22 février 2007
Danger de mort: pharmacien
Gizenga finalement investi... Près de trois mois après sa nomination
Antoine Gizenga et ses 60 ministres moins 1 seront investis, aujourd’hui jeudi 22 février à 10 heures précises, par les députés et sénateurs réunis en plénière. Demain vendredi 23, ils vont prêter serment devant le Président de la République. Conséquence, c’est définitivement terminé avec leurs Excellences les Vice-présidents.
RDCongo: une visite du roi des Belges "très peu probable" avant l'été
Une visite en République démocratique du Congo (RDC) du roi des Belges Albert II, qui serait le premier voyage d'un souverain belge dans l'ex-Zaïre depuis 27 ans, est "très peu probable" avant l'été, a-t-on indiqué jeudi dans les milieux gouvernementaux belges.
Ces dernières semaines, la coalition libérale-socialiste du Premier ministre Guy Verhofstadt est apparue divisée sur un projet de visite royale dans l'ancienne colonie belge, initialement envisagée pour la fin mars-début avril.
"Un voyage d'Etat ne doit pas faire l'objet d'une polémique. Guy Verhofstadt a confié au ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht la tâche d'analyser quel serait le moment le plus opportun", a déclaré jeudi à l'AFP le porte-parole du Premier ministre, Didier Seeuws.
M. De Gucht se rendra "dans plusieurs pays d'Afrique centrale" du 9 au 18 avril, a confirmé le ministère des Affaires étrangère.
"Il y aura bien entendu une étape à Kinshasa pour rencontrer les nouvelles autorités congolaises", a précisé un porte-parole, en soulignant que le but de la tournée de M. De Gucht "ne se limiterait pas" à préparer une éventuelle visite royale, pour laquelle aucune invitation officielle n'a d'ailleurs encore été transmise.
De retour en Belgique, le chef de la diplomatie belge informera alors le conseil des ministres, mais il est à présent "très improbable" que la visite d'Albert II ait lieu avant l'été, selon des sources proches du gouvernement belge souhaitant conserver l'anonymat.
"Le roi et Guy Verhofstadt tiennent beaucoup à cette visite", affirme l'une de ces sources. Mais le calendrier électoral --les élections législatives auront lieu en Belgique le 10 juin-- rendent difficile l'organisation d'un déplacement qui serait la première visite royale belge depuis celle du roi Baudouin en 1985.
Le débat sur l'opportunité d'un séjour royal dans un pays qui sort à peine d'une longue guerre civile et d'une difficile transition démocratique n'est pas encore clos au sein du gouvernement Verhofstadt, soulignait jeudi le journal Le Soir.
Les membres francophones du gouvernement, en particulier le ministre de la Coopération, le libéral Armand De Decker, estiment qu'un tel déplacement donnerait un "signal fort" aux Congolais, qu'il les encouragerait à continuer sur la voie de la démocratie.
Les milieux d'affaires belges estiment également que si la Belgique tardait trop à s'investir en RDC, elle se ferait damer le pion, notamment par la Chine ou l'Afrique du Sud.
Au contraire, les socialistes flamands et une partie de la presse néerlandophone estiment que le président Joseph Kabila, élu en 2006, et le gouvernement d'Antoine Gizenga, pas encore investi, n'avaient pas encore fait leurs preuves en matière de "bonne gouvernance" et qu'une visite royale pouvait encore attendre quelques années.
Gizenga : un démarrage difficile
Trop d’événements en quelques semaines en République démocratique du Congo. Violence meurtrière au Bas-Congo avec le phénomène Bundu dia Kongo ; déficit monstrueux en un mois de l’ordre de 26 milliards de Fc ; poursuite des combats aux Kivu faisant plusieurs dizaines de morts avec les éléments des Fdlr. Et depuis le début de cette semaine, les forces armées angolaises occupent plusieurs localités congolaises dans le territoire de Kahemba, province de Bandundu. Autant d’événements qui suscitent des inquiétudes. C’est dire que le Premier ministre Antoine Gizenga risque de connaître un démarrage difficile.
