictions, jusqu’à donner à cette affaire une allure d’un coup monté de toutes pièces pour des raisons inavouées. Première incohérence, la résidence de feu Mungul Diaka est à Ngaba et celle de sénateur Mongulu se trouve dans la commune de la Gombe sur l’avenue de la Justice et non Lukusa, tel que mentionné dans le mandat de perquisition. Deuxième incohérence ; il ne peut y avoir de confusion de noms ainsi que l’a prétendu le ministre de la Justice. Il y a Mungul Diaka, feu Premier ministre, et Mongulu T’Apangane, ancien Procureur général de la République, et actuellement sénateur issu du MLC. Pas de confusion possible. Quant à la contradiction, le sénateur Nyarugabo l’a relevé. Il a dit que le rapport sur l’information portant cachette d’armes a été rédigé le 11 novembre alors que le mandat de perquisition a été établi le 10 novembre.
Ensuite, sur place, après que les enfants du sénateur Mongulu ont décliné l’identité de leur père, les militaires et policiers, au mépris de la loi et de la Constitution, se sont mis à fouiller la maison, la mettant sens-dessus sens-dessous. Ce qui constitue une faute grave et non une simple bavure. Pire, cette perquisition, telle qu’elle a été ordonnée et exécutée, relève de l’amateurisme et de l’incompétence. Ce qui a amené certains sénateurs à parler d’un acte politique et non d’une erreur judiciaire. Que serait-il arrivé si le sénateur Mongulu se trouvait sur place ? Que dire si cette perquisition s’était déroulée dans une parcelle d’un simple citoyen ? Se sont interrogés les sénateurs.
LA DEMOCRATIE EN PERIL
Après débat et échange de points de vue, les sénateurs, toutes tendances politiques confondues, ont convenu de mettre sur pied une commission, et ce après avoir condamné en des termes sévères cet acte d’une autre époque. Cette commission sera chargée de rédiger une résolution à transmettre au président de la République et au gouvernement, dans les meilleurs délais. Car, ont-ils estimé qu’il ne s’est pas agi d’un premier cas du genre, ni isolé. En provinces, des députés provinciaux ne bénéficient pas de la considération et sont entraînés devant la justice sans autre forme de procès. Dernièrement, au Palais du peuple, un député national a subi des sévices de la part des agents de la Police. Le cas du sénateur Mongulu interpelle toutes les consciences sereines à telle enseigne que le Sénat a décidé de tirer la sonnette d’alarme.
Car, au-delà de simples considérations, c’est le processus de démocratisation en RDC qui est péril. Aussi, dans la résolution qui sera transmise au président de la République, garant de la Constitution, des sanctions exemplaires doivent être prises à l’endroit de ceux qui ont entrepris cette perquisition. Le but est d’éviter de tomber dans les erreurs du passé, avec des « coups montés et manqués » ; d’éloigner les attitudes d’intimidation qui donnent ainsi l’impression de vouloir intimider l’opposition.
14 novembre 2007
AFFAIRE NKUNDA: KINSHASA SE PLIE AUX EXIGENCES DE KIGALI. Les Hutus d’abord et puis après, on verra...
La RDC planche sur un plan
d’opérations militaires d’urgence pour neutraliser les rebelles hutus
des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) opérant dans
les provinces du Kivu. Un plan détaillé devra être présenté d’ici le
premier décembre prochain, en vertu de l’accord signé le week-end
dernier, à Nairobi, entre
les ministres des Affaires étrangères du Rwanda et de la RDC. Le
gouvernement rwandais, lui, s’est engagé à renforcer les contrôles aux
frontières afin de s’assurer qu’aucune aide transfrontalière ne
parvient aux groupes armés opérant dans l’Est de la RDC.
Kigali se dit optimiste au sujet de la mise en œuvre de ce nouveau plan. « Nous avons senti qu’il y avait un nouvel engagement et une plus ferme volonté, une plus ferme détermination de la part de la RDC d’exercer des pressions militaires pour contraindre les ex-FAR/Interahamwe à désarmer de force », a déclaré le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande. La réunion spéciale de Nairobi s’est tenue en présence d’envoyés spéciaux de l’Onu, des Etats-Unis, de l’Union européenne « qui, tous, se sont engagés à aider la RDC », a expliqué le chef de la diplomatie rwandaise, ajoutant que ce concours international permettra à Kinshasa de mener à bien l’opération.





