04 août 2007
Catastrophe ferroviaire et mort de Samba Kaputo : 3 jours de deuil national !
En mémoire de compatriotes décédés dans l’accident de train, survenu dans la nuit du mercredi 1er août au jeudi 2 août 2007, entre la gare de Kakenge et de Bakwankenge sur le tronçon Ilebo –Kananga dans la province du Kasaï Occidental ainsi qu’en mémoire du Professeur Samba Kaputo, Conseiller Spécial du Chef de l’Etat, décédé le mercredi 1er août en Afrique du Sud, le Gouvernement Gizenga a décrété trois jours de deuil national. Du samedi au lundi 6 août prochain, les drapeaux seront mis en berne, les stations de radio et les chaînes de télévision diffuseront la musique religieuse.
Quatre points étaient inscrits à l’ordre du jour de la réunion du Conseil des Ministres, hier vendredi 3 août 2007, sous la conduite du Premier ministre, Antoine Gizenga Funji. Le point d’information du Chef du Gouvernement, la situation sécuritaire du pays en général et à l’Est en particulier, le rapport sur la mission de la RDC en Angola et le rapport sur l’accord du Gouvernement avec RAKEEN – Emirats Arabes Unis. Dans son point d’information, Antoine Gizenga a demandé à ses ministres d’observer une minute de silence en mémoire des accidentés du train du Kasaï Occidental et en mémoire de Samba Kaputo, Conseiller spécial du Président Kabila. Le Gouvernement a décidé de décréter trois jours de deuil national sur l’ensemble du territoire soit du samedi 4 août au lundi 6 août prochain. Pour ce qui est de la catastrophe ferroviaire, une équipe des officiels est allée au contact des sinistrés. Une enquête a été ouverte pour établir les responsabilités. Après le deuil national, des sanctions devaient être prises contre les dirigeants défaillants de la SNCC. Quant au programme de funérailles de feu Samba Kaputo, la dépouille mortelle arrive à Kinshasa ce samedi 4 août à 13 heures. Le corps sera exposé au Palais du Peuple où se tiendra la veillée mortuaire. Pendant deux jours, les Kinois vont lui rendre les derniers hommages. Samba Kaputo sera inhumé le lundi au Carré Français du cimetière de la Gombe. Ci-après le compte rendu du Conseil des Ministres du vendredi 3 août.
Compte rendu conseil des Ministres du vendredi 03 août 2007
Tenu à la cité de l’Union Africaine
Il s’est tenu ce vendredi 03 août 2007 à la cité de l’Union Africaine, la réunion du Conseil des Ministres sous la conduite de Son Excellence Monsieur Antoine Gizenga Fundji, Premier Ministre, Chef du Gouvernement conformément à l’article 79 de la Constitution.
A l’ordre du jour figuraient quatre points à savoir :
1. Point d’information de Son Excellence Antoine Gizenga, Premier Ministre, Chef du Gouvernement.
2. Situation sécuritaire en générale et à l’Est en particulier.
3. Rapport sur la mission de la République Démocratique du Congo en Angola.
4. Rapport sur l’accord du Gouvernement avec RAKEEN-Emirats Arabes Unis.
A la demande de Son Excellence Antoine Gizenga, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le Conseil des Ministres a observé une minute de silence en mémoire de nos compatriotes décédés dans l’accident de train survenu dans la nuit du mercredi 01er août 2007 entre la gare de KAKENGE et de BAKWANKENGE sur le tronçon ILEBO-KANANGA dans la Province du Kasaï Occidental ainsi qu’en mémoire du Professeur Samba Kaputo, Conseiller Spécial du Chef de l’Etat, décédé le mercredi 01 août 2007 en Afrique du Sud.
En rapport avec l’accident de nos compatriotes, le Gouvernement a décidé de décréter trois jours de deuil national sur l’ensemble du territoire soit du samedi 04 au lundi 06 août prochain. Les drapeaux seront en berne et les stations de radio et les chaînes de télévision diffuseront la musique religieuse.
Abordant le premier pont à l’ordre du jour, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a rappelé aux Membres du Gouvernement de déposer à la Primature le Programme d’Actions Prioritaires de chaque Ministre pour le dernier semestre 2007.
