LOSAKO

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01 octobre 2007

Gizenga II: Le réaménagement du gouvernement à l’ordre du jour

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Après l’effet d’annonce, le réaménagement du gouvernement est désormais à l’ordre du jour avec le retour du chef de l’Etat de New York. Les rumeurs font même état que le président de la République se serait retranché à Lubumbashi pour mûrir sa réflexion. Quoiqu’il en soit, il y aura un vaste mouvement de chambardement. Les exigences de l’actualité politique l’obligent.

Le président de la République, Joseph Kabila Kabange, a regagné Kinshasa samedi 29 septembre en début d’après–midi. Un retour qui illustre largement la pertinence et l’urgence des exigences de l’actualité politique quand on sait que le président de la République venait d’intervenir le jeudi 27 septembre du haut de la tribune des Nations unies. Un retour qui intervient juste 48 heures après son intervention.

Cela s’explique incontestablement du fait des urgences au plan national. D’abord, la gestion de la situation à l’Est du pays, c’est-à-dire au Kivu, qui demeure préoccupante face à la résistance des insurgés de Nkunda qui refusent de déposer les armes. Des accrochages se poursuivent avec les Fardc pendant que la situation humanitaire se détériore.

Deuxième urgence : ce rendez-vous pris avec la communauté tant nationale qu’internationale sur les leçons à tirer des six mois d’activité du gouvernement. En effet, lors de son dernier point de presse à Kinshasa, le chef de l’Etat n’avait pas fait mystère du remaniement du gouvernement. Il devrait intervenir dès la fin du mois de septembre. Il s’agit naturellement d’un rendez-vous avec le peuple congolais et la communauté internationale, et il ne pourrait s’agir d’un rendez-vous manqué. La question est donc à l’ordre du jour.

UN VASTE MOUVEMENT

Ce réaménagement ou ce remaniement, c’est selon, est désormais une exigence de l’actualité politique. Au fait, au niveau du cabinet du chef de l’Etat, il importe de combler des vides à la suite du décès du professeur Samba Kaputo, alors Conseiller spécial du chef de l’Etat en charge de la Sécurité. Le choix pourrait même se porter sur une personnalité ayant des responsabilités au sein du Gouvernement. Ce qui entraînerait ipso facto des changements au sein de cette institution. D’ailleurs sur ce point précis, à une question de la presse sur son cabinet, le chef de l’Etat avait précisé que les « nominations dans son cabinet interviendraient bientôt ». Donc, une question d’actualité.

Quant au gouvernement, il est bel et bien question de donner une nouvelle impulsion à ses actions. Certes, le premier reproche fait au gouvernement est cet immobilisme qui l’a caractérisé pendant les premiers mois de son action. Immobilisme émaillé par un silence inquiétant alors que le pays était confronté à de grandes questions nationales qui nécessitaient des réactions promptes de la part du gouvernement. Allusion faite aux massacres du Bas-Congo, aux combats de Kinshasa du mois de mars, à l’insolence du général insurgé Nkunda, à l’accident ferroviaire de Kakenge au Kasaï occidental, et nous en passons. A tous ces cas, surtout les premiers, le gouvernement a donné l’impression de se « disculper » ; de refuser de se prononcer officiellement que Nkunda était entré en rébellion ; comme pour dire qu’il venait de prendre ses fonctions. Et pourtant, tout le monde attendait des signaux forts de sa part en vue de souligner le niveau élevé de ses hautes responsabilités politiques. C’est sur ces entrefaites, devant l’air inquiet des partenaires extérieurs, que le gouvernement s’est saisi du dossier des enseignants, pendant que le chef de l’Etat venait de passer « aux fronts » pour rassurer les uns et les autres.

Autre raison qui justifie le remaniement du gouvernement est le vide à combler avec la nomination de Marie-Madeleine Mienze Kiaku, secrétaire générale adjointe du PPRD. Peu avant cette nomination, elle exerçait les fonctions de vice-ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire.

Cependant, des constats des premiers mois d’action du gouvernement, il est aussi question de sa taille. Une question évoquée bien avant la mise en place de ce gouvernement en s’appuyant sur le principe sacro-saint de la dynamique du groupe. Mais pour des raisons politiciennes afin de satisfaire des « amis ou frères », on a cru bon faire avaler à la population que ce n’est pas la taille qui gouvernement qui importe, mais ses actions. On se rend maintenant à l’évidence qu’un gouvernement éléphantesque a influé négativement sur ses actions pour autant que la machine a été rendue lourde et qu’au niveau de la Primature, l’ on a senti une forte concentration des dossiers à telle enseigne certains ministères sont passés inaperçus.

De ce constat, il se dégage nettement qu’il est impérieux de fusionner certains ministères. A titre d’exemple le ministère de l’Habitat peut englober les Affaires sociales et humanitaires ; celui de la Justice prendre également les Droits humains….C’est une question de rationalité pour un pays post-conflit qui doit faire preuve d’austérité. Ainsi, la taille du gouvernement pourrait être ramenée à 26 ministères et 12 vices-ministères avec cette volonté de ne pas dépasser 40 membres du gouvernement contre 61 actuellement.

Le mouvement touchera aussi les Entreprises publiques. On sait à ce propos que tout s’est arrêté avec l’initiative du test présidé par le ministère du Portefeuille du fait que le dernier mot revient aux politiques. Il s’agit précisément des postes de présidents des Conseils d’administration et le portait des candidats qui auraient été retenus aux fonctions d’Administrateur délégué général, Administrateur directeur financier et Administrateur directeur technique. L’onde de choc de ce réaménagement du gouvernement touchera incontestablement les Entreprises publiques.

OUVERTURE POLITIQUE

Autre paramètre qui guidera ce réaménagement est cet esprit d’ouverture à conférer au gouvernement. En fait, s’il l’on tient à imprimer un nouveau dynamisme à l’action de l’Exécutif, il importe d’aller jusqu’ au bout de cette logique tout en ayant à l’esprit la cohésion de la majorité présidentielle.

A en croire les premiers éléments d’information en notre position, l’actuel Premier ministre resterait en fonction. Mais pour lui permettre de bien jouer son rôle de chef de gouvernement et coordonner efficacement ses actions, l’on se proposerait de nommer deux Vice-premiers ministres. Il s’agit des méga-ministères. Le premier s’occuperait des questions politiques, administratives financières et économiques. Le second aurait sous sa responsabilité les ministères de la Défense, sécurité, justice et le domaine socio-cuturel. L’objectif visé, disions-nous est d’alléger la tâche du Premier ministre trop submergé.

Dans cette même logique d’esprit d’ouverture, des nouvelles figurent pourrait bien faire partie du gouvernement. Ainsi, certains ténors de la Société civile qui ont joué un rôle important lors du Dialogue intercongolais pourraient effectuer leur entrée au gouvernement. Dans le même élan, le Premier ministre de concert avec le chef de l’Etat, tendraient la main à l’Opposition politique. Il ne s’agit point ici d’un quelconque débauchage, mais de cet esprit d’ouverture dicté par la recherche des compétences et de l’excellence dans l’intérêt supérieur de la Nation. Un élan un peu à la « sarkorzy » sans pour autant que celui qui aura été retenu ne renie ses convictions politiques, mais demeure convaincu que le programme du gouvernement rencontre ses préoccupations.

Ceci dit, le réaménagement du gouvernement est bel et bien à l’ordre du jour pour autant que l’actualité politique l’oblige. Et le président de la République n’entretiendrait certainement pas le suspense pour que le rendez-vous pris lors de son point de presse de Kinshasa soit respecté.

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