Lundi 19 février 2007, le général Kalume, ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, de la Sécurité et Décentralisation, annonçait à la presse que des Forces armées angolaises avaient envahi certaines localités congolaises dans le territoire de Kahemba, province de Bandundu. Des contacts avaient été établis, faisait-il remarquer, avec les autorités angolaises pour tirer cette situation au clair. Question de ramener le calme entre les deux pays. Une situation qui intervenait juste au moment où les autorités angolaises avaient pris la décision d’expulser les ressortissants congolais, sans ménagement, de l’Angola.
Devant cette situation de violation du territoire national par des troupes armées étrangères, fussent-elles d’un pays ami, sans qu’elles y soient invitées, le ministre sortant des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a convoqué le chargé d’affaires intérimaire de l’Angola pour s’entretenir avec lui de cette situation qualifiée « d’inacceptable » par les autorités congolaises. Il ressort de cet entretien que des localités suivantes seraient occupées par des troupes angolaises : Shayimbwanda, Shayingi, Tshilanoke, Shakadiata, Kambathanda, Shamufuka, Shawano, Kambangundji, Shandala et Tshikalu, dans le territoire de Kahemba. Une note de protestation destinée au gouvernement angolais a été remise au chargé d’Affaires a.i. dans laquelle la partie congolaise exige le retrait immédiat de ces éléments armés de ces localités.
Entre-temps, le ministre de l’Intérieur s’est rendu sur place pour se rendre compte effectivement de la réalité sur le terrain. Mais bien avant cet incident, il y a eu dans la province du Bas-Congo, des incidents meurtriers qui ont provoqué la mort d’une centaine d’hommes, civils et forces de l’ordre. L’on attend les résultats des enquêtes sur ce qui est convenu d’appeler désormais le « phénomène Bundu dia Kongo » en vue d’établir la part de responsabilités.
COMBATS AU KIVU
Presqu’au même moment, des combats sont signalés dans les deux Kivu. Plus particulièrement à Minembwe et Nyakakoma. Si les affrontements de Minembwe opposent les éléments des Fardc à ceux appartenant à l’ex-mouvement rebelle armé, RCD, ceux de Nyakakoma concernent les Fardc contre les rebelles hutus rwandais. Affrontements qui mettent en péril la vie des populations locales et freinent le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du pays.
En effet, toujours au Kivu, aucune solution définitive n’est encore intervenue dans le cas qui concerne particulièrement les éléments de l’ex-général Nkunda et lui-même. Le mixage dont il est question n’est qu’une solution palliative pour autant qu’elle ne peut favoriser le processus intégral de la réforme de l’Armée. Pour preuve, en Ituri, le seigneur de guerre Peter Karim exige également le mixage et non le brassage des éléments de sa milice. Or, un dernier communiqué de l’Etat-Major général des Fardc souligne que le brassage est obligatoire pour tout élément des FARDC. D’où l’obligation faite à l’endroit de ceux qui ne sont pas brassés de rejoindre les lieux de rassemblement pour gagner les centres de brassage. Reste à savoir si l’ordre a été respecté, surtout par des éléments faisant partie de la garde rapprochée des anciens chefs des composantes. Si ces instructions ne sont pas respectées par ceux-là, il y a toujours péril en la demeure.
LE DEFICIT MONSTRUEUX DE 26 MILLIARDS DE FC
Comme si tous ces bruits de botte ne suffisaient pas, voilà qu’il est porté à la connaissance du public le cas d’un déficit monstrueux dans le compte général du Trésor public. En effet, pour les mois de janvier-février, les Finances publiques ont accusé un déficit monstrueux de l’ordre de 26 milliards de Fc. Le non respect de l’orthodoxie financière par l’équipe gouvernementale sortante est à la base de cette situation aux conséquences imprévisibles. Une situation qui met le gouvernement Gizenga dans une situation embarrassante pour autant qu’il aura difficile à élaborer le Budget 2007 sur base des éléments fiables et des données encourageantes.