Relayant le Premier Ministre, le Ministre des Finances a fait une brève présentation de la visite du Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) en sigle, en République Démocratique du Congo.
Cette visite a permis :
- La signature de deux Accords de don de la BAD en faveur de la République Démocratique du Congo ;
- L’ouverture du Bureau Régional de la BAD en République Démocratique du Congo ;
- La signature d’un Accord de principe pour appuyer les entreprises publiques dans le cadre de leur réforme.
Prenant la parole à son tour, le Ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité a tenu informé les Membres du Conseil de l’état du territoire national.
La situation est calme sur l’ensemble du territoire national sauf dans le Nord Kivu principalement à RUTSHURU, MASISI et dans le haut plateau du Sud Kivu ainsi que la recrudescence de la criminalité signalée dans les grandes villes, surtout dans la Ville Province de Kinshasa.
Avant de terminer sa communication, le Ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité a informé les Membres du Conseil de la situation particulière de la Ville de Moba dans la Province du Katanga où la population locale a, suite à une certaine rumeur, attaqué les Agents du Haut Commissariat aux Réfugiés, HCR en sigle, et pillé les installations de la MONUC, créant ainsi une situation d’insécurité.
Sur instructions de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, une mission se rendra prochainement sur le lieu en vue de procéder aux enquêtes pour établir les responsabilités des uns et des autres et prendre des sanctions qui s’imposent.
Abordant le deuxième point à l’ordre du jour, le Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants a fait part au Conseil de la situation sécuritaire du pays en général et de la partie Est en particulier. Sur ce point, il a informé le Conseil du bon déroulement de la phase 3 de Démilitarisation, Démobilisation, et Réinsertion en Ituri dans la Province Orientale, de l’Accord passé avec la Monuc pour la formation de 11 brigades des FARDC dans la même Province.
Poursuivant son exposé, le Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants a informé les Membres du Conseil de la poursuite des travaux préparatoires de l’organisation de la Table Ronde pour la pacification dans les provinces du Nord et Sud Kivu ; il a aussi fait part aux Membres du Gouvernement de la situation de MINEMBWE dans le Sud Kivu où les FARDC ont réagi à l’attaque surprise des insurgés du groupe de 47. Les FARDC ont mis en débandade ces éléments insurgés dont quelques uns ont été mis aux arrêts.
Enfin, il a fait part au Conseil de la poursuite du brassage, dont un programme détaillé sera présenté au Gouvernement dans le tout prochain jour.
Abordant le troisième pont à l’ordre du jour le Ministre d’Etat en charge des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale a fait à son tour le rapport de la mission officielle effectuée en République d’Angola. Il ressort de ce rapport, qu’à l’invitation de son Excellence José Edouardo Dos Santos, Président de la République d’Angola, Son Excellence Monsieur Joseph KABILA KABANGE, Président de la République Démocratique du Congo a effectué du 30 au 31 juillet une visite officielle en République d’Angola.
Cette visite visait le renforcement des relations d’amitié et de fraternité entre les peuples Angola et Congolais aussi bien que l’évaluation de la coopération existante entre les deux pays.
La visite du Président de la République, Chef de l’Etat état précédé par deux réunions préparatoires :
- celle des experts de différents domaines
- celle des Ministres Membres des délégations de deux pays dont un communiqué conjoint a été signé à la fin des travaux le 31 juillet 2007 et que la Presse a largement fait écho.
1. Les refoulés de l’Angola ;
2. L’immigration clandestine ;
3. La situation de KAHEMBA ;
4. La limitation des frontières maritimes
5. Dorénavant, la République Démocratique du Congo sera avisée par la République d’Angola en cas de mesures de refoulement pour lui permettre de prendre des dispositions d’accueil.
En ce qui concerne l’immigration clandestine, il a été décidé de commun accord de renforcer des patrouilles mixtes le long des frontières pour contenir cette immigration.
Quant à la situation de KAHEMBA, le principe reste celui de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Une Commission bipartite a été mise en place. Cette dernière bénéficiera de l’appui des experts de la Belgique et du Portugal pour la clarification des tracés frontaliers.
