19 octobre 2007
Doss remplace Swing à la Monuc !
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a chargé un de
ses compatriotes, le diplomate sud-coréen Choi Young-jin, d'être son
représentant spécial en Côte d'Ivoire, a annoncé jeudi sa porte-parole,
Michèle Montas.
M. Ban a choisi, par ailleurs, une diplomate danoise, Ellen Loj, pour
être son envoyée spéciale au Liberia, et un Britannique, Alan Doss,
pour le représenter en République démocratique du Congo (RDC), a
indiqué Mme Montas lors d'un point de presse.
Le poste de représentant spécial de l'ONU en Côte d'Ivoire et patron de
l'Opération des Nations unies sur place (Onuci), était vacant depuis le
départ en février du Suédois Pierre Schori, démissionnaire après deux
ans de mandat.
La signature en mars de l'accord de Ouagadougou entre le président
Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, chef de la rébellion des Forces
nouvelles (FN), devenu depuis Premier ministre, a entraîné la
suppression d'un second poste de représentant de l'ONU dans ce pays,
spécialement chargé des élections, qui était détenu par le Suisse
Gérard Stoudmann.
Cet accord vise à réunifier un pays coupé en deux depuis septembre 2002
et la tentative de coup d'Etat des FN, qui se sont emparées de la
moitié nord du pays, contre M. Gbagbo, qui a gardé le contrôle du sud.
Des élections présidentielle et législatives sont prévues en Côte d'Ivoire en 2008.
M. Doss, qui est actuellement l'envoyé spécial de l'ONU au Liberia,
succèdera en RDC à l'Américain William Lacy Swing. Il deviendra
également le chef de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), la plus
importante force de maintien de la paix de l'ONU à l'heure actuelle,
avec quelque 17.600 Casques bleus.
Sa nomination survient alors que la situation est très tendue depuis
fin août dans la province du Nord-Kivu (est), où la Monuc a déployé
4.500 de ses soldats au côté de quelque 15.000 hommes des forces
gouvernementales (FARDC), face à des groupes armés qui terrorisent et
pillent la région.
M. Swing a appelé lundi des soldats insurgés ralliés à l'ex-général
tutsi congolais Laurent Nkunda, estimés à plus de 5.000, à démobiliser
pour éviter une confrontation brutale avec l'armée et épargner les
populations civiles.
Enfin Mme Loj, qui succédera à M. Doss au Liberia, était jusqu'au début de cette année ambassadeur du Danemark à l'ONU.
Elle arrivera dans un pays où selon M. Doss, de "considérables progrès"
ont été enregistrés depuis la fin de la guerre civile (1989-2003) et où
la Mission de l'ONU sur place (Minul) se prépare à un retrait
progressif.
Impérieuse nécessité pour le Congo de mettre fin à la tutelle, initiatives opportunistes
A
la fin de sa mission au Congo, Aldo Ajello se confiant à Marie-France
Cros affirmait ce qui suit : "L'avenir du Congo? C'est un pays qui a un
potentiel richissime et un gouvernement élu démocratiquement. Ce qui ne
veut rien dire parce que la démocratie ne se réduit pas aux élections;
une éducation démocratique doit se faire, avec assez de souplesse pour
ne pas donner l'impression que le pays est sous tutelle, ce qu'il a été
trop longtemps. Il doit apprendre à s'autogérer de façon démocratique.
Si on les aide sérieusement, on a de grandes chances de réussir et cela
entraînera la stabilisation de l'Afrique centrale." (M.F. CROS, Aldo
Ajello, le diplomate qui ne mâche pas ses mots. Entretien, dans La
Libre Belgique du mardi 21 février 2007, p.25). Etant devenu sceptique
vis-à-vis de "doctrines des bonnes intentions" et à la lecture de
l'actualité congolaise, nous doutons que l'Europe ait comme visée
politique africaine "la stabilisation de l'Afrique centrale", ce
réservoir des matières premières stratégiques. L'entraînement dans la
politique économique de l'économie mondialisée de la prédation a
remplacé, dans le chef de ses élites, le partage des valeurs douces de
la paix, de la justice réparatrice des crimes économiques et
redistributive et de la gestion démocratique du pouvoir politique. Cet
entraînement-là prend du temps. Voilà qui justifie la permanence de la
tutelle et l'effritement des chances de voir l'Afrique centrale
s'autogérer comme l'entendraient ses dignes fils et filles. Le choix
portés sur des "pantins" et autres "collabos" financés à coup des
millions d'euros était tout sauf une option pour une Afrique centrale
apaisée et stable.
