LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

13 novembre 2007

Après le génocide humain, génocide social...c’est le tour du génocide économique. Messieurs, arrêtez svp !

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La République Démocratique du Congo a accouché, à la fin du long conflit armé l’ayant ravagée entre octobre 1996 et décembre 2003, d’un « génocide humain », avec un passif estimé à plus de 3,5 millions de morts. En attendant que les différents belligérants puissent s’en expliquer un jour devant le tribunal de l’histoire, elle a signé entre-temps un « génocide social », en hébergeant des citoyens fortement paupérisés, dont le revenu moyen journalier se situe autour de 75 cents.
Ces temps derniers, l’actualité gravite autour du rapport de la commission interministérielle chargée de la revisitation des contrats miniers. Ce sujet jusque-là tabou est sorti du bois depuis que Le Phare, dans son édition du vendredi 02 novembre 2007, a mis à la portée du grand public la synthèse du dossier, telle qu’élaborée par les experts. Les Congolais ont ainsi appris, avec stupeur, qu’ils étaient dépouillés, pour des décennies, par des prédateurs qui venaient de faire main basse sur toutes leurs ressources minières.

Génocide économique

A présent que tout se sait, tous les regards sont tournés vers le gouvernement quant à la suite à donner aux conclusions de la commission interministérielle, laquelle a préconisé la renégociation ou la résiliation de l’échantillon des 63 contrats miniers soumis à son appréciation. Au regard de la criminalisation organisée des ressources minières congolaises, l’on ne peut s’empêcher de qualifier de « génocide économique » la situation qui prévaut dans le secteur des mines.
En effet, à cause de l’hypothèque qui pèse désormais sur des richesses qui devraient permettre aux Congolais de lutter efficacement contre la pauvreté, les épidémies, l’analphabétisme, la famine, le chômage, le manque d’eau potable et d’électricité, la déliquescence ou l’absence des infrastructures, la criminalité, la délinquance juvénile, la mortalité maternelle et infantile, le terme « génocide économique » traduit éloquemment le pillage du cuivre, du cobalt, de l’or et du diamant congolais, pour ne citer que ces minerais-phare. Candidates à des privations vitales de toutes sortes pendant les décennies à venir, les futures générations des Congolais s’exposent à une espérance de vie précaire et partant à un taux de mortalité élevée.

Révision et annulation des contrats léonins

Même si l’option de renégociation ou d’annulation des contrats léonins ne semble pas enchanter le gouvernement congolais, au vu de possibles ennuis juridiques qu’elle pourrait entraîner, beaucoup d’observateurs pensent qu’il serait inacceptable, dans son chef de cautionner le génocide économique. Aussi, lui recommande-t-on de déployer un panel d’experts miniers, économiques et juridiques capables de pousser dans les cordes les investisseurs manifestement spoliateurs des intérêts du peuple congolais dans le secteur des mines.
A défaut d’une annulation des contrats selon les règles de l’art, des spécialistes croient qu’il serait du bon droit des autorités congolaises de soumettre l’examen des contrats miniers à problèmes aux instances judiciaires internationales, en invoquant notamment le triple génocide programmé par la maffia internationale en RDC : économique, social et humain.
Si la communauté internationale, à travers le panel des experts des Nations Unies (2001-2002) et les institutions de Bretton Woods, qui étaient les premières à dénoncer le pillage des ressources naturelles congolaises, s’investissent dans le soutien de la cause congolaise, l’on peut être sûr que même des multinationales se gêneraient pour persister dans l’exploitation illicite des gisements miniers congolais.
Le cabinet Gizenga devrait capitaliser l’état d’esprit qui règne dans l’environnement international des affaires, où l’argent sale et les minerais du sang sont fort prohibés, pour réclamer haut et fort la transparence et l’équité dans les contrats miniers.

Sanctionner les vendeurs du patrimoine collectif

A l’investiture respectivement du Président de la République et du Premier ministre, l’un et l’autre avaient proclamé la fin du règne de l’impunité. Les portes des prisons, clamaient-ils, allaient s’ouvrir à tous ceux qui pêcheraient par les détournements des biens collectifs.
Pour le cas d’espèce, il est évident que les mandataires publics et les décideurs politiques ayant trempé dans le bradage de nos ressources minières devraient être clairement identifiés, traduits en justice et sanctionnés à la mesure des préjudices financiers causés à la République.
La fin de l’impunité pour tous ceux qui se sont enrichis illicitement au détriment de la collectivité nationale aurait le mérite d’installer la peur du gendarme chez d’autres candidats à la prédation. En tout cas, le peuple congolais veut que l’affaire de la revisitation des contrats miniers soit le commencement de la fin effective de la récréation au pays.

Losako/Le phare

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