LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

03 septembre 2007

Kinshasa - Kigali : l’heure de vérité

Une étape s’ouvre cette semaine dans les relations entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Nouvelle étape qui sera émaillée par la visite de deux jours, à partir d’hier dimanche 2 septembre du ministre rwandais des Affaires étrangères. Le succès de cette visite réside dans la volonté des autorités de deux pays à aller droit au bout. En abordant tous le problèmes sans exclusive, de façon franche et sincère. Pour qu’il n’y ait plus de questions taboues. LKabila_Kagame_201’heure de vérité a sonné.

Charles Muringande, ministre rwandais des Affaires étrangères, arrivée à Kinshasa dimanche, entame une visite de deux jours. Il répond ainsi à une invitation de son homologue congolais, le ministre d’Etat aux Affaires étrangères et à la Coopération internationale, Antipas Mbusa Nyamwisi.

Certes, ce n’est pas la première fois que les deux personnalités se rencontrent pour évoquer l’état des relations entre les deux pays. Mais il s’agit d’un « premier dialogue direct » depuis que le ciel s’est assombri entre Kigali et Kinshasa. Bien plus, cette visite intervient au moment où les vagues secouent les pays de l’ Afrique des Grands Lacs et que dans la province du Nord-Kivu, la tension est des plus tendue avec les derniers combats de Bukana et Katale, en toile de fond la présence armée des dissidents du général dissident Nkunda et celle des FDLR. Une situation qui empoisonne les relations entre les deux pays et que les ministres des Affaires étrangères concernés aborderont inévitablement cette fois sans faux-fuyants.

De toute façon, ils n’ont plus de choix s’ils tiennent à améliorer les rapports entre le Rwanda et la RDC pour autant qu’il n’y a plus de secret. Les FDLR écument les forêts de la RDC et que le soutien du Rwanda aux insurgés de Nkunda est connu de tous, particulièrement de tous les partenaires extérieurs de la région de l’Afrique des Grands Lacs. Mais dans l’esprit de la relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs, de la Déclaration de Dar es-Salaam et du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement de la région des Grands Lacs, le Rwanda et la République démocratique du Congo doivent jouer carte sur table. Afin d’éloigner la méfiance et qu’ il n’y ait plus de tentatives de déstabilisation.

RAPPROCHER KIGALI DE KINSHASA

En d’autres termes, l’heure n’est plus à la « diplomatie des renards » qui a fait beaucoup du tort aux populations de la région des Grands Lacs. Une diplomatie qui a certainement sous-tendu le « génocide rwandais » et « l’holocauste en cours » en République démocratique du Congo. Comme si la leçon n’a pas suffi, les pays des Grands Lacs donnent l’impression de s’enfoncer davantage dans cette voie infernale pour continuer à se causer du tort. Et du fait que le scénario macabre se déroule en territoire congolais et non au Rwanda, Kinshasa a l’obligation de prendre l’initiative de propositions pour épargner le peuple congolais de toutes ces souffrances.

Et déjà, certains partenaires extérieurs ont opté pour soutenir un « dialogue direct » entre Kinshasa et Kigali en vue de les rapprocher. Et ce, afin de trouver la solution dans la situation qui prévaut entre les deux pays. M. Roland Van Geer, envoyé spécial de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs, ne croyait pas si bien dire en insistant sur le fait qu’il faut nécessairement rapprocher Kinshasa de Kigali pour la sécurité et la paix au Kivu. Il s’agit là d’une déclaration confirmant le soutien de Kigali aux insurgés de Nkunda et accusant Kinshasa de passivité pour neutraliser les FDLR. Par voie de conséquence, l’Union européenne avoue sa part de responsabilité de n’ avoir pas soutenu la démarche qui consistait à fournir la logistique nécessaire à la Force africaine qui devrait être déployée dans la sous - région pour ce faire. S’il faut se permettre d’interpréter les propos de l’envoyé spécial de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs, il revient à Kinshasa et à Kigali de parvenir rapidement à un compromis sur ces deux faits précis pour accélérer l’implication de l’Union européenne.

Evidemment, la question qui se pose est celle de savoir si Kigali s’inscrira dans la logique d’une solution politique. En ce qui concerne le cas Nkunda, Kinshasa, lors de la rencontre de Kigali des chefs militaires et dernièrement à la réunion du gouvernement, n’a pas du tout écarté une option politique. Pour preuve, le gouvernement demande aux insurgés de Nkunda de se soumettre seulement au brassage et de s’intégrer dans la société congolaise en tant que congolais à part entière. Mais Kigali s’est chaque fois opposé à l’ouverture de l’espace politique à d’autres courants (politiques) rwandais. Il a toujours privilégié l’option militaire. Pas plus tard qu’avant la rencontre des chefs militaires à Kigali, le gouvernement rwandais avait insisté sur l’institutionnalisation des opérations militaires conjointes pour « liquider » ses opposants. Les discussions achoppent à ce niveau.

PRIORITE AUX ETATS

La rencontre de Kinshasa doit avoir le mérite de placer les intérêts supérieurs des Etats avant toute considération politicienne et égoïste. Dans cet élan suicidaire de « pouvoir de domination » perceptible dans la région de Grands Lacs, ce sont les populations congolaise, rwandaise, burundaise, etc, qui ont payé et continuent à payer le plus lourd tribut.

Or, dans ces différentes mutations qui marquent cette époque moderne, il importe de quitter les vieux sentiers battus de l’ethnicisme, l’une des causes principales des conflits armés dans les Grands Lacs, pour s’engager sur le parcours du développement des Etats et de la promotion humaine. Ce sont là les objectifs assignés à la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL), soutenue par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Des objectifs qui visent à consolider la paix et éloigner les risques d’affrontements qui favorisent les génocides dans les pays africains.

Ceci dit, Kinshasa et Kigali ont l’obligation morale et politique de se dépouiller de l’habit du vieil homme pour tendre vers des lendemains meilleurs. Aussi, doivent-ils s’appesantir sur tous les problèmes qui entretiennent la méfiance en vidant toutes les questions taboues.

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