LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

13 novembre 2007

Le gouvernement se moque du Parlement

gizenga00913 membres du gouvernement ont déjà été entendus, sur questions orales, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat. Au terme de ces questions, des recommandations ont été faites au Gouvernement pour un réajustement de tir. Aucun écho encourageant n’est enregistré de ce côté. Et pourtant, la liste des questions orales n’est pas exhaustive. D’autres sont annoncées au courant de cette semaine. Mais que faut-il attendre devant ce silence du gouvernement comme si l’Assemblée nationale et le Sénat prêchaient dans le désert ?

Quatre ministres d’Etat : Affaires intérieures, Infrastructures et Travaux publics, Agriculture et près le président de la République, ont été invités devant l’Assemblée nationale et le Sénat à la suite des questions orales.

Neuf ministres : Portefeuille, Environnement, Sports, Environnement, EPSP, Transports et de Voies de communication, Information et Presse, Défense, Hydrocarbures et Urbanisme ont emprunté le même parcours pour apporter des explications sur des questions d’actualité liées à la gestion de leurs ministères. Ces questions orales qui relèvent des prérogatives constitutionnelles de l’Assemblée nationale et du Sénat ont été suivies avec beaucoup d’intérêt par la population.

Elles ont permis au souverain primaire d’avoir une idée plus ou moins exacte sur la maîtrise des dossiers par les ministres titulaires, mais surtout de jauger leurs capacités intellectuelles et politiques, au-delà celles de la responsabilité politique du gouvernement à rencontrer les préoccupations des populations congolaises exprimées par les délégués de la représentation nationale. C’est-à-dire, les députés et sénateurs.

Si l’on peut se permettre de faire une évaluation, l’on vient de constater qu’en l’espace de six mois d’exercice au sein du gouvernement, près d’un tiers des membres de l’Exécutif ont été honorés de questions orales. Ce qui pose un réel problème de gestion, suscitant même des interrogations sur la cohésion et l’efficacité du gouvernement.

Il est un fait qu’en plus de ces questions orales, le gouvernement a été confronté à des situations sociales, pour ne pas parler des arrêts de travail. Par deux fois, les agents et fonctionnaires de l’Etat ont débrayé sur fond de revendications sociales Bien avant eux, ce sont les Régies financières qui avaient fait perdre à l’Etat congolais plus de 10 millions de dollars US de recettes. Les agents des régies financières étaient les premières à aller en grève. Nous serions incomplets si nous ne relevions pas la grève des agents de l’Onatra, la menace de grève à la SNCC et la RVA. On ne pourrait passer sous silence la grève des enseignants qui a fait que la rentrée scolaire effective ait lieu avec plusieurs jours de retard. A cela, il faut ajouter les incidents du Bas-Congo, l’Affaire Kahemba, les combats de Kinshasa, et nous en passons…

PAS DE SUIVI

Cependant, ce qui intrigue les observateurs avertis, c’est ce silence aux lendemains des débats portant sur les questions orales. En effet, au niveau du gouvernement, les réunions du Conseil exécutif ne s’attardent pas sur les avis et considérations émis soit à l’Assemblée nationale, soit au Sénat. Et pourtant, l’on devrait dégager certaines options en vue de démontrer que ces questions orales ne constituaient nullement une simple formalité protocolaire.

Allusion faite ici à la question orale portant sur la politique des Transports aux lendemains du crash de Kingasani avec l’Antonov qui s’y est écrasé. Où en est-on avec la commission d’enquête et quelles sont les dispositions prises pour la délivrance du permis d’exploitation du ciel congolais par ces « cercueils volants » ? Qu’au niveau de l’Assemblée nationale la motion de défiance ait été rejetée, quelles sont tout de même les leçons que le gouvernement a tirées et les a-t-il portées à la connaissance du public pour démontrer que le côté positif de la question orale n’a pas été éludée ? Mais surtout sa volonté politique de changer les choses…

Nous en dirions autant de l’Environnement, de l’Urbanisme et Habitat. Des espaces ont été spoliés, des constructions anarchiques existent. Quels sont les actes posés à la suite des recommandations formulées par les députés et sénateurs ? Mutatis Mutandis pour les enseignants. Ces derniers menacent d’aller en grève et tout se passe comme s’il n’y a jamais eu de questions orales sur la grève des enseignants.

Evidemment, la justice devrait suivre, instruire des dossiers sur des faits qui méritent réparation des préjudices causés. On revient toujours au cas de la catastrophe de Kingasani ya suka. En fait, l’indemnisation des victimes et de leurs familles n’arrête pas la procédure découlant des recommandations émises au terme de la question orale. Ce silence inquiète.

ENCORE QUATRE QUESTIONS ORALES

Tout se passe effectivement comme si le Parlement prêchait dans le désert. Et pourtant, la liste des questions orales n’est pas limitative. Il nous revient que quatre questions orales ont été adressées à certains ministres, membres du gouvernement central, par le Sénat. La première porte sur la situation à la MIBA, une société en décadence malgré toutes les promesses faites pour la redresser. Le sénateur Mutamba Dibwe est l’auteur de cette question orale qui est adressée à la ministre du Portefeuille.

Le sénateur Kakwata Patrick est inquiet de la situation qui prévaut au sein des sociétés minières de Kolwezi. Elles connaissent une mort programmée. Cette deuxième question orale est adressée au ministre du Portefeuille.

Enfin, le sénateur Mutinga Modeste, rapporteur général du Sénat, est l’auteur de deux questions orales ; la troisième et la quatrième, au niveau du Sénat. La troisième est adressée au ministre des PTT et elle a trait à l’opérateur économique public, OCPT. L’essentiel de la question tourne autiur des contrats d’exploitation des communications. Il semblerait que les prix pratiqués en République démocratique du Congo seraient de loin inférieurs à ceux en cours dans d’autres pays. Une clarification s’impose dans ce domaine. Quant à la quatrième question orale, elle est liée au fonctionnement de la Société nationale des chemins de fer, SNCC dans le but de connaître la situation qui prévaut dans cette entreprise et l’évolution du dossier de l’accident de Kakenge, au Kasaï Occidental, accident qui a fait près de 200 morts. Cette question orale est adressée au ministre des Transports et Voies de communication.

Mais il faut s’attendre à une probable cinquième question orale qui sera adressée au ministre des Finances par le sénateur Kakenge sur le détournement de la paie des fonctionnaires. Plus particulièrement au niveau du Kasaï Oriental. Sont également concernés par la même question orale, les ministres du Budget et de la Fonction publique.

Du côté de l’Assemblée nationale, on n’exclut pas une éventuelle question orale à l’endroit du ministre d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur et universitaire à la suite du traitement humiliant qu’il avait fait subir à deux journalistes de Horizon 33. L’honorable Yves Kisombe qui avait soulevé cette question lors d’une plénière de l’Assemblée nationale avait émis le vœu de voir le ministre concerné être entendu.

Cette semaine s’annonce donc fertile en questions orales. Mais une fois de plus, il ne faudra pas que l’Assemblée nationale et le Sénat continuent à prêcher dans le désert. A en croire les règlements intérieurs de ces deux institutions, trente jours après une question orale, elle devrait être suivie de faits conformément aux recommandations émises. Ce qui ne semble pas être le cas. Jusqu’à présent.

Le potentiel

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