Au demeurant, tous ces faits ramassés suscitent plusieurs interrogations doublées d’ inquiétudes. Qu’est-ce qui se prépare pour qu’il y ait cette cascade et coïncidence des faits aussi graves ?
Il n’y a plus de doute : la République démocratique du Congo n’est pas encore sortie de l’auberge : elle est en danger. Ces faits confirment bel et bien les inquiétudes exprimées par Crisis Group et Amnesty international sur la réforme de l’Armée, car en cas d’échec, le processus politique en pâtirait et la Rdc serait toujours menacée en continuant à subir les incursions étrangères. Il est révoltant que des forces armées étrangères, sans y être invitées, occupent dix localités comme si elles effectuaient une promenade de santé. Du côté du gouvernement, seul le ministre de l’Intérieur réagit, alors que la population aurait voulu une déclaration officielle du porte-parole du Gouvernement, même assurant les affaires courantes.
Parallèlement, il s’effectue des sorties importantes des sommes d’argent à la Banque centrale du Congo sans que l’on tienne compte de l’état réel des Finances publiques. Une telle insouciance est la caractéristique d’un « vide étatique » qu’il importe de combler rapidement. Il n y a plus qu’une alternative s’il est encore temps d’éviter le pire : investir le gouvernement issu des élections. Les choses ont beaucoup traîné, favorisant justement cette cascade des impondérables susceptibles de mettre le feu à la case.
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RDCongo: 11 tués dans de nouveaux accrochages entre armée et rebelles
Neuf rebelles hutus rwandais et deux soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont été tués mercredi au cours de nouveaux accrochages dans le Nord-Kivu (est), a-t-on appris auprès du commandement militaire de la province.
"Il y a eu des combats ce matin près de Nyamilima (à près de 100 km au nord de Goma, capitale du Nord-Kivu). Nous avons vu neuf cadavres du côté des FDLR (rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda) et il y a deux morts du côté des FARDC", a déclaré à l'AFP le colonel Delphin Kahimbi, commandant en second de la région.
Depuis le 14 février, les accrochages sont quotidiens entre d'une part la brigade Bravo des FARDC, récemment déployée dans le territoire de Rutshuru, au nord de Goma, et d'autre part des miliciens locaux Maï Maï et des rebelles des FDLR, installés dans la région depuis des années.
Mercredi, la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a "regretté" cette "série d'accrochages".
"Plus de 22.000 personnes ont été déplacées suite aux combats qui opposent (...) la brigade Bravo des FARDC et les FDLR, alliés à des groupes Maï Maï", a déclaré Jean-Tobie Okala, porte-parole adjoint de la Monuc, au cours d'un point presse à Kinshasa.
Miliciens et rebelles hutus rwandais sont hostiles au déploiement de la brigade Bravo, constituée d'éléments issus de l'armée régulière et d'ex-soldats insurgés majoritairement tutsis qui répondaient jusqu'en janvier aux ordres du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.
A la suite des combats des derniers jours, "41 éléments des FDLR se sont rendus", a affirmé le colonel Kahimbi, assurant que les FARDC gardaient le contrôle de toutes les localités de la zones, mais que des éléments Maï Maï et FDLR restaient positionnés autour.
Mercredi, le porte-parole des FDLR, joint par l'AFP à Bruxelles, a nié toute implication de son mouvement dans ces combats et appelé à une "enquête internationale" accusant les "éléments de Nkunda" d'être les "auteurs des crimes abominables en cours dans le Nord-Kivu".
"Nous ne déplorons aucun tué pour la bonne raison que ces combats n'ont pas eu lieu. Cela fait très longtemps que nos hommes n'ont pas été engagés dans des combats", a déclaré Anastase Munyandekwe, tout en reconnaissant la présence des FDLR au Nord-Kivu.