Mais, cela étant, il n'est pas mal que les dignes filles et fils du
Congo se posent, de manière permanente la question de savoir jusqu'à
quand le Congo sera-t-il sous tutelle. Nous estimons que la tutelle
durera jusqu'au jour où un nombre important de ses filles et fils sera
capable de comprendre, d'expliquer et de maîtriser les politiques
géostratégiques et "réalistes" des pays qu'ils perçoivent, aujourd'hui
encore, comme étant les grandes puissances du monde. Jusqu'au jour où
leurs choix des modèles alternatifs les conduiront à créer des
synergies productrices des moyens de leur autonomie réelle (et non
potentielle). Jusqu'au jour où "les think thanks "congolais dignes de
ce nom mèneront des luttes sans complaisance afin qu'ils comptent dans
la conception, la gestion et la prospection de la marche commune. Les
initiatives opportunistes peuvent être efficaces. Mais comme peut
l'être un feu de paille.
Il ne se passe plus un seul jour sans que certains médias congolais
reviennent sur les accords que le Congo est en train de signer avec la
Chine. A travers ces médias, plusieurs compatriotes journalistes et
analystes politiques sont convaincus que le Congo est libre de signer
les accords bilatéraux et multilatéraux avec les partenaires de son
choix. Ils sont aussi convaincus que la coopération économique avec
"nos éternels bailleurs de fonds" n'a pas du tout contribué à notre
développement. Et une analyse froide de l'histoire économique de notre
pays leur donne raison. Néanmoins, les convictions de ces compatriotes
ne semblent pas être fondées sur des analyses conséquentes des options
politiques de nos gouvernants actuels. Ceux et celles d'entre nous qui
savent encore prendre le temps de lire peuvent parcourir le programme
de gouvernement Gizenga. Ils se rendront compte que sous l'instigation
du FMI et de la Banque mondiale, ce gouvernement avait pris la ferme
option de s'endetter lourdement en comptant sur nos richesses du sol et
du sous-sol pour rembourser ses dettes. C'est d'un.
De deux, les accords multilatéraux que les gouvernants actuels signent
ne sont connus que d'un petit cercle des oligarques prédateurs. Le
sénateur Vincent de Paul Lunda-Bululu et le député Kiakwama kia Kiziki
l'ont magistralement démontré (à travers leurs interventions au Sénat
et au Parlement) sans que "les couvreurs" (majoritaires) de la
navigation à vue du pouvoir en place au Congo n'arrivent à les
contredire. Les sceptiques peuvent parcourir les médias congolais de
ces trois ou quatre derniers mois et exhiber un ou deux textes sérieux
d'un député ou d'un sénateur de la majorité au pouvoir battant en
brèche les arguments-massues du "petit reste" congolais contre
l'amateurisme et l'incompétence des gouvernants actuels du pays. En
bonnes caisses de résonnance, les "couvreurs majoritaires" de
l'Assemblée nationale se tirent d'affaires en comptant sur le nombre.
Dieu merci, lors du dernier vote de la motion de méfiance contre le
ministre près la présidence impliqué dans l'affaire de l'Antonov 26,
"les mangeurs" ont connu des défections dans leurs rangs au profit du
"petit reste".
De plus en plus, "la démocratie du marché" concoctée dans les bureaux
climatisés de Washington, Paris, Londres et Bruxelles marque le pas.
