LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

29 juin 2007

30 juin, on fête quoi ?

Plus d’un milliard de francs congolais sortis du Trésor Public pour organiser des manifestations dans plusieurs vilKinles en rapport avec le quarante-septième anniversaire de l’accession de la RDC à l’indépendance formelle. Si aucun fils du pays, fût-il collabo ou nationaliste, ne peut se permettre de souiller la date historique du 30 juin, il y a tout de même lieu de s’interroger sur ce qui reste de l’indépendance chèrement acquise en 1960. Même si certains refusent de l’admettre en public pour des raisons connues d’eux, la RDC est sous tutelle internationale depuis belle lurette. On se fait assister partout. Aucun secteur de souveraineté n’échappe au contrôle des défenseurs du grand Capital de l’occident, pudiquement désignés sous la dénomination de la ‘’communauté internationale’’. Tenez, Belges, Américains, Sud-africains, Angolais, et autres marchands d’armes se targuent de jouer un rôle principal dans la formation des brigades brassées des FARDC. Lors d’un séminaire organisé par l’Observatoire des Médias Congolais (OMEC), en avril dernier, au Salon Rouge du ministère des Affaires Etrangères, une déléguée de la Monuc déclarait tout haut que le gouvernement n’est pas encore en mesure d’assurer seul la sécurité et d’imposer son autorité sur toute l’étendue du territoire. Et que l’appui politique et militaire de la ‘’communauté internationale’’ était toujours nécessaire. Une autre façon de répéter aux Congolais la tristement très célèbre phrase assassine du général belge Jansens comme quoi avant l’indépendance égal après l’indépendance.
Il y a peu, l’Ambassadeur du Royaume-Uni à Kinshasa, Andy Sparkes, affirmait devant les journalistes réunis en sa résidence que l’Union Européenne versait régulièrement 8 millions de dollars pour la solde des militaires congolais. Tout puissant Représentant du SG de l’ONU, William Lacy Swing est toujours en première ligne toutes les fois qu’il faut déployer une intense activité démocratique. La monnaie nationale, le franc congolais, est loin d’être un attribut de souveraineté. Un expert considère le franc congolais comme une marchandise. Parce que, disait-il, on le voit sur l’étalage, là où l’on vend des bottes de braise, des bottes de « Bitekuteku » ; là où l’on vend des morceaux de mpiodi.
Le franc congolais n’assume aucune de ses trois fonctions. Il n’assume pas la fonction numéraire, c’est-à-dire la fonction d’unité de compte. Le franc congolais n’est pas non plus l’Intermédiaire des échanges. On vit dans une économie de troc. Enfin, le franc congolais n’est pas une réserve de valeurs. Personne, en RDC, ne peut envisager transférer sa richesse à la génération future. Comme si cela ne suffisait pas, les ONG internationales ont investi le social. Que reste-t-il alors de cette indépendance ?

La fête du 30 juin livre ses secrets : Kabila à Kisangani, Gizenga à Kinshasa, Kengo à Bandundu

A en croire le programme officiel émanant du protocole d’Etat, les différentes 101526autorités congolaises, à commencer par le Chef de l’Etat, seront dé­ployées sur l’ensemble des provinces de ma­nière à obtenir le même impact sur toute l’éten­due du territoire natio­nal. On se souviendra, qu’il y a peu, « Forum des As » en faisait mention jusqu’à étaler les prévisions chiffrées pour cette fête.

A en croire un document of­ficiel émis par le protocole d’Etat et remis mercredi aux diffé­rentes autorités congolaises, il y a toute une répartition pour les responsables congolais qui seront déployés dans tous les chefs-lieux des provinces à l’occasion des festivités marquant le 47ème anniversaire, ce samedi 30 juin 2007, de l’ac­cession du Congo-Kinshasa à la souveraineté nationale et in­ternationale. Cette initiative vise à ce que l’ensemble des Congolais, toutes provinces confondues et pratiquement au même moment, commémo­rent de façon uniforme la fête de l’indépendance de la RDC.

Quand les différentes autorités congolaises sont reparties dans les provinces

Selon cette répartition, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, présidera person­nellement cette fête dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale. Pendant ce temps, le Premier ministre congolais, M. Antoine Gizenga Fundji, gardera la capitale congolaise pour fêter avec les Kinois. Pour sa part, le prési­dent du bureau du Sénat, M. Léon Kengo wa Dondo, re­trouvera dans la ville de Bandundu, chef-lieu de la pro­vince qui porte le même nom.

Une autre autorité à signaler dans cette répartition. Il s’agit du président du bureau de l’Assemblée nationale, M. Vital Kamerhe. Le Secrétaire général du PPRD était, lui, jus­que mercredi soir prévu dans la ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental, là où d’autres sources l’annon­çaient, par contre, dans la ville de Lubumbashi, province du Katanga.

Mais, selon le programme conçu mercredi, c’est plutôt au mi­nistre d’Etat en chargé de l’Agriculture, Pêche et Ele­vage, M. Nzanga Mobutu, qu’il revient de présider la fête du 30 juin 2007 à Lubumbashi, dans la province du Katanga. Pour sa part, le ministre d’Etat Pierre Lumbi, en charge des Infrastructures, Travaux pu­blics et Reconstruction, fêtera la date du 30 juin à Mbandaka pendant que le ministre du Portefeuille, Mme Jeannine Mabunda, sera dans la ville de Matadi, chef-lieu de la pro­vince du Bas-Congo. En ce qui la concerne, la ville de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, accueillera le minis­tre de la Justice, M. Minsay Booka, pour la fête du 30 juin.

Des ministres et vice-ministres dans la suite des chefs des délégations

Outre les chefs des délé­gations ci-haut cités et ceux qui se retrouveront dans des provinces ayant échappé à notre vigilance, les ministres et vice-ministres du Gouvernement central constitueront les différentes délégations que l’on retrouvera dans la suite des autres représentants du pouvoir central en provinces.

On aura ainsi, dans cha­que chef-lieu des provinces, une délégation des ministres et vice-ministres du Gouvernement central qui seront aux côtés des ministres provin­ciaux. Une occasion pour tous ces ministres, qui n’ont pas encore eu l’occasion de faire connaissance parce qu’évo­luant dans des sphères diffé­rentes d’échanger sur la mar­che et la reconstruction du pays à l’heure de cinq chan­tiers promis par Joseph Kabila.

Cela fera donc un bon pa­quet d’autorités tant nationales que provinciales qui seront impliquées, aux côtés des populations là où des défilés sont également prévus, dans la commémoration des festivi­tés marquant le 47ème anniver­saire de l’indépendance de la RDC. Car, s’il y a une fête na­tionale qu’aucun pays au monde ne minimise, c’eskengo_wa_dondo_senatt d’abord celle de l’indépen­dance. C’est de la sorte que les Etats-Unis d’Amérique ont leur 04 juillet, la France son 14 juillet. La fête de l’indépendance ou de la constitution d’une République constitue la fête nationale par excellence.

Des ressources qui auraient pu servir à la réalisation des Cinq chantiers

Si on peut se féliciter de la représentation du pouvoir central en provinces, parce que Kinshasa n’étant pas le Congo et que cette initiative œuvre pour la consolidation de l’unité nationale, néanmoins il y a lieu de relever que ce déploiement occasionnera beaucoup de sorties en terme des finances au moment où le pays a besoin des ressources pour réaliser les cinq chantiers promis par le Chef de l’Etat.

Car, même s’il sera heu­reux le 30 juin 2007, pour sa­luer l’accession du Congo à l’indépendance, le peuple demeure préoccupé par l’amélio­ration de ses conditions de vie, par son bien-être. Ce qui était, comme par hasard, le souci majeur des pionniers de l’indépendance même si, 47 ans après cette victoire, le Congo éprouve toutes les pei­nes du monde pour se remet­tre réellement sur l’orbite nationale et internationale.

En son temps, « Forum des As » avait estimé qu’au lieu de dépenser beaucoup de mil­lions pour la fête du 30 juin 2007, on pouvait affecter ces ressources à la réfection des infrastructures telles que les hôpitaux, les routes, les éco­les… Ce serait certainement la meilleure façon pour les Congolais d’honorer les pion­niers de l’indépendance qui s’étaient justement tant inves­tis pour permettre aux Congo­laises et aux Congolais, une fois sortis du joug colonial, de prendre leur destin en mains et profiter des richesses de leur pays.

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