LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

12 juin 2007

Entreprises publiques : le PPRD non partant

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Ce n’est pas un canular. Loin de là. Le PPRD n’est pas partie prenante au processus de mises en place dans les entreprises publiques tel qu’il est mené ces jours-ci. Il aligne un certain nombre de raisons pour lesquelles il renonce à ce qui apparaît absolument comme « une arnaque ». Pour ce parti politique qui a pris une part importante à l’élection du président de la République, il est hors de question que le pouvoir soit partagé avec les « autres », au travers des entreprises publiques qui risquent, à cause d’une procédure de recrutement mal pensé, de tomber dans l’escarcelle des mobutistes. Dans tous les cas, il n’y a rien de sibyllin dans le message du PPRD. Où l’on craint aussi que le dossier, géré beaucoup plus au niveau du ministre près le président de la République, du ministre près le Premier ministre et du ministre du Portefeuille, n’échappe à son contrôle.

La mise en place annoncée de nouveaux mandataires au sein des entreprises publiques risque de faire voler en éclats la coalition qui s’est formée autour de l’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP). Le nouvel élément du puzzle est le communiqué diffusé depuis mardi 12 juin par voie de presse par le Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques (Copirep) en vue du recrutement de nouveaux mandataires au sein de ces unités de production, dont l’actionnariat est détenu à 100% par l’Etat congolais.

En lieu et place des critères basés exclusivement sur la seule appartenance à la majorité au pouvoir, le Copirep – agissant du reste au nom du gouvernement au travers du ministre d’Etat près le président de la République, du ministre près le Premier ministre et du ministre du Portefeuille – a promis d’ores et déjà d’user des critères objectifs, basés sur la compétence et la technicité, dans le choix des mandataires publics. Contrastant en fait avec les promesses de « partage » faites aux uns et aux autres entre les deux tours de la présidentielle de 2006.

Car, l’acte constitutif de l’Alliance pour la majorité présidentielle a donné l’assurance à ses fondateurs, co-fondateurs et alliés de « gérer ensemble » la RDC si leur unique candidat venait à remporter l’élection présidentielle.

Le 6 décembre 2006, Joseph Kabila était investi président élu de la 3ème République. Lorsque, dans son discours d’investiture, il invita « chacun (…) à être solidaire du devenir du bien collectif (et) à (…) sentir porteur d’une espérance sans cesse renouvelée », les directeurs de campagne et tous les animateurs de l’AMP s’étaient sentis « spécialement concernés ». Ils furent confortés dans cette impression quand le coordonnateur de cette plate-forme électorale vint à annoncer que « tout le monde se retrouvera » dans le partage du gâteau.

A ce jour, sont déjà « récompensés » près de 70 sénateurs, quelque 350 députés nationaux et 60 membres du gouvernement. Des dizaines d’autres, cadres et « ouvriers de la première heure », appelés à la patience, attendent toujours d’être récompensés.

DEÇUS, AIGRIS ET FLOUES

Le problème se pose, pour l’heure, au niveau de la gestion des ambitions de tous ceux qui sont restés à la gare. Les trains « parlement » et « gouvernement » ayant fait le plein, celui des entreprises publiques paraît aujourd’hui inaccessible aux « oubliés », dans les rangs desquels se comptent des « vertébrés » et de jeunes turcs.

Toutefois, au nom de la méritocratie, leitmotiv louable du gouvernement, on craint au PPRD que la gestion des entreprises publiques n’échappe à ses animateurs, dont certains ont bien le profil fixé par les critères de sélection de futurs mandataires publics.

On y aurait également peur de voir, parmi les postulants retenus après le test d’usage, plusieurs sociétés d’Etat passer entre les mains des mobutistes, favorisés par des critères genre « dix ans d’ancienneté ». Cette vieille garde étant suspectée de chercher à aligner ses meilleurs experts en divers domaines. « Il est inadmissible que nous perdions le contrôle des entreprises publiques alors que nous détenons le pouvoir politique », s’inquiète-t-on sur l’avenue Batetela.

Mais, que faire ? La première réplique imaginée dans ces milieux est celle d’encourager les mandataires partants de présenter leurs candidatures. Il s’agira, ensuite, d’amener les jeunes turcs à se lancer dans la course aux postes dans les comités de gestion.

Malgré tout, ils seront encore nombreux les déçus, les aigris et même ceux qui se sentiront floués, les possibilités offertes par les prochaines mises en place ne dépassant pas 200 emplois.

UN NUAGE DE FUMEE

Au-delà des critères de sélection institués par le gouvernement, les observateurs pensent que le pouvoir en place ne vise qu’à faire illusion. « C’est un nuage de fumée, juste bon pour la consommation extérieure », ne s’empêchent-ils de relever. Et, pour cause…

La liste des postulants retenus au niveau du Copirep sera transmise pour approbation en Conseil des ministres, avant une sanction finale par voie de décret par le président de la République.

C’est donc à ces deux niveaux que pourrait intervenir le tamisage, précédé d’interrogations du genre « Qui est qui ? Quelles sont les attaches politiques de celui-ci ? Pourquoi plus de ressortissants de telle province par rapport à telle autre province ? ».

Et à force de suspicions, les technocrates risquent d’être sacrifiés sur l’autel de considérations de tous ordres, sauf celui de la compétence et de l’expertise avérées.

A tous égards, c’est le président de la République qui en sortirait perdant si cela venait à se passer ainsi. En tout cas, ce serait contraire à son « appel à une révolution des mentalités et à une mobilisation générale du génie créateur de tous les Congolais, quelles que soient leurs convictions politiques ou religieuses ».

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