Que le Congo appelle la Chine au secours est un signe qui ne trompe
pas! Que "les maîtres du monde" se déplacent jusqu'à Goma (le dimanche
14 et le lundi 15 octobre 2007) pour remettre leur "filleul" sur le
chemin de leur schéma de la mise sous tutelle permanente de notre pays
est un signe qui donne à penser. Comment ces tireurs de ficelle
convaincus que le Congo dispose d'"une armée indisciplinée", "mal payée
et mal outillée" peuvent-ils appeler au cessez-le-feu au moment où
cette armée semble gagner du terrain à l'Est de notre pays? A moins que
la guerre d'agression que nous subissons à l'Est de notre pays soit
purement et simplement une manœuvre de diversion ne profitant qu'aux
réseaux d'élite prédateurs ayant envahi notre pays, il ne serait pas
inutile de relever une similitude entre ce qui se passe à l'Est de
notre pays depuis ce lundi 15 octobre 2007 et ce qui s'est passé au
Bas-Congo en 1998. Poursuivant sa coopération militaire avec les deux
Etats agresseurs du Congo, Washington était intervenu pour les tirer du
bourbier congolais. "En effet, écrit Marie-France Cros, Les Etats-Unis
interviendront pour que les troupes rwandaises et ougandaises
encerclées au Bas-Congo par l'armée angolaise, qui a volé au secours du
régime de Kabila, puissent être exfiltrées sans coup férir." (M.-F.
CROS et F. MISSER, Géopolitique du Congo (RDC), Bruxelles, Complexe,
2006, 114). A en croire Marie-France Cros, "il a fallu l'évidence de
l'enlisement de la guerre (…) pour que les Etats-Unis et la France
emboîtent le pas à la Belgique et à d'autres pays non belligérants (…)
afin de faciliter les accords signés à Lusaka en juillet 1999, qui
tarderont quatre ans avant d'être mis en vigueur." (Ibidem)
Le même scénario vient se reproduire à l'Est du pays où les
ambassadeurs occidentaux sont allés à la rencontre de Joseph Kabila.
Les mêmes pays auraient volé au secours de Nkunda et du Rwanda tout en
affirmant leur soutien (?) aux gouvernants élus du Congo! Est-ce pour
la cause de la paix?
Relisons l'histoire. En dehors de la publicité que "les intellectuels
respectables" font sur" les missions civilisatrices" des Etats-Unis, de
la France, de la Grande-Bretagne et de la Belgique, une histoire écrite
à partir des appauvris de notre planète n'a pas quatre exemples des
pays libérés du joug hégémonique de l'impérialisme occidental par ces
pays.
"Le petit reste occidental" et la lutte contre "la voyoucratie"
Ceux et celles d'entre nous qui ont encore la possibilité de lire
peuvent s'exercer à étudier les livres ci-après : Europe, la trahison
des élites (de Raoul Marc Jennar), Nous, peuples d'Europe (de Susan
George), Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent et
L'empire de la honte (de Jean Ziegler), Le nouveau désordre mondial (de
Tzvetan Todorov), Les Etats manqués, Dominer le monde ou sauver la
planète et La doctrine des bonnes intentions de (Noam Chomsky), Un
autre monde contre la fanatisme du marché (de Joseph E. Stiglitz), La
force qui nous manque (d'Eva Joly), Bush le cyclone (de Michel Collon),
etc. Ces livres écrits par "le petit reste" occidental révèlent une
continuité dans la politique extérieure pratiquées par les élites
politiques occidentales, à quelques exceptions près. Noam Chomsky,
étudiant de plus près l'histoire des pays occidentaux impliqués dans
"les pressions faites à l'Etat (manqué) congolais" pour obtenir un
cessez-le-feu à l'Est de notre pays, les classe dans la catégorie des
"Etats voyous". Il écrit ce qui suit : "Si nous définissons "Etat
voyou" en fonction d'un principe moral -Etat qui viole le droit
international, commet des agressions, des atrocités, viole les droits
de l'homme…-, il est certain que les Etats-Unis se qualifient pour le
titre, comme on pouvait l'attendre de l'Etat le plus puissant du monde,
comme la Grande-Bretagne s'est qualifiée, comme la France s'est
qualifiée (…). La France menait une "mission civilisatrice" quand son
ministre de la Guerre disait qu'il fallait exterminer les indigènes en
Algérie." (N. CHOMSKY, La doctrine des bonnes intentions. Entretiens
avec David Barsamian, Paris, Fayard, 2006, 71-72). Se retrouvant dans
sa Norvège natale, Eva Joly écrit : " Loin de Paris, j'ai la
confirmation que l'élite française n'est qu'un club qui ne fait plus
évoluer la monde." (E. JOLY, La force qui nous manque, Paris Arènes,
2007, p.14). Plus loin, elle note : "La France, au nom de la séparation
des pouvoirs, ne dispose d'aucun mécanisme officiel pour interrompre
une enquête, la menace et les intimidations s'épanouissent donc au cœur
de l'Etat. En Grande-Bretagne, la voix arrogante du Premier ministre
(Blair) suffit à étouffer une affaire sensible. Toutes deux usent et
abusent de l'intérêt supérieur de l'Etat, éternel masque des trafics
d'argent." (Ibidem, p.26).
