LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

25 mai 2007

Dossier Bemba: Vouloir la régler seulement par voie judiciaire, c'est exacerber les tensions, notamment au sein de l'opinion.

pict_103112Elu à la tête du Sénat congolais grâce à son expérience politique, il est le second personnage de l'Etat. Au menu : l'affaire Bemba et la décentralisation.

On le croyait fini : le revoilà, seconde personnalité de l'Etat congolais. Léon Kengo wa Dondo a en effet été élu le 11 mai président du Sénat par 55 voix contre 49, poste qui l'appelle à remplacer le Président en cas de décès ou démission de ce dernier. Cette victoire a causé la surprise : M. Kengo se présentait en effet comme indépendant contre Léonard She Okitundu, candidat de la majorité présidentielle qui détient officiellement deux tiers des sièges.

Comment expliquez-vous votre victoire ?

C'est simple : j'ai commencé des consultations avec tous mes collègues depuis l'élection des sénateurs (NdlR : par les assemblées provinciales, en janvier). J'ai été élu par l'Equateur, qui compte 20 des sénateurs - le plus grand nombre puisque le Katanga en a 16, la Province orientale 16, le Kasaï oriental 12, le Kasaï occidental 8, le Grand Kivu 12, Kinshasa 8, le Bandundu 12 et le Bas-Congo 4.

J'ai glané des voix dans l'UN (NdlR : opposition de J.P. Bemba) et au RCD (ex-guérilla pro-rwandaise), parmi les 26 indépendants et les 18 partis n'ayant qu'un sénateur et aussi dans la majorité présidentielle. Car celle-ci avait au départ 5 candidats, dont 4 ont été priés, au nom de la discipline de parti, de se retirer au profit de She Okitundu. Cela a-t-il créé des frustrations chez les sénateurs des provinces d'origine de ceux qui ont dû se retirer ?....

On a évoqué le fait que l'ethnie de M. Okitundu, les Tetela, était déjà bien présente au pouvoir...

C'est certainement un facteur qui est entré en ligne de compte.

Contrairement à l'Assemblée nationale, le bureau politique du Sénat n'est pas monolithique. Comment l'expliquez-vous ?

Au Sénat, il y a des personnalités venues de tous les horizons, dont ceux qui ont appartenu autrefois à l'équipe mobutiste. J'ai des relations anciennes avec les uns et les autres, cela aussi a joué. Je crois surtout que les sénateurs ont voulu placer leur mandat plus sous le signe de leur province - puisqu'ils sont issus des assemblées provinciales - et moins sous celui du parti politique. D'ailleurs, ils mettent beaucoup l'accent sur la décentralisation.

Les présidents et vice-présidents d'assemblées provinciales ont demandé le 20 mai l'application sans délai de leur droit de retenir à la source 40 pc des recettes provinciales, pour financer les provinces. Mais cette disposition constitutionnelle ne doit-elle pas intervenir seulement trois ans après la promulgation de la Constitution, soit en 2009 ?

 

Le ministre d'Etat chargé de l'Intérieur a convoqué tous les gouverneurs à Kinshasa pour discuter de ces 40 pc - ce que les assemblées provinciales rejettent. Normalement, tant que la loi sur la décentralisation n'aura pas été élaborée, votée et promulguée, il est très difficile d'appliquer déjà ce que le constituant a prévu. Un projet de loi sur la décentralisation a été déposé au bureau de l'assemblée nationale.

 

Parmi les dossiers importants que doit traiter le Sénat, il y a celui de Jean-Pierre Bemba, dont la levée de l'immunité sénatoriale a été évoquée à propos des combats entre ses troupes et l'armée, en mars dernier. Il est en outre impliqué dans le dossier que vient d'ouvrir la Cour pénale internationale pour des exactions commises par ses troupes en Centrafrique en 2002-03. Où en est-on ?

Je ne connais pas très bien le second dossier. En ce qui concerne celui des événements de mars, je considère cette affaire comme éminemment politique. Vouloir la régler seulement par voie judiciaire, c'est exacerber les tensions, notamment au sein de l'opinion. J'ai appris par la presse que le procureur général de la République avait envoyé une demande de levée d'immunité parlementaire au Sénat, lorsque celui-ci était encore dirigé par son bureau provisoire. Je n'ai pas encore eu l'occasion de travailler sur ce dossier puisqu'on en est à la constitution des groupes politiques, des groupes provinciaux et des grandes commissions permanentes. On attend que le gouvernement dépose son projet de budget à l'Assemblée nationale; la priorité sera donnée à ce dossier. Nous nous attellerons ensuite aux dossiers déposés au bureau du Sénat, dont le dossier Bemba.

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