LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

15 mars 2007

Affaire Kahemba : qui dit la vérité ?

95275Kinshasa et Luanda négocient au sujet du tracé frontalier au niveau de la province Lunda Norte et celle de Bandundu. Apparemment, les pourparlers vont bon train. Tant mieux. Mais il n’empêche que le flou artistique persiste dans ce que l’on appelle désormais «Affaire Kahemba ». Qui dit la vérité ?

Les délégations congolaise et angolaise sont en pourparlers à Kinshasa depuis mardi 13 mars 2007. Au centre des discussions, la situation qui prévaut à la frontière des deux pays, au niveau des provinces de Bandundu, du côté de la Rdc, et Lunda Norte, à partir de l’Angola.

Pommes de discordance : l’occupation par les forces armées angolaises de onze villages dans le territoire de Kahemba pour la partie congolaise; tracé de frontière en ce qui concerne les autorités angolaises. Si l’on tient compte de premières déclarations entre les deux parties, on peut se permettre de dire que le climat est serein et que les responsables de ces deux pays « minimisent » le fait et l’ attribuent à « une incompréhension ».

C’est ici que les choses deviennent intéressantes. Qui est à la base de cette incompréhension ? Les Angolais démentent n’avoir pas occupé une partie du territoire congolais et rejettent toute accusation portant sur le déploiement des forces armées angolaises. Ils s’étonnent de ce que « les différentes déclarations des autorités congolaises ont été faites sans un minimum de discernement, malgré les réunions qui ont eu lieu entre les autorités des deux pays » (sic).

Cependant, dans le discours d’ouverture de cette dernière rencontre, le ministre angolais des Affaires étrangères rappelle ce qui suit : « la réalisation en 1922, le long de la frontière entre les deux pays de 2511 km, de 112 poteaux ou bornes parmi lesquels 34 sont situés à la frontière commune entre les provinces congolaise de Bandundu et angolaise de Lunda Norte. Les forces de police ont été déployées dans le cadre de la réorganisation des frontières angolaises ». S’il faut interpréter diplomatiquement cette déclaration, il y a bel et bien eu un « mouvement des troupes » en cet endroit querellé.

CONFUSION AU MINISTERE DE L’INTERIEUR

Cependant, face à cette déclaration des autorités angolaises rejetant toutekalume_denis occupation d’une portion du territoire congolais, les déclarations congolaises ne confirment pas ce qui a été soutenu jusqu’ici. C’est-à-dire, l’occupation de onze villages par les forces armées cangolaises. Bien plus, les autorités angolaises accusent leurs homologues congolais de faire des déclarations « sans un minimum de discernement, malgré les réunions qui ont eu lieu entre les deux pays ».Un reproche qui égratine visiblement le ministère de l’Intérieur.

Une déclaration qui cache beaucoup de non dits. Comme pour dire que s’il y avait déploiement des troupes angolaises dans cette zone, la partie congolaise ne pouvait l’ignorer. En plus, cette affaire de Kahemba a suscité plusieurs hypothèses : l’infiltration des éléments Flec-Flac, le refoulement des « sans papiers » en Angola, le contrôle du diamant après le départ de l’Unita… et nous en passons.

En fait, ce que l’on aurait souhaité, c’est de voir la partie congolaise confirmer, même à demi-mots, l’occupation du territoire congolaise par les troupes angolaises et l’implantation de leur drapeau au Congo. Mieux, de soutenir la déclaration des Députés du Kwango qui confirment cette occupation pour avoir été sur place. Or, même à demi-mot, on n’a rien entendu dans ce sens, comme si les députés du Kwango ont menti. Bien plus grave, le point de presse tenu hier au ministère de l’Intérieur par les experts de l’Institut géographique envoyés à Kahemba, confirment la thèse angolaise : il n y a pas eu occupation et que la police angolaise se trouverait à plus de 6 km de la frontière. Qui est à la base de cette affaire et qui aurait intérêt à opposer Luanda à Kinshasa ? Le gouvernement Gizenga est invité à répondre à cette interrogation.

UN COUP DUR POUR LES GRANDS LACS

Nous apprécions la volonté exprimée par les présidents congolais et angolais de consolider davantage les relations d’amitié et de coopération entre la Rdc et l’Angola. Nous avons pris bonne note de ce témoignage des deux gouvernements de renforcer davantage les relations entre les deux pays en tenant compte du principe sacré de l’ intangibilité des frontières héritées de la colonisation, avec la mise sur pied d’une commission mixte technique.

Mais c’est comme si le mal était déjà fait. Car, « cette incompréhension » survient 44 jours après la signature du Pacte de sécurité, de stabilité et de développement de la région des Grands Lacs. Or, la RDC et l’Angola sont les pays de champs. Pendant tout le processus de cette initiative de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, la Rdc et l’ Angola se sont montrés des « vrais alliés naturels ». Comment expliquer cette « bourde » juste au moment où se préparait et se tenait à Kinshasa la réunion des Parlementaires de la région des Grands Lacs ? Des éclaircissements s’imposent.

Au demeurant, il ne fait l’ombre d’aucun doute que « cet incident » sera sûrement géré lors de la réunion du Comité régional interministériel de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. La secrétaire exécutive, l’ambassadrice Liberata Mulamula s’y penchera sûrement pour arrêter l’effet de contagion.

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