Tous ces livres révèlent "la trahison des élites" politiques et
intellectuelles occidentales à l'endroit de leurs propres peuples et de
ceux des pays émergents. Elles ne sont qu'au service du néo-libéralisme
pur et dur. (A quelques exceptions près, bien sûr!) Est-ce un hasard
qu'aujourd'hui -jour de la lutte contre la misère-, la télévision Belge
nous informe qu'un Belge sur sept vit en dessous du seuil de la
pauvreté? La mondialisation marchande a assujetti les élites politiques
et intellectuelles occidentales, les mettant au service des
multinationales et des autres cosmocrates du Nord. "La démocratie du
marché" qu'ils théorisent est mise dans le coup.
De plus en plus, au Nord, les peuples vivent dans un obscurantisme
avoisinant celui dans lequel vivent la plupart des peuples du Sud. La
télévision mise au service du consumérisme travaille, au quotidien, au
décervelage.
Au Sud, les pays ayant pris conscience du rôle nocif des élites
occidentales ont rompu les ponts. L'Amérique Latine en tête. Au Nord,
la Norvège et la Suède deviennent de plus en plus des rares exceptions
des pays où les gouvernements à l'écoute de leurs peuples. Et pendant
ce temps, le Congo pérorant sur ses richesses fabuleuses ne cesse de se
laisser guider par les élites sans grande crédibilité au Nord. Est-ce
pour des raisons de "réalisme politique"? Pour des raisons stratégiques
ou par pure ignorance de la nouvelle géopolitique du monde? Il veut
aller prendre de l'argent en Chine tout en se laissant conseiller par
les élites occidentales auxquelles la Chine fait peur. Pris entre
l'enclume et le marteau, il n'arrive pas à voter son budget 2008. Et
nos médias, percevant très mal ce choix amateuriste ne cessent de
clamer à qui voudrait les entendre : "Le Congo, en tant qu'Etat
souverain, peut signer des accords avec qui il veut!". Est-on souverain
quand on ne crée pas les moyens de son autonomie? De son autonomie de
pensée et d'action? Un pays payant sa dette extérieure avec une bonne
partie des prêts d'argent qui lui sont consentis par ses "conseillers
économiques et bailleurs de fonds" peut-il avoir la latitude d'aller où
il veut pour contracter les dettes qu'il paiera avec cet argent
d'autrui?
De deux choses l'une, ou le Congo fait le choix de la Chine ou il reste
esclave des IFI occidentales. Dans le premier cas, il sera obligé de
rompre avec les politiques (économiques) de domination que soutiennent
les IFI à travers "l'initiative des pays pauvres très endettés". Il
doit rompre avec la tutelle occidentale. Or sa politique actuelle est
loin de réaliser cette rupture. Les dernières pressions exercées (et
acceptées par) sur Joseph Kabila en disent long. Dans ce cas, le choix
de la Chine ne se limiterait pas à avoir un partenaire économique
prêtant sans conditionnalité. Il irait jusqu'à la mise sur pied des
moyens de sa propre autonomie.
Dans le deuxième cas, le choix "des Etats voyous" comme guides ne peut
que mener à "la voyoucratie". Il semble que notre pays en est encore
là. Sinon qui expliquerait la magie par laquelle un monsieur (Nkunda)
sur qui pèse un mandat d'arrêt international soit considéré au niveau
national et international comme un partenaire dialogual dont dépend la
paix à l'Est du pays? Qui expliquerait la mise entre parenthèse du
droit international au nom de la paix?
En effet, dans un monde gouverné par les affairistes et "leurs petites
mains", la mise entre parenthèse du droit international participe de
l'ouverture dudit monde à l'économie mondiale de la prédation. Celle-ci
n'a besoin de lois que dans la mesure où elles permettent aux
affairistes de faire un peu plus de profit.
