LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

21 août 2007

La double mission de Thabo Mbeki

Thabo Mbeki, le président sud-africain, séjourne à Kinshasa. Officiellement pour la quatrième session des travaux tmbekide la Commission mixte congolo - sud africaine. Mais les conversations ont débordé ce cadre. Les problèmes internes de la Rdc ont été évoqués et une fois de plus, le président sud-africain a saisi cette opportunité pour continuer à jouer son rôle de médiateur. Mais sur quels points politiques ont achoppé les discussions ?

Dans un communiqué de presse rendu public à Pretoria, le ministère des Affaires étrangères a précisé l’arrivée à Kinshasa depuis lundi du président de la République sud-africaine, Thabo Mbeki. Il vient prendre part à la quatrième session de la grande commission mixte de deux pays, avec une suite de 13 ministres.

Mais les termes de ce communiqué précisent en outre que « la participation, de l’Afrique du Sud intervient dans le cadre de son engagement pour renforcer les relations avec la RDC et soutenir la réconciliation politique et économique ainsi que le processus de reconstruction dans le pays ».

Les termes de ce communiqué soulignent donc la double mission de Thabo Mbeki en République démocratique du Congo. Il s’agit d’abord de renforcer les relations bilatérales entre Pretoria et Kinshasa. Aussi, dans notre dernière livraison, avons-nous évoqué la signature de 28 accords entre la RDC et la République sud-africaine. De ces accords, 6 seulement ont été ratifiés. Il y a donc du retard du côté congolais, souligne-t-on. Par conséquent, il est question d’examiner de près cette situation et voir comment Kinshasa pourrait accélérer les choses au niveau de l’Assemblée nationale pour que les autres accords soient ratifiés de manière à relancer de plus bel la coopération bilatérale multisectorielle entre les deux pays. Raison pour laquelle Thabo Mbeki est venu en personne réitérer la détermination de son gouvernement à donner une nouvelle impulsion à cette coopération qui pourrait bénéficier, d’abord, aux deux pays, ensuite à toute l’Afrique. Car, que l’on ne se méprenne pas. L’économie sud-africaine est désormais tournée vers l’extérieur et vise à élargir son marché en ayant à l’esprit que la RDC demeure la plaque tournante incontournable pour atteindre d’autres consommateurs africains.

RECONCILIATION POLITIQUE EN RDC

Cependant, Thabo Mbeki n’est pas né de la dernière pluie. Il sait parfaitement que la dynamique de cette coopération bilatérale dépend de la situation politique post-électorale en République démocratique du Congo. Particulièrement, du fonctionnement des institutions issues des élections.

A ce sujet, il nous revient que Thabo Mbeki devrait échanger avec son homologue congolais du fonctionnement du gouvernement qui gère le quotidien du pays. En fait, des critiques ont été émises à ce sujet sur l’immobilisme du gouvernement, l’absence de l’autorité de l’ Etat dans certains coins de la République et le manque de leadership dénoncé par des organisations non gouvernementales internationales. Notamment International Crisis Group. Les observations pertinentes émises par cette organisation rejoignent en grande partie les préoccupations des Nations unies, de l’Union européenne ainsi que le Groupe de contact des ambassadeurs établis à Kinshasa, parmi lesquels le représentant de l’ Afrique du Sud près la RDC. Si l’on sait qu’au mois de septembre prochain, le président de la République a promis de tirer les leçons utiles de six mois d’activités du gouvernement, des échanges en profondeur ne manqueront pas d’émailler les entretiens entre les deux personnalités. Car au fait, la dynamique de cette coopération bilatérale repose également sur la dynamique de deux gouvernements, congolais et sud-africain.

Mais le concept « réconciliation politique » pourrait également s’étendre à d’autres situations politiques, en l’occurrence celle préoccupante à l’Est de la RDC en rapport à la neutralisation des groupes armés et à la planification de différents politiques au regard de l’attitude de Nkunda. Des voix se sont élevées pour soutenir une « solution politique ». Thabo Mbeki qui dispose de 2.000 soldats dans les rangs de la Monuc est mieux placé pour des propositions pragmatiques et positives.