Considérés comme l'une des principales menaces pour la stabilité de la région des Grands lacs africains, les rebelles hutus rwandais, basés dans l'est de la RDC depuis plus de 12 ans, sont cependant très affaiblis par des désertions dans leurs rangs et par la perte du soutien qu'ils ont reçu pendant plusieurs années du gouvernement à Kinshasa.
De nombreux éléments des FDLR sont accusés par Kigali d'avoir activement participé au génocide rwandais de 1994 et qui a fait plus de 800.000 tués, essentiellement au sein de la minorité tutsie.
Congo-Kinshasa: Assainissement de l'aéroport international de N'Djili
Denis Kalume s'imprègne du travail des services aéroportuaires
Bientôt, un ouf de soulagement pour les passagers qui débarqueront à l'Aéroport international de N'Djili. En effet, le ministre de l'Intérieur, Décentralisation et Sécurité, Denis Kalume a entrepris hier mercredi 21 février, une visite de travail au sein de différents services de l'aéroport international de N'Djili. Il s'agit, pour le général Denis Kalume, d'assainir cet espace aéroportuaire qui constitue la vitrine même du pays.
L'on se rappellera que, depuis, les tracasseries y règnent en maître absolu. Les passagers nationaux et internationaux se plaignent. Ils sont victimes de tourments de toutes sortes. A qui réellement profite ces désordres et magouilles ? Difficile à dire. Tout ce que l'on sait, ce qu'il existe des services qui opèrent frauduleusement dans cette zone internationale aéroportuaire. Cela, au vu et au su de tous.
Soucieux de cette situation exécrable qui n'honore pas l'image du pays, le ministre Denis Kalume s'est entretenu publiquement pendant plus d'une heure au salon officiel VIP avec les responsables des services publics et entreprises opérant à l'aéroport international de N'Djili. Ce, en vue de trouver des dispositions aux niveaux de l'organisation, des infrastructures les plus élémentaires possibles pouvant permettre la réhabilitation effective de l'aéroport international de N'Djili. Souscrivant aux cinq chantiers du chef de l'Etat, le ministre s'est dit totalement engagé à moderniser les aéroports de la République démocratique du Congo. Il a martelé ces mots.
« L'on doit réformer l'image de notre aéroport international. Nous allons tout mettre en ouvre pour que l'image de la République démocratique du Congo soit véhiculée d'une manière positive. Que les investisseurs viennent. La modernisation des infrastructures aéroportuaires de N'Djili est indispensable », c'est le pari pris par le ministre de l'Intérieur, qui a tour en tour visité les différents services qui opèrent dans cet espace.
Il est vrai que tous les aéroports et pistes dans les provinces sont dans un état de délabrement avancé. A l'aéroport international de N'Djili, la couche de roulement s'est fortement endommagée, conséquence des effets conjugués de tassements de dalles, de leurs fissurations et de la détérioration de la couche de fondation.
Questions directes à Honoré Ngbanda
Spécialiste de renseignements, ancien conseiller spécial du président Mobutu Sese Seko en matière de Sécurité, président de l’Alliance des patriotes pour la refondation du Congo (APARECO), Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba,, commente les derniers rebondissements de l’actualité congolaise.
« L’émergence d’une nouvelle opposition armée paraît inévitable»
Depuis la proclamation de l’élection de Joseph Kabila, l’opposition congolaise paraît tétanisée. Quelle est votre lecture de la « défaite » de Jean-Pierre Bemba ?
Certains parlent de défaite. J’ai tendance à parler de la décomposition de l’opposition. C’est un phénomène qui n’est pas sans rapport avec la qualité de l’élite congolaise tant il est vrai que le « problème congolais » se trouve au niveau des élites.
C’est-à-dire ?