Dans le cas du choix de la Chine par exemple, combien des Congolais
sont au courant des quantités des matières premières que ce pays
prendra chez nous en échange de ses milliards? Où en a-t-on débattu? Le
Congo est-il la propriété privée des "couvreurs-négociateurs" de tous
nos contrats à nos dépens qui sont aujourd'hui aux commandes de notre
"Etat-manqué". Non. Et puis, au vu des contrats et accords déjà signés,
quelle garantie avons-nous que cette fois sera la bonne? Il ne suffit
pas d'aller en Chine pour faire du chantage à l'Occident comme du temps
de Mobutu. Ce temps est révolu. Encore faudrait-il que nous soyons
capables d'établir la différence substantielle existant entre le
capitalisme chinois et le capitalisme occidental! Tous les deux étant
logés à la même enseigne, un choix non pensé de la Chine peut être
nuisible pour nous et (surtout) pour les générations futures. Le Congo
"reçu" dont être cédé aux générations futures en bonne et due forme.
N'en déplaise aux opportunistes nombrilistes, partisans de "la
manducratie immédiatiste". A "ceux et celles qui veulent manger, ici et
maintenant, avant qu'ils ne puissent mourir. Et cela, à tous les
râteliers."
Le Congo rompra avec la tutelle quand il ne sera plus dirigé par des
marionnettes téléguidées à partir des bureaux climatisés de Washington,
Paris, Londres et Bruxelles; mais adulées par les médias "coupagistes"
et "les média-mensonges" comme étant les chefs du monde et les maîtres
de l'histoire. Le Sud comptant des exemples de cette rupture fait
rêver. Il semble que l'essentiel de notre lutte devrait se mener à ce
niveau de rupture. Elle peut réussir si, déjà aujourd'hui, les
résistants congolais initient des alliances avec le Sud qui gagne et
"le petit reste du Nord" et les font fructifier.
Source: Congolité
Qui en veut à Gizenga ?
Pour rien au monde, le PALU laisserait les mécontents du phénomène
‘’Yandi Ve’’ danser sur le nez du Premier ministre Antoine Gizenga.
C’est le message qu’a transmis, hier jeudi 18 octobre, M. Fumunzanza
Jacques, Analyste politique et cadre influent du PALU. Selon lui, le
poste de Premier ministre qu’occupe Gizenga n’est pas un cadeau de
quelqu’un. C’est le résultat de la caution politique qu’il accorde au
Président. C’est aussi la volonté de la Majorité. Aux détracteurs du
Patriarche, Fumunzanza a lancé que Gizenga ne sera jamais démis comme
un petit enfant, il faudra des négociations.
Beaucoup de choses, pas forcement vraies, ont été dites sur la personne
d’Antoine Gizenga et l’ensemble de son équipe gouvernementale. Des
critiques, traduisant parfois de l’acharnement, qui ne trompent pas sur
les intentions réelles des agitateurs : accéder au pouvoir quel qu’en
soit le prix à payer et les méthodes. Sinon quelle signification donner
à l’idée distillée dans les médias selon laquelle le Premier ministre
doit tomber à cause du ‘’dysfonctionnement’’ du Gouvernement. Ou parce
que jugé ‘’trop vieux’’ pour diriger et ‘’incompétent’’. On s’est
permis d’affirmer que Antoine Gizenga était insensible aux malheurs qui
frappent ses compatriotes, allusion faite ici aux incidents meurtriers
du Bas-Congo en début de l’année entre les forces de l’ordre et les
adeptes de Bundu dia Kongo (BDK), le déraillement du train à Kakenge au
mois d’août dernier, le crash d’un avion Antonov 26 à Kingasani ya Suka
le jeudi 4 octobre, etc.
Trop de salades pour laisser indifférent Monsieur Fumunzanza Jacques,
analyste politique et cadre influent du PALU. Hier jeudi 18 octobre, il
a réagi à toutes les allégations visant Antoine Gizenga. Parlant des
événements malheureux survenus au pays depuis l’arrivée du patriarche à
la Primature, Fumunzanza estime que le Gouvernement s’est acquitté
correctement de son devoir.
A chaque fois qu’il y a eu catastrophe, Gizenga et les membres de son
équipe ont volé au secours de la population de façon responsable. Pour
lui, toutes ces affabulations ont pour objectif d’opposer le Président
Kabila à son Premier ministre. Ainsi, casser l’unicité du pouvoir. Une
façon aussi de scier la branche AMP.
