LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

27 juin 2007

Atundu Liongo : Le dossier Bemba n’est pas encore l’affaire de Joseph Kabila

« Abstenez-­vous Monsieur le Président, car ceci n’est pas votre affaire et n’est pas enthomas_luhaka_an_7core de votre compétence, dit en substance M. Atundu.

Que pensez-vous de l’agitation observée dans les milieux de l’UN dans la perspective du retour au pays du Sénateur Bemba Gombo ?

Faire de la RDC un Etat de droit est le vœu de tout congolais et un engagement de la classe politique congolaise consacré dans l’accord de Sun City. Un Etat de droit est celui où les textes légaux revêtus de la force contraignante de l’autorité publique sont effectivement appliqués. Il s’agit, en l’occurrence, de respecter l’indépendance constitutionnelle des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Ce qui veut dire que, concrètement, face à un problème donné, chaque pouvoir doit agir d’après sa compétence et en harmonie avec les deux autres, c’est-à-dire sans se gêner réciproquement, en ayant éventuellement une attitude propre et différente.

Jusqu’ici, cette pratique a été généralement bien observée, notamment dans le cas du sénateur Jean Pierre Bemba Gombo après les incidents du mois de mars dernier. En effet, prenant ses responsabilités, le Gouvernement a fait droit à la demande du sénateur Bemba de quitter le pays pour des soins appropriés au Portugal, sans craindre pour sa sécurité physique, compte tenu des circonstances particulières de ce temps.

Pour sa part, le pouvoir législatif, le Sénat en l’occurrence, lui a donné, en bonne et due forme, l’autorisation et le temps nécessaire pour des soins appropriés. Tandis que le Pouvoir judiciaire, conformément à son rôle, initiant une action en vue d’établir la responsabilité du sénateur Bemba Gombo dans les événements tragiques qui avaient endeuillé Kinshasa et toute la nation. Dans cet ordre d’idées, le retour du sénateur Bemba Gombo ne devrait poser aucun problème particulier pour nécessiter l’intervention personnelle du Chef de l’Etat. Aussi bien en ce qui concerne sa sécurité physique, garantie par le Gouvernement qui a mis douze policiers à sa disposition, qu’en ce qui concerne quelque mesure disciplinaire de la part du Sénat étant donné que la prolongation du séjour sollicitée lui a été accordée.

Mais, il y a l’hypothèque de l’action judiciaire qui pèse sur sa tête !96523

Une réserve de rigueur s’impose donc au Président Kabila comme au Président Sarkozy dans le cas de Chirac, qu’est ce à dire ?

Tout simplement que la balle se trouve plutôt du côté du sénateur Jean Pierre Bemba qui a là une occasion d’appliquer sa profession de foi de démocrate. Que le Pouvoir judiciaire s’intéresse, comme il se doit, aux événements de mars dernier et l’entende dans ce cadre ne signifie pas qu’il soit déjà légalement reconnu coupable. Car, comme tout citoyen dans ce cas, l’honorable Jean-Pierre Bemba Gombo bénéficie de la présomption d’innocence. Au sénateur Jean-Pierre Bemba de prêcher par l’exemple. Son image de démocrate et de leader politique n’en sortira que grandie.

Pourquoi dites-vous que ce n’est pas encore l’affaire du Président Kabila ?

Parce que la justice devra d’abord rendre un jugement définitif, ayant acquis la force de la chose jugée. Il pourra alors intervenir de façon discrétionnaire pour exercer son droit de grâce ou d’amnistie.


Reste évidemment l’action initiée par le Pouvoir judiciaire qui poursuit normalement son cours afin de garantir un même traitement à tous les citoyens devant la loi. D’ailleurs, aucune mesure coercitive du genre « privation ou restriction de liberté » n’a été ordonnée dans le cas d’espèce, présomption d’innocence oblige.

Justement, le Secrétaire Général François Muamba sollicite une audience auprès du Chef de l’Etat pour obtenir des garanties personnelles de sa part.

En tout état de cause, une intervention du Chef de l’Etat serait superfétatoire et sans objet puisque aucune entrave légale ou de fait n’empêche l’honorable Bemba Gombo de rentrer au Congo. Si, en toute hypothèse, le pouvoir judiciaire avait pris une décision de ce genre, ce qui n’est pas le cas, l’intervention personnelle du Chef de l’Etat serait intempestive dans la mesure où il aura pour effet de gêner l’action du Pouvoir judiciaire, au risque de donner l’impression à l’opinion que certains citoyens et responsables sont au dessus de la loi ou soit irresponsables sans aucune cause légale, sauf leur relation en haut lieu. Dans ce cas, il se poserait alors un problème délicat et moral dans le Chef du Garant de la Nation qu’il est.

Pourquoi n’intervient-il pas dans le déroulement normal de la justice en faveur des simples citoyens qui sont inquiétés pour moins ?

Non, il n’est pas indiqué que le Chef de l’Etat intervienne personnellement, en tout cas pas à ce stade, pour ne pas gêner la recherche et la manifestation de la vérité. Ce n’est pas encore son affaire. C’est pourquoi, quelque soit son sentiment personnel dans cette affaire, le Chef l’Etat devrait encore se tenir à l’écart pour ne pas être à la fois juge et partie lorsque ce dossier lui sera éventuellement soumis à l’issue du processus judiciaire, en sa qualité de magistrat suprême.

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