Enfin, pour la limitation des frontières maritimes, les deux parties se sont engagées d’appliquer avant la fin de l’année 2008, la Convention de Montegobay portant sur le droit de la mer et permettant aux deux pays de fixer les frontières maritimes dont la République Démocratique du Congo a ratifié en 1989.
Pour terminer, le Ministre d’Etat en charge des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction a fait rapport aux Membres du Gouvernement de la signature intervenue le 18 juillet dernier d’un Accord de partenariat publics privé avec le Groupe RAKEEN-Emirats Arabes Unis pour la construction de quatre immeubles dont un Hôtel de 300 chambres, 3 immeubles pour appartements de luxe et de bureaux dans la Ville Province de Kinshasa. Le Gouvernement de la République mettra à la disposition de nos partenaires trois terrains dont :
-le terrain de l’ex-Banque Zaïroise du Commerce Extérieur (Banque du Peuple) à la Gare centrale ;
-le terrain Office des Routes (en face du Ministère des Affaires Etrangères) ;
-le terrain Lac Air Terminus (en face de l’Hôtel de la Poste).
Je vous remercie.
Professeur Tshilombo Send Toussaint
Ministre de l’Information, Presse et Communication Nationale Porte-Parole du Gouvernement
Revisitation des contrats miniers-Gecamines : l’affrontement
La commission spéciale mise en place par le Premier ministre, Antoine Gizenga, pour procéder à la revisitation des contrats et conventions signés par des entreprises publiques et d’économie mixte dans le secteur a déjà mis deux mois là où il lui était donné un mandat de trois mois pour élucider quelque 63 partenariats miniers engageant l’Etat congolais à travers certaines provinces de la RDC. A la tour de la Gecamines sur le boulevard du 30 Juin où la commission s’est retranchée, il est difficile de connaître le sort réservé à quelque huit contrats traités en premier lieu pour le compte de l’Office des mines d’or de Kilo Moto (OKIMO). Actuellement, la commission se penche sur près de 33 contrats de partenariat signés par la Gecamines. Si dans le camp gouvernemental, l’on fait preuve de retenue, ce n’est pas le cas dans le rang des opérateurs miniers qui crient déjà à la manipulation. Ils promettent, en dernier lieu, de faire recours aux instances judiciaires internationales en cas du persistance de différend. La confrontation n’est pas loin.
Les violons sont loin de s’accorder entre le gouvernement et les entreprises minières visées par la procédure de revisitation des contrats et conventions minières signés par les entreprises publiques et d’économie mixte pour le compte de l’Etat congolais.
Au niveau de l’immeuble de la Gecamines sur le boulevard du 30 Juin à Kinshasa où la commission a établi son état-major, le silence est de marbre. Seul le ministre des Mines, renseignent des sources proches du ministère, est habileté à rendre compte de la procédure engagée par le Premier ministre Antoine Gizenga pour, permettre à l’Etat congolais de « voir un peu plus clair » dans les différents partenariats miniers signés pour la plupart depuis 1996.
Dans les couloirs du ministère des Mines, difficile de recueillir des bribes d’informations sur le travail de la commission. « Nous sommes sereins et nous pensons que le gouvernement finira par trouver son compte, que le peuple se tranquillise, car il ne sera pas déçu », commente une source du ministère des Mines, sous le sceau de l’anonymat. L’assurance qui se lit dans le camp du gouvernement change de coloration dès que l’on se retrouve du côté des opérateurs miniers.
REVISITATION REDUITE AUX CHIFFRES
Les critiques sont presque restées les mêmes. Car, beaucoup continuent à penser que le gouvernement a passé outre les dispositions du Code minier de 2002, en convoquant sans concertations préalables avec ses partenaires miniers une série de concertations pour aplanir de probables divergences. Ils crient donc, pour la plupart, à une violation flagrante du Code minier. Dans la mesure où, selon eux, tout différend naissant d’un partenarait négocié en vertu du Code devait préalablement être réglé par la voie administrative, suivant des procédures prévues dans le Code.