Evidemment, il ne saurait se taire devant le cas « Bemba » pour avoir parrainé le Dialogue inter-congolais, soutenu le processus électoral en RDC, les divergences politiques entre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba ne sont pas de nature à renforcer la réconciliation nationale et politique. Or, pour un pays qui s’est engagé dans le processus de reconstruction nationale, la réconciliation politique demeure incontestablement un atout majeur pour ne pas affaiblir le processus politique. L’Afrique du Sud ne tient surtout pas à avoir un partenaire, fut-il aussi un « géant », mais aux « pieds d’argile ». – Vous avez saisi-là la double mission de Thabo Mbeki à Kinshasa.

En fait, elle s’inscrit dans la logique soutenue par l’Union européenne et l’Union africaine afin de parvenir à une solution politique en RDC. On sait, à ce sujet, la démarche effectuée par Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire auprès du président Joseph Kabila et du sénateur Jean-Pierre Bemba pour que ce dernier rentre au pays, rassuré.

Dans le même ordre d’idées, Jean-Pierre Bemba avait déclaré qu’il avait contacté plusieurs chefs d’Etat africains pour qu’ils intercèdent en sa faveur. Et parmi ces chefs d’Etat qui seraient en contact avec Jean-Pierre Bemba, des observateurs n’avaient pas exclu le président sud-africain qui porte encore le chapeau de « parrain » dans le conflit congolais. Il ne peut laisser échapper pareille opportunité pour peser de tout son poids en vue de parvenir à une réconciliation politique en RDC.

Coopération bilatérale RDC-Afrique du Sud

Thabo Mbeki à Kinshasa pour la signature des accords d’intérêts communs

Le président de la République sud-africaine, Thabo Mbeki, est arrivé hier lundi soir dans la capitale congolaise. Ce déplacement a pour but de procéder à la signature, ce mardi 21 août, des accords sectoriels de coopération dans les domaines de la défense et sécurité, de la politique et bonne gouvernance, de l’économie, des finances et infrastructures ainsi que du social et de l’humanitaire. Cela conjointement avec son homologue congolais, Joseph Kabila.

Treize ministres sud-africains des secteurs intéressés l’ont précédé le même jour à Kinshasa. Car, l’Afrique du Sud est déterminée à accompagner la République démocratique du Congo dans la réalisation des chantiers retenus dans le programme du gouvernement congolais.

A noter qu’avant la signature de ces accords, le rapport des travaux en commissions de la 4ème session de la grande commission mixte RDC-Afrique du Sud sera porté à la connaissance de deux chefs d’Etat. Débutés le jeudi 16 août dernier, ces travaux ont réuni hier lundi 20 août quatre commissions, à savoir celles relatives aux différents domaines ci-haut évoqués. C’est ainsi qu’un certain nombre d’accords vont être signés ce mardi dans les secteurs précités ainsi que ceux en rapport avec l’agriculture, les mines, la santé, l’éducation et la culture.

Dans son intervention d’hier lundi, le ministre d’Etat en charge des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Antipas Mbusa Nyamwisi, a indiqué que ces assises ont offert aux deux parties l’opportunité d’évaluer le niveau d’exécution de vingt-huit accords de coopération déjà signés entre les deux pays ainsi que le recadrage des actions à mener.

Cela, a-t-il soutenu, passe par le renforcement du mécanisme de suivi et d’évaluation de l’exécution de ces accords bilatéraux. Il a fait valoir que «le gouvernement de la République démocratique du Congo s’engage à tout mettre en oeuvre pour que ceux des accords déjà signés, nécessittant une ratification préalable à leur exécution, soient ratifiés le plus tôt possible».

Avant de souligner le fait que les cinq chantiers contenus dans le programme du gouvernement ne pouront se réaliser qu’avec l’appui des partenaires de la RDC. C’est dire que, a insisté Mbusa Nyamwisi, «le financment de ces chantiers est tributaire à la fois des efforts internes de bonne gouvernance et des accords de la coopération mutuellemement avantageuse».

Pour lui, les assises de cette quatrième session de la grande commission mixte RDC-Afrique du Sud «constituent un renouvellement de l’engagement de chacun des deux chefs d’Etat à renforcer les liens d’amitié, de fraternité et de coopération existants entre les deux pays, les deux gouvernements ainsi que les deux peuples». Et d’ajouter qu’»elles seront couronnées de plein succès».

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