LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

09 mai 2007

Présidence du Sénat : UN dans la tourmente

98597

Le compte à rebours a commencé pour l’élection du Bureau définitif du Sénat. Deux candidats sortent du lot en ce qui concerne la présidence de la chambre haute du Parlement : Léonard She Okitundu et Léon Kengo wa Dondo. Mathématiquement parlant, l’on peut se permettre de prédire que les jeux sont déjà faits. Le candidat de l’Alliance de la majorité présidentielle part favori. Par ailleurs, aucun candidat sous l’étiquette de l’Union pour la Nation à un quelconque poste du bureau définitif du Sénat. Signe prémonitoire de l’éclatement de cette plate-forme ? La question reste posée.

La campagne électorale pour l’élection des membres du Bureau définitif du Sénat se termine aujourd’hui, 9 mai. 21 candidats se sont alignés aux différents postes. Mais c’est plus la présidence du Sénat qui suscite de nombreux commentaires au regard du rôle constitutionnel dévolu à ce poste. En effet, conformément aux dispositions constitutionnelles, la vacance du Président de la République est assurée par le Président du Sénat. D’où, tout l’intérêt de ce vote et de la personne qui occupera ce poste.

Notons qu’au moment où se clôture la campagne électorale en ce qui concerne l’élection du Bureau définitif du Sénat, trois candidats demeurent en lice pour le fauteuil du président du Sénat. Il s’agit de She Okitundu, ancien Directeur de cabinet du chef de l’Etat et membre de l’AMP ; Léon Kengo wa Dondo, ancien Premier ministre de Mobutu, candidat indépendant et allié de l’Union pour la Nation, et enfin Mgr Marini Bodho, président sortant du Sénat, allié à l’AMP.

A première vue, les candidatures de Mgr Marini ainsi que celles des autres qui se sont manifestées aux postes de Rapporteur, rapporteur adjoint, questeur et questeur adjoint… semblent avoir donné de l’espoir aux candidats indépendants et à l’Opposition. Mais à l’idée de laisser le perchoir à Léon Kengo wa Dondo pousse les membres de l’AMP à resserrer les rangs après avoir reçu des instructions précises de la part de leur chef de file, le président de la République. Il s’agit d’un pari à gagner dans la perspective de s’assurer d’une majorité totale d’autant plus que l’onde d’un échec éventuel au Sénat serait ressentie dans d’autres institutions nationales. Partant, dans les coulisses de l’AMP, point n’est question de trahir les espoirs et les consignes de la plate-forme.

Toutefois, il n’est pas exclu que l’on revive le même scénario de l’Assemblée nationale avec le désistement de Tshiongo Tshibinkubula wa Ntumba face à Vital Kamerhe, tous deux de l’AMP. Le résultat est connu de tous. Fort possible qu’en dernière minute, Mgr Marini qui n’est pas le candidat désigné de l’AMP, se désiste au profit de She Okitundu. A ce sujet bien précis, dans une déclaration à Radio Okapi, le sénateur Thomas Lokondo a tenu à fixer l’opinion pour écarter toute illusion : « La candidature de Léonard She Okitundu a été proposée par la plate-forme et non celle de Mgr Marini Bodho. Mais cette dernière entre dans le cadre de la liberté démocratique instaurée au sein de cette plate-forme politique », a-t-il souligné.

De deux candidats, celui de l’AMP part favori. En effet, le camp présidentiel dispose de plus de 70 sénateurs contre 20 à l’Union pour la Nation, et le reste est composé d’indépendants. Vu sous cet angle, ce sera sans surprise que She Okitundu l’emportera face à Léon Kengo wa Dondo.

L’EFFET DE SURPRISE

Evidemment, l’on ne peut nullement écarter l’effet de surprise. La vie politique en RDC, est pleine de surprises, car fertile en rebondissements, dit-on. D’ailleurs, les premiers éléments d’information font état de « l’argent qui circulerait et que certains sénateurs auraient touché de la part d’un candidat 10.000 dollars chacun ». Si c’était de bonne guerre, chaque camp est capable d’utiliser les mêmes armes de « destruction morale » Cependant, ce qu’il faudra retenir, c’est qu’avec une certaine probité morale des sénateurs de l’AMP, leur fidélité politique, il est difficile de « corrompre » plus de 50 sénateurs de l’AMP.

D’autre part, le candidat Kengo ne peut trop compter sur les sénateurs de l’Equateur à l’idée que l’on a déjà aligné le sénateur Mokolo wa Pombo, candidat vice-président et Pius Issoyongo, candidat questeur. Ou encore aux affinités de la IIè République.

L’effet de surprise, c’est ce fait que devant l’isoloir, l’électeur est capable de trahir les promesses données.

AUCUN CANDIDAT DU MLC ET DE L’ UN

Ceci nous ramène aux dernières déclarations du sénateur Romain Nimy, secrétaire national des réformes au MLC à propos justement de l’élection du président du Sénat : « Vu le climat politique de l’ heure et les tensions qui ont émaillé la vie politique et sociale, nous avons préféré ne pas prêter le flanc à de mauvaises interprétations. En alignant un candidat MLC, on aura tout de suite dit que nous avions un agenda caché. Nous pouvions vouloir du mal au président de la République pour que notre candidat, profitant de cette disposition constitutionnelle puisse le remplacer ». Déclaration faite à Radio Okapi au cours de l’émission « Dialogue entre Congolais ».

Interrogé sur la candidature de Léon Kengo wa Dondo, Romain Nimy a répondu en ces termes : « Léon Kengo wa Dondo s’est présenté en candidat indépendant et non comme candidat de l’UN. Par conséquent, sa candidature n’engage en rien l’UN. Nous pensons que dans ce type d’élection, la dimension personnelle des candidats compte plus que les clivages partisans ».

Mais il s’avère que ni le MLC, ni l’UN n’ont présenté une quelconque candidature à d’autres postes. Seraient-ils convaincus qu’ils ne l’emporteraient pas ? Ou tout simplement que cette plate-forme se trouve dans la tourmente et qu’il ne serait pas étonnant d’assister à son implosion. Le doute s’installe ainsi dans l’opposition prise dans la tourmente et que rien ne pourra empêcher l’AMP de contrôler tout le Bureau définitif du Sénat. En fait, avec l’image d’évoluer en ordre dispersé après la suspension des travaux à l’Assemblée nationale, le fait que l’UN n’ait pas présenté aucun candidat au Bureau du Sénat ne surprend pas.

Ceci dit, le rendez-vous est pris pour ce vendredi 11 mai 2007.

Related Posts with Thumbnails
Posté par Losako à 18:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires sur Présidence du Sénat : UN dans la tourmente

Nouveau commentaire