LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

23 août 2007

Sans E. Tshisekedi et JP Bemba: L’Opposition en léthargie

100869tshisekediL’opposition institutionnelle étant en congé parlementaire, d’aucuns pensent que c’est cela qui cause de la léthargie. *Le fait que personne à l’Udps comme au Mlc ne veut prendre l’initiative au risque d’être accusé de vouloir prendre la place de Tshisekedi et de Bemba, est une cause de la léthargie pour les autres. *Le gouvernement ayant résolu le problème des enseignants et des fonctionnaires en créant un cadre de concertation, l’opposition ne sait plus prendre la rentrée scolaire en otage. *On s’attend à ce que de retour des vacances parlementaires, l’opposition, faute de vrais problèmes, se mettent à la recherche de la petite bête. *Les députés de l’opposition du Kwango eux, veulent ramener l’affaire Kahemba au point zéro.

Après la tempête, c’est le calme. Ce calme qui suit la tempête est-il rassurant ?

Tout le monde a l’impression que l’opposition a du plomb dans l’aile et que le combat aurait pris fin faute de combattants. A force d’avoir bâti son action sur l’agitation politique et sur la désinformation, l’opposition congolaise donne l’impression d’avoir vidé son sac. Pour certains observateurs, l’explication à cette léthargie est que les parlementaires seraient en congé. C’est la conséquence de l’opposition institutionnelle qui ne s’exprime mieux qu’au sein des institutions. De ce point de vue, on peut dire qu’un grand changement a gagné l’opposition congolaise.

Pour d’autres, la léthargie au sein de l’opposition est une conséquence de la crise de leadership. Depuis qu’il a été question de statut de l’opposition dont une clause veut que le coordonnateur de cette frange de la classe politique soit désigné au sein soit de l’opposition institutionnelle soit au sein de l’opposition extra-institutionnelle, on ne sait plus qui a droit à l’initiative. Comme si cela ne suffisait pas, les personnes préposées au leadership de l’opposition sont tous comme par hasard des hommes à problème. Le leader du Mlc, JP Bemba, incontestable leader de l’opposition institutionnelle en sa qualité du challenger de Joseph Kabila aux dernières élections et fort de ses 42% des voix obtenues au deuxième tour de la présidentielle, est actuellement au Portugal. Parti pour des soins médicaux, JP Bemba pose des problèmes pour son retour au pays. Les problèmes de sécurité personnelle qu’il avait soulevés n’ont apparemment pas encore eu de solution. L’opinion en saura davantage avec la fin des vacances parlementaires. En attendant, l’opposition a l’impression d’être décapitée.

De son côté, Etienne Tshisekedi que d’aucuns pressentaient à la tête de l’opposition allant jusqu’à soupçonner les parlementaires du Mlc de lui faire des yeux doux. C’est l’interprétation qu’une certaine opinion avait faite de la volonté des parlementaires d’accepter l’existence de deux oppositions jusqu’à adopter la clause selon laquelle le coordinateur de cette opposition pourrait bien venir de telle ou telle autre opposition. La perche tendue au leader de l’Udps était visible voire intentionnelle. Mais, nombreux sont ceux qui doutaient que Etienne Tshisekedi s’en presse pour la saisir.

C’est ce qui est arrivé. Jusqu’à présent, on ne sait pas ce que l’Udps pense de ce statut de l’opposition voté par le parlement. On pense qu’au cours du congrès qui aura lieu bientôt, le parti cher à Rémy Masamba et autre Valentin Mubake se prononcera. A cette occasion, il va de soi, on saura si Tshisekedi est prêt à concourir pour le poste de coordinateur de l’opposition. En attendant, c’est la spéculation notamment sur la santé de l’homme de Limete.

La peur de la trahison

Une chose est vraie, l’opposition a besoin de se reprendre afin de se refonder sur de nouvelles bases. Il faut pour ce faire, des hommes pour prendre le risque. Le risque ? Oui. Car, aujourd’hui, quiconque en dehors de JP Bemba, tenterait d’organiser l’opposition sera accusé de vouloir prendre la place de ce dernier.