Sur le plan politique, Fumunzanza a fait remarquer que le poste de
Premier ministre qu’occupe Antoine Gizenga n’est pas un cadeau de
quelqu’un. C’est le résultat de la caution politique qu’il a accordée à
Joseph Kabila que nul autre membre de la Majorité n’est capable de
faire. C’est aussi le choix de la Majorité.
Lorsque, sous les balles dans la nuit du dimanche 20 août 2006, l’Abbé
président de la CEI Apollinaire Malumalu proclame les résultats du 1er
tour de la présidentielle, Antoine Gizenga arrive troisième avec 13% de
voix. L’inamovible Secrétaire Général du PALU est présenté comme la
plus belle fille du village que tout le monde veut avoir dans son lit.
Très vite, Gizenga devient l’homme politique le plus courtisé du pays.
Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba lui font la cour. Dans les
états-majors des candidats, on se met à l’évidence que quiconque a
Gizenga avec soi gagne le 2ème tour de la présidentielle. Ce qui
signifie que si Antoine avait soutenu Jean-Pierre Bemba, celui-ci
l’aurait remporté sur Kabila. Pourtant, c’est l’inverse qui se
produisit. Grâce au soutien lui apporté par le Patriarche, Kabila
réussit à élargir confortablement son électorat à Kinshasa et au
Bandundu. La suite, on la connaît. A Fumunzanza de demander : qui au
sein de la coalition au pouvoir pèse plus que Gizenga ? Personne,
répond-il. L’analyste politique du PALU trouve très curieux et
indigeste que des politiciens en mal de positionnement s’amusent à
comparer Gizenga aux perdants des législatives ou à des chefs des
partis qui n’ont qu’un seul Député à l’Assemblée nationale. Au passage,
il s’est moqué de certains noms cités dans la presse comme d’éventuels
remplaçants de Gizenga à la Primature. C’est le cas de Monsieur André
Philippe Futa qui n’avait pas, a-t-il affirmé, réussi à battre campagne
dans son propre village, car lunché par la population. «Il n’était pas
capable de se faire élire au suffrage universel direct. Et combien de
voix avait obtenu le Président Kabila dans la circonscription de Futa ?
».
Les victimes de ‘‘Yandi Ve’’ s’agitent
Fumunzanza a cité les formations politiques qui comptent au sein de
l’AMP : le MSR de Pierre Lumbi, les Forces du Renouveau de Olivier
Kamitatu et l’UDEMO de Nzanga Mobutu. Il y a bien sûr le PALU avec
quelque 36 Députés nationaux. « Combien pèse Futa et qui sont derrière
lui ? », s’interroge-t-il avant de dire que l’action de sape, dont est
victime le Premier ministre, est l’œuvre de mécontents du phénomène
Yandi Ve.
Sur le plan technique, l’analyste Fumunzanza relève que certains
voudraient présenter maladroitement André Philippe Futa comme un
technocrate, alors que ce dernier fut chassé de l’ancien Gouvernement
où il occupait le ministère des Finances pour insuffisance des
résultats. Et de poursuivre que quand bien même la qualité de
technocrate était reconnue à Futa, l’époque, néanmoins, est révolue.
C’est le peuple qui désigne. Et que pour faire partir Gizenga, il
faudrait des négociations.
La CPI cueille Germain Katanga
Germain Katanga, également connu sous le nom de ‘‘Simba’’, 29 ans, a
passé sa première nuit, du 18 au 19 octobre, à la prison de la Cour
pénale internationale en tant que second ‘‘client’’ de cette
institution. ‘‘Il est arrivé ce midi au centre de détention’’ de la CPI
à La Haye, au Pays-Bas a affirmé Sonja Robla, porte-parole de la Cour.
Le commandant Simba est détenu dans la prison de Scheveningen à La
Haye, où la CPI loue des cellules, Centre de détention des Nations
unies, où vivent également les détenus du Tribunal pénal International
pour l’ex-Yougoslavie.
Le boucher de l’Ituri rejoint son compatriote, un autre présumé
criminel de guerre, Thomas Lubanga Dyilo (46 ans), fondateur présumé et
dirigeant de l’Union des patriotes congolais (UPC) qui a sévi dans le
même secteur et remis à la Cour en mars 2006 et dont le procès débutera
en février 2008.