«Tout se passe comme si le gouvernement tenait à tout prix à atteindre ses objectifs, c’est-à-dire revoir tous les partenariats signés par la Gecamines », a souligné un mandataire. Les termes de référence ont été faussées dès le départ, car si le gouvernement avait réellement besoin d’assainir le secteur des mines, il devait commencer par l’évaluation des contrats et non les revisiter directement », a-t-il ajouté.
Qui a raison ? Qui a tort ? Chacun, en tout cas, cherche à tirer la couverture de son côté. Mais, toujours est-il que le silence du gouvernement a amené à des spéculations de tout genre.
Dans le camp des opérateur miniers, l’on remet déjà en cause le professionnalisme des membres de la commission. Et ce, malgré l’assistance technique des cabinets internationaux tels que l’américain Fondation Carter, le sud-africain Osisa et le suisse Rocthild.
Selon eux, le travail de la commission est biaisé, dès le départ, à partir de l’instant où, disent-ils, la commission semble avoir réduit son travail à la forme plutôt qu’à s’attarder au fond. « C’est une bataille de pourcentage à laquelle se livre la commission. Tout ce qui l’intéresse, c’est le pourcentage donné à l’Etat dans tel ou tel autre partenariat, sans s’interroger au préalable sur les conditions dans lesquelles ont été négociées ces contrats », commente-t-on dans les milieux des entreprises minières, la plupart opérant dans la province du Katanga.
Pourquoi seulement ceux du Katanga ? En effet, c’est dans cette province que se jouera la grande bataille. Car, dans un premier temps, sur la première liste de 63 contrats à revisiter, la Gecamines, à elle seule compte près de 33 que la commission est en voie de revoir de fond en comble.
La confrontation n’est pas loin. Et, les opérateurs ne vont pas par diverses circonlocutions pour l’affirmer. En cas de balayage systématique de tout ce qui a été fait avant, ils promettent un véritable affrontement qui pourrait, disent-ils, se régler devant des instances judiciaires internationales.
LA CONFRONTATION
Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le malaise est bien là, surtout dans le camp de ceux qui voient leurs contrats miniers être sérieusement remis en cause.
Mais, la question qu’il faut se poser en cet instant est celle de savoir si le gouvernement est bien préparé à faire prévaloir sa logique de voir nécessairement clair face à une meute d’intérêts capitalistes de nature aussi diverse que diversifiée.
Nous avons eu à le dire en son temps. La bataille qu’a décidée de livrer le Premier ministre Antoine Gizenga est bien rude. Elle permettra sans doute de « faire respecter l’Etat congolais ». Mais, elle exige de la part du gouvernement non seulement courage et détermination à aller jusqu’au bout, mais aussi et surtout plus d’impartialité et de professionnalisme dans le traitement des dossiers sous examen. Ce, pour éviter toute suspicion et remise en cause au bout du processus des conclusions de la commission. Car, quand certains opérateurs ne voient dans la démarche juste une occasion de faire un état des lieux de la part attribuée à l’Etat congolais dans ces partenariats ratifiés, il y a lieu de changer de fusil d’épaule en s’interrogeant sur le fond du problème.
Dans la mesure où, la Gecamines ou bien d’autres entreprises publiques ou d’économie mixte du secteur minier ont été amenées à nouer des partenariats avec certains opérateurs privés, c’est surtout à la suite de leur incapacité à soutenir leur plan de restructuration. Tous ces aspects, pensons-nous, doivent être pris en considération dans le traitement des dossiers. Dans un autre tableau, c’est aussi l’image du pays – bien plus sa crédibilité comme espace viable pour l’exercice des affaires – qu’il faudra préserver. Le gouvernement ne peut donc pas réclamer quelque chose et son contraire à la fois. Dans un projet géré par le Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques (COPIREP), il s’est engagé à tout mettre en œuvre pour sécuriser l’environnement des affaires, avec pour principal objectif de redonner confiance aux investisseurs étrangers.
Aujourd’hui, ce sont ces mêmes investisseurs qui crient au scandale en marge du travail entamé par la commission de revisitation des conventions et contrats miniers. Pour apaiser les tensions et épargner le secteur minier de la RDC d’une hécatombe, professionnalisme et objectivité doivent être de mise dans le travail qu’accomplit – pour le seul intérêt de l’Etat congolais – la commission initiée par Antoine Gizenga.