En ce moment, il y aura un larron pour jouer au justicier. Compte tenu de la situation, il y aura une opinion pour brandir l’accusation de trahison. Toutes les fois que l’on a parlé de la réorganisation au sein soit de l’UN ou du Mlc, cette opinion s’est exprimée vaillamment. C’était suffisant pour pousser Mwamba et autres à revoir leurs ambitions à la baisse.

Si au Mlc cela s’arrête souvent au niveau des déclarations dans les médias, à l’Udps, les fédérations ameutent facilement les militants.

Mubake et Massamba savent de quoi nous parlons pour avoir été plus d’une fois victimes de ces machinations. De ce côté également, personne ne veut affronter les militants en prenant des initiatives en lieu et place de Etienne Tshisekedi. Sagement, même en s’incommodant de la situation actuelle, les dirigeants de l’Udps préfèrent mettre la sourdine à leurs velléités réformatrices.

Et les autres opposants ?

Que dire d’autres oppositions circonstancielles ? Celle qui a pour leader Azarias Ruberwa n’attend pour agir que lorsqu’il s’agit des problèmes de l’Est du pays, particulièrement de Minembwe. Le Camp de la Patrie lui, semble également tétanisé. Depuis la fin de la transition, on ne l’a pratiquement pas assez vu. D’aucuns, sans mauvaises langues, ont vu dans l’attitude de ce clan politique un réalisme imposé par les résultats des dernières élections.

A ce sujet, le Camp de la Patrie qui a pour leader Z’Ahidi Arthur Ngoma, n’est pas seul. L’opposition n’entend plus la voix de certains de ses enfants terribles à l’exemple de Joseph Olenghankoy, Nzuzi wa Mbombo et autres. On attend peut-être l’approche des élections pour revoir certaines personnes jouer au lièvre de Jean de La Fontaine. Ils apprendront à l’occasion la leçon selon laquelle " Rien ne sert de courir, il faut partir à point ".

Tout ce qu’on entend aujourd’hui comme son de cloche de l’opposition, c’est celui de l’opposition de la télévision que dirige pratiquement Gabriel Mokia avec comme acolytes Jean Baptiste Bomanza et Gaston Dindo. Sans assises réelles, cette opposition sert justement à amuser la galerie.

Faute de combattants sincères

Le calme qui suit la tempête sera sans aucun doute brisé par le retour des vacances parlementaires. Les parlementaires en allant en vacances n’avaient pas fini de s’agiter sur la question de Kahemba. Il nous revient que certains députés, en dépit de la lumière suffisante apportée dans ce dossier afin d’éclairer la lanterne de l’opinion, entendent revenir sur cette question faute d’avoir un autre bout par lequel prendre un gouvernement qui, aux yeux de l’opinion, fait des prouesses dignes de miracle.

Généralement, les politiciens se dissimulent derrière les fonctionnaires et les enseignants pour prendre le gouvernement au colet. A ce jour, le gouvernement et les agents de l’Etat ont trouvé un terrain de dialogue après avoir créé des cadres de concertation.

Le Premier ministre a bien compris cela en demandant aux enseignants d’aller frapper à sa porte chaque fois qu’ils auront des problèmes. On sait que l’opposition a souvent pris les élèves en otage en instrumentalisant la rentrée scolaire. C’est une performance de voir que la prochaine rentrée scolaire s’annonce sans problèmes.

Le gouvernement a résolu un problème important, celui de la contribution des patents à l’éducation de leurs enfants. Il est allé plus loin en décrétant la gratuité de l’année scolaire qui vient. Sur ce point, on ne sait pas par quel bout cette opposition va-t-elle prendre ce gouvernement.

Chercher la petite bête

C’est lorsqu’il n’y a pas de problèmes que l’opposition crée des problèmes.

Et ces problèmes créés de toutes pièces sont ceux qui inquiètent plus. Car, ils n’appellent pas de solutions quelconques, sinon une agitation sans cause. C’est pourquoi, il est interdit au gouvernement de s’offrir un repos de guerrier. Les députés qui viennent frais des vacances ne se vouent pas vaincus pourtant. Il y a risque qu’ils apportent dans leurs rapports parlementaires toute sorte de problèmes, même ceux qui ne valent pas la peine d’être apportés au parlement étant donné la décentralisation. Les députés du Kwango eux, apprend-on de bonne source, attendent remettre à zéro l’affaire Kahemba. Avec quels arguments capables d’apporter du neuf ? Wait and see.

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