Le commandant présumé de la Force de résistance patriotique en Ituri
(FRPI) a été remis jeudi 18 octobre par les autorités congolaises à la
Cour pénale internationale (CPI) et transféré au siège de celle-ci. Six
crimes de guerre et trois crimes contre l’humanité perpétrés sur le
territoire de l’Ituri lui sont reprochés par le bureau du procureur de
la CPI, Luis Moreno-Ocampo, selon le mandat de la CPI.
L’affaire qui le concerne s’inscrit dans la situation en RDC, sur
laquelle le Bureau du Procureur de la CPI enquête depuis le 1er Juillet
2002. Il comparaîtra incessamment devant le procureur de la CPI et les
dates seront communiquées ultérieurement.
De graves allégations de crimes
Germain Katanga, était le chef des FRPI, une milice créée fin 2002 avec
un soutien ougandais, dont de nombreux membres, des ethnies Lendu et
Ngiti, sont soupçonnés d’avoir participé à des massacres à caractère
ethnique dirigés contre les Hema.
Le chef présumé des FRPI est notamment accusé de ‘‘meurtre d’environ
200 civils, atteintes graves à l’intégrité physique de civils ;
arrestation, menace avec des armes et enfermement de civils dans une
pièce remplie de cadavres ; pillages ; réduction en esclavage sexuel de
plusieurs femmes et filles ; et participation active d’enfants âgés de
moins de 15 ans à ladite attaque’’.
Le Greffier de la Cour, M. Bruno Cathala, a salué la décision des
autorités congolaises pour avoir ‘‘coopéré avec la Cour dans l’esprit
du Statut, en exécutant le mandat d’arrêt et en remettant Germain
Katanga à la CPI’’. ‘‘Nous sommes en train d’analyser une troisième
affaire, alors même que la RDC reste en proie à la violence’’, a
déclaré Luis Moreno-Ocampo. ‘‘Nous devons faire en sorte de rétablir le
droit en République démocratique du Congo’’, a-t-il ajouté. ‘‘Notre
travail est de lutter contre l’impunité (...) et c’est ce que je
ferai’’.
Depuis 1999, les violences interethniques et les affrontements entre
milices, qui se disputaient le contrôle des mines d’or et des
ressources douanières de l’Ituri, ont fait, selon des sources
humanitaires, plus de 60.000 morts et plus de 600.000 déplacés.
Les réactions
L’organisation de défense des Droits de l’Homme Human Rights Watch
(HRW) a salué jeudi 18 octobre le transfert à la Haye de Katanga, tout
à appelant à la CPI à ‘‘poursuivre les responsables politiques à
Kinshasa, Kampala et Kigali qui ont armé et appuyé les milices opérant
en Ituri’’.
HRW l’accuse d’avoir dirigé les FRPI au cours de ‘‘plusieurs
massacres’’, dont ceux perpétrés à Bunia, chef-lieu du district
d’Ituri, Komanda, Bogoro et Nyakunde, où quelque 1.200 personnes,
essentiellement des civils hemas, ont été tués. ‘‘Il a ordonné, toléré
ou personnellement participé à des massacres à caractère ethnique, des
meurtres, actes de torture, viols, mutilations et au recrutement
d’enfants’’, affirme encore HRW.
Le Ministre des Affaires étrangères belges, Karel De Gucht se réjouit
de ce transfert à La Haye. ‘‘Le fait que Katanga doive maintenant
répondre de ses actes devant le tribunal est un nouveau pas dans la
lutte contre l’impunité en RDC’’, a déclaré De Gucht. ‘‘Pendant mon
entretien avec le Président Kabila à New York le 27 septembre j’ai
insisté pour que le Congo collabore pleinement avec la Cour Pénale. Je
suis heureux de constater que les autorités congolaises s’y emploient
concrètement’’, a-t-il déclaré, avant d’ajouter espérer que cette
arrestation enverra un signal important à tous ceux qui sont encore en
train de commettre des atrocités à l’Est du Congo. ‘‘Ils devront tôt ou
tard répondre de leurs crimes’’.
Lire déroulement de la procédure à la suite de l’arrestation et la
remise d’un suspect à la cour sur www.lerevelateur.net, rubrique
‘‘Document’’.