Une anecdote. Un ami congolais, dont je tais le nom, m’a rapporté un entretien qu’il a eu avec le général rwandais James Kabarebe. Les deux hommes sont de vieilles connaissances. « James, dit cet ami, regardes-moi dans les yeux. Le bonhomme que vous avez installé au pouvoir chez nous est-il votre frère ou pas ? Pourquoi le laissez-vous chez nous ? » Le regardant dans les yeux, Kabarebe de répondre : « Le Congo compte 60 millions d’habitants. Pensez-vous que ce bonhomme serait toujours en place si les 60 millions des Congolais ne voulaient plus de lui ? Pourquoi voulez-vous que les Rwandais se mettent à protéger les intérêts des Congolais ?»
Quelle est la morale de l’histoire ?
A l’issue de l’élection des députés provinciaux à Kinshasa, le cartel Union pour la Nation avait la majorité. Comment peut-on expliquer que ces parlementaires qui sont dépositaires de la confiance du peuple aient pu trahir celle-ci en votant en faveur du candidat gouverneur présenté par le camp adverse ? Si aujourd’hui, le « petit Rwanda » arrive à dominer le Congo, le problème se trouve non pas au niveau de la population mais bien du personnel politique. Voilà pourquoi je considère que l’opposition n’existe pas encore dans notre pays. Le combat politique n’est, pour le moment, qu’un positionnement afin d’obtenir une « situation personnelle». Une véritable opposition se bat pour le triomphe des idéaux. Le triomphe des valeurs.
A vous entendre parler, on est tenté de dire que l’argent est devenu la valeur suprême
La politique a cessé d’être un service. Elle est devenue un gagne-pain. C’est tout le drame ! Il y a un autre mal que je tiens à révéler aujourd’hui. L’homme politique africain en général et congolais en particulier a tort de croire qu’il doit se laisser dicter son comportement par l’Occident. J’ai subi une pression inimaginable de la part de certains milieux occidentaux m’imposant de me conformer à une certaine ligne de conduite. « Il n’en est pas question ». Telle a été ma réponse. Que voit-on ? Des personnalités que l’on considérait comme des « monuments politiques » de notre pays sont aujourd’hui sous les pieds de ce « petit garçon » parce que les Occidentaux leur ont dit : « c’est notre choix ». Voilà pourquoi, j’ai conclu qu’il ne sert plus à rien à chercher à mobiliser une grande quantité de gens pour mener le combat. Il faut désormais mettre l’accent sur la qualité et non la quantité de personnes décidées à se sacrifier pour libérer le pays.
Que dites-vous des voix qui s’élèvent de plus en plus pour contester le leadership de Jean-Pierre à la tête de l’opposition ? Il n’est plus rare d’entendre des réflexions du genre : « Bemba est plus un homme d’affaires qu’un chef politique ». Quel est votre commentaire ?
Comme vous le savez, je ne suis pas membre de l’Union pour la Nation. Il m’a été demandé d’y adhérer. Ma réponse a été négative. Je considère que ceux qui avaient adhéré dans ce cartel l’avaient fait dans la perspective de partage du pouvoir. Ceux qui avaient signé l’acte d’adhésion à l’UN ignoraient-ils les défauts et les qualités de JP Bemba ? Ont-ils découvert ces défauts et qualités après avoir reçu l’argent de Kabila ou avant? J’entends certains dire : « Jean-Pierre azali maboko makasi ». (traduction : Jean-Pierre est très pingre).
C’est effectivement un des griefs.
Je m’interroge franchement sur cette mentalité de l’homme politique congolais consistant à subordonner ses attitudes ou positions en fonction des avantages matériels qu’on lui procure.
D’autres reprochent à Bemba un certain « autisme ». Il semble qu’il n’écoute personne. Il ne fait qu’à sa tête, dit-on.
Si ce que vous dites est fondé, c’est un défaut tout à fait blâmable. Aujourd’hui, il est difficile pour un leader de se mouvoir sans être à l’écoute de sa base. Pour être leader, il faut avoir des alliés. Ceux-ci ne doivent pas être assimilés à des employés. Ils sont des partenaires. Même ici en Europe, on reconnaît un leader d’abord par sa capacité de rassembler. Ceux qui sont avec Bemba sont parfaitement en droit de critiquer ces défauts. En revanche, j’ai du mal à accepter des critiques du genre : « il ne donne pas l’argent ». Devrait-on conclure que le personnel politique se rue chez Kabila à cause de l’argent ? Une réponse affirmative mettrait à nu la médiocrité de notre classe politique.
Bemba est également critiqué par l’attitude timorée qu’affiche l’UN face aux persécutions dont sont victimes aussi bien des membres que des sympathisants de l’opposition. C’est le cas notamment de Me Marie-Thérèse Nlandu Mpolo et du pasteur Fernando Kuthino, détenus à Makala. D’aucuns laissent entendre que le chef de file de l’UN aurait dû engager une épreuve de force pour obtenir la libération de ces compatriotes. Qu’en dites-vous ?
Lors de l’arrestation Fernando Kuthino et plus tard de Me Nlandu, j’avais conseillé à Bemba de ne pas céder sur ces deux affaires de peur de s’affaiblir face aux alliés politiques. Dans ma position, je ne peux rien faire pour ces deux compatriotes. J’ai cependant entrepris des démarches au niveau diplomatique. Tous mes interlocuteurs m’ont laissé entendre que des pressions ont été exercées sur Kabila et que les détenus allaient être relâchés après les élections…Rien n’a été fait. Si j’étais Bemba, j’aurais fait de ces arrestations un casus belli. Son inaction a pu décourager beaucoup des gens qui croyaient en lui. Il reste que les alliés de « Jean-Pierre » ne doivent pas déterminer leur comportement en fonction des défauts de celui-ci.
D’aucuns clament que l’opposition vit une descente aux enfers. Est-ce votre avis ?
On assiste plutôt à la descente aux enfers du peuple congolais. Notre jeune démocratie traverse une crise grave. Tout régime démocratique suppose l’existence d’un peuple capable de contrôler le pouvoir qui émane de lui. Que constate-t-on ? Malgré les fraudes massives, il y a eu des provinces où l’opposition était majoritaire. Les élus devaient respecter la volonté populaire. Maintenant avec l’argent du Congo, Joseph Kabila, qui est arrivé au Congo sans un sou en poche, corrompt les élus pour qu’ils se départissent de la mission que le peuple leur a confiée. J’ai ainsi la profonde conviction qu’il n’y aura pas d’opposition dans ce pays. Au moment où le pouvoir utilise l’argent pour corrompre et l’armée pour réprimer, je me demande bien ce qui reste à la population. L’Apareco rentre désormais dans la résistance pour contrer le pouvoir illégal en place. Et ce, conformément à l’article 64 de la Constitution. Ceux qui ont cru – comme Jean-Pierre Bemba – qu’il y aura une « opposition légale » vont se mordre les doigts.
Va-t-on assister à l’émergence d’une nouvelle opposition armée ?
C’est un fait qui me paraît inévitable. Nous nous acheminons lentement mais sûrement vers un mouvement de résistance.
Selon des experts, une telle action nécessite une base de repli…
Je vous répondrai par une question. A partir d’où opéraient les résistants français durant l’occupation allemande ? C’est à partir de la France même. Là où il y a la volonté, il y a la possibilité.
La province du Bas-Congo a été les 31 janvier et 1er février derniers le théâtre des événements sanglants. Bilan : 134 adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo tués lors des affrontements avec des policiers et des militaires. On assiste à un silence assez étrange de la part de la communauté internationale. Il en est de même des médias. Il y a seize ans, on parlait de « massacre » de Lubumbashi . Quelle est votre réaction au regard de ces deux situations?
La question que vous posez constitue le sens même