LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

28 juin 2007

Dans un mémo à Dieudonné Kayembe/ Non à l’Assassinat des journalistes !

98706Des attaques à mains armées, agressions et arrestations arbitraires ont provoqué la colère des journalistes. Hier, à la fin d’une marche pacifique qui s’est terminée au QG de l’Etat-Major Général des Fardc, un sit-in a été organisé en signe de deuil en mémoire de Ngyke Franck et Hélène Mpaka, Mutombo Kayilu, Bapuwa Mwamba et de Serge Maheshe. Sur la longue liste de cas, ils ont épinglé les attaques ourdies contre Anne-Marie Kalanga, Jean Ngandu, Anselme Masua et Basile Bakumbane. En réponse, Tshikez Diemu a promis d’en faire part au Gouvernement pour des mesures urgentes.

Tout est parti hier du Rond-Point Socimat, lieu officiel du rendez-vous donné aux journalistes. Vers 10 heures, sous l’impulsion de l’Union Nationale de la Presse du Congo, de l’Observatoire des Médias Congolais, de l’Ong Journaliste en Danger, de l’Association Nationale des Editeurs du Congo et de tant d’autres organisations socio-professionnelles des médias, la marche a commencé. Point culminant : l’Etat-Major Général des Forces Armées de la RD. Congo. Itinéraire : Rond-Point Socimat-Kintambo/Magasin via Chanic-EMG à Mont Ngaliema. Après plus d’une heure de dur exercice physique, ils y sont arrivés en dépit de quelques légères altercations avec certains éléments de la Police Nationale, aux abords de Ngaliema Center. A ce niveau là, en effet, une incompréhension est née. La Police ne voulait plus donner libre accès aux journalistes pour poursuivre leur marche jusqu’au bout. Quelques minutes avant, le Colonel Kasonga, le chargé de communication des Fardc, a tenté, à sa manière, d’écorner l’allure de cette marche mais en vain. La détermination des journalistes était telle que personne ne pouvait les empêcher d’arriver à leur destination finale : le QG de l’EMG des Fardc. Toutes les pressions subies ont échoué. Autant la présence de Simplice Kalunga au niveau de l’IBTP/Ngaliema a suscité des réactions parmi les manifestants qui ont, décidément, repoussé la tentative de les restreindre en petite délégation pour rencontrer le Ministre de la Défense. Finalement, ils sont arrivés. Et le sit-in a eu lieu, comme prévu.
Tshikez Diemu frustré
« Par respect pour votre métier, j’ai décidé de venir à votre rencontre ici, à l’entrée principale du Quartier Général des FARDC. On ne rencontre pas un Chef d’Etat-Major pour lui poser des problèmes comme s’il était le responsable des accusations portées contre des éléments incontrôlés des Fardc. En second lieu, je dois vous dire toute ma frustration puisque je n’ai pas été saisi. Qu’on me montre une seule correspondance par laquelle j’aurai été informé de la tenue de cette marche ? », a vivement déclaré Tshikez Diemu avant d’accorder la parole à Chantal Kanyimbo, la Présidente de l’UNPC. « Une armée ne tue pas », scandaient les journalistes alors que cette dernière lisait le mémo adressé au Lieutnant-Général Dieudonné Kayembe Mbandakulu et au Général-Major John Numbi, l’Inspecteur Général de la Police Nationale Congolaise. En six pages, les journalistes, par la voix de Kanyimbo, ont décrié d’incessants assassinats survenus contre Franck Ngyke de la Référence Plus et son épouse Hélène Mpaka, le 3 novembre 2005. Les cas de Mutombo Kayilu, un technicien du Renatelsat, tué au poignard le 29 mars 2006, de Bapuwa Mwamba, journaliste free lance, tué le 8 juillet 2006 et, enfin, celui de Serge Maheshe Kasole, journaliste de Radio Okapi lâchement assassiné, le 13 juin dernier, à Bukavu, au Sud-Kivu.
Faut-il alors des ordres de mission aux journalistes pour travailler dans leur propre pays ? S’interrogent-ils dans ce mémo qui soulève également des montagnes. D’autres attaques notamment, celles de Anne-Marie Kalanga, journaliste à la Rtnc, atteinte de deux balles au niveau de la jambe droite et hospitalisée jusqu’aujourd’hui avec son frère, lui aussi, touché par balle, à la Clinique Ngaliema. Sur la longue liste, Chantal Kanyimbo est revenue sur le cas de Jean Ngandu de Radio Okapi qui avait échappé miraculeusement aux tirs, à Lubumbashi. A Kisangani, Anselme Masua, un autre journaliste de Radio Okapi, avait été hospitalisé à la suite des coups reçus des militaires. A Kananga, Basile Bakumbane a été l’objet de plusieurs visites impromptues de la part des hommes en armes. Heureusement qu’il a été ex-filtré du coin, le 18 juin dernier, par la Monuc.
Vite la réforme de l’Armée
La réaction de Tshikez Diemu a été claire. Ceci, dit-il, participe aux efforts en cours pour la réforme de l’armée nationale. « Personne ne peut se réjouir de la mort d’un journaliste », a-t-il ajouté. Dans tous les cas, j’en ferai part au Gouvernement pour des mesures urgentes à prendre. L’Etat-Major Général recevra, à son tour, des instructions pour tenir compte de préoccupations des journalistes congolais. « Merci pour cette participation à l’éveil des consciences. Soyez rassurés que nous y travaillions. Vous savez, un enfant, c’est neuf mois dans le ventre de sa mère. Cela prend un peu temps, mais nous y arriverons, après tous ces efforts », a-t-il conclu.
Chantal Kanyimbo remercie les journalistes
Enfin, Chantal Kanyimbo a pris ses responsabilités. « A vous tous qui avaient répondu à cet appel, je vous remercie de tout cœur. Notre manifestation est terminée car nous venons de remettre le mémo au Ministre Tshikez Diemu qui le transmettra, à son tour, au Chef d’Etat-Major Général », a-t-elle déclaré tout en les invitant à regagner leurs rédactions respectives pour le travail.

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