LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

22 septembre 2007

En marge de l’escale belge de J. Kabila ce dimanche... Les milliards de dollars de la Chine à la RDC perturbent Bruxelles

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Signe de mauvaise humeur de part et d’autre, le séjour de travail que projetait de faire en Belgique le président de la RDC, du 21 au 23 septembre, a été annulé la veille du départ et remplacé par une simple escale. Des sources dignes de foi ont, néanmoins, annoncé que le Congolais s’entretiendrait avec quelques officiels belges. Ces sources pensent que le froid soudain observé entre les partenaires serait dû aux réactions de déception exprimées en Europe à la suite du providentiel crédit chinois à la République démocratique du Congo.

La Belgique officielle est déconcertée. Au propre comme au figuré. Tout simplement parce que la visite de travail que devait effectuer, du 21 au 23 septembre à Bruxelles, le président de la République démocratique du Congo, en route pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, a été annulée in extremis. C’est-à-dire à la veille de son départ de Kinshasa. En contrepartie, Joseph Kabila passerait quelque 24 heures dans la capitale belge. Simple escale, précise-t-on.

Ainsi perturbé, l’agenda originel apprêté par les protocoles de deux pays ne peut que subir le contrecoup. Des sources dignes de foi ont annoncé au Potentiel qu’en dépit de l’incident – diplomatique, s’entend – le président congolais aura tout de même des entretiens avec certains officiels du royaume. Dont vraisemblablement le roi Albert II. L’Union européenne, dont le siège est justement Bruxelles, n’en souffrira pas. Elle n’avait pas été programmée.

N’empêche que le réaménagement du calendrier du chef de l’Etat congolais soulève cependant des interrogations. D’un côté, les chancelleries aimeraient savoir pourquoi le séjour présidentiel en terre belge a été reporté de 48 heures puis, surtout, raccourci.

KINSHASA ACCUSE D’INGRATITUDE

De l’autre, les Congolais se demandent si l’immense crédit accordé par la République de Chine à la République démocratique du Congo – 5 milliards de dollars sans conditions - n’a pas d’incidence, immédiate ou future, sur les relations entre leur pays et Bruxelles, ici présenté à la fois comme capitale de l’Union européenne et, aussi, celle de l’ancienne puissance colonisatrice.

Interrogés depuis Kinshasa par la rédaction du Potentiel, certains experts congolais en relations internationales vivant en Europe ont affirmé que, conformément au principe selon lequel ‘les Etats n’ont que des intérêts’, il n’est que normal que les «deux» Bruxelles – Union européenne et capitale du royaume - manifestent une franche bouderie à l’endroit de Kinshasa, accusé à l’occasion d’ingratitude.

Perturbé, note-t-on, Bruxelles digérera longtemps très mal la signature de nombreux contrats accordant à la Chine, l’adversaire commercial numéro 1 du début du 21ème siècle, notamment l’exploitation d’importantes mines et la construction des routes et des hôpitaux de la RDC, Ce vaste marché qui échappe aux entreprises européennes n’est pas en soi un facteur de facilitation du fair play entre Bruxelles et Kinshasa.

Expliquant sa déception, Bruxelles décrie l’intrusion inattendue de la Chine qui semble lui avoir volé sa place en terre congolaise. Il rappelle que c’est lui qui a financé le retour de la paix en RDC en mettant fin à la guerre civile de 1996 à 2001. C’est grâce au sou de son contribuable que le Dialogue intercongolais a abouti à la mise en place des institutions de la transition. Toujours grâce à cette contribution financière, le processus de la transition a pu fonctionner jusqu’à son terme. Qu’aurait été le processus électoral lui-même sans le concours financier de l’Union européenne ?

OBSERVER DE PRES LE MARIAGE CHINE-RDC

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Bruxelles accepte d’observer de près le mariage Chine-RDC. Les institutions de Bretton Woods y jettent un mauvais regard, à défaut de prononcer une malédiction qui engloutirait les milliards de dollars de la Chine prêtés à la RDC dans le tonneau des Danaïdes. A tout prendre, l’escale du président de la République démocratique du Congo à Bruxelles ne laisse personne indifférent. Loin de là. Ce sera sa première visite en Belgique depuis son élection l’année dernière à la magistrature suprême.

Il était initialement prévu, selon le communiqué du ministère belge des Affaires étrangères, qu’il participerait «notamment à une réunion de travail avec le Premier ministre Guy Verhofstadt et le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht». Ce dernier «profitera de l’occasion pour évoquer la situation à l’Est du Congo suite aux tensions et combats de ces derniers jours, notamment dans la province du Nord-Kivu». Le texte ajoute que «le président Kabila a également demandé à rencontrer les présidents de la Chambre et du Sénat ainsi que les ministres-présidents flamands et wallons et certains présidents de partis».

Qu’adviendrait-il de toutes les rencontres jadis programmées dès lors que le temps ne s’y prête plus, le président congolais ayant décidé d’écourter son séjour dans la capitale du royaume de Belgique ? La réponse à cette question servira, à coup sûr, de thermomètre pour apprécier le degré d’amitié entre la Belgique d’une part, l’Union européenne de l’autre, avec la République démocratique du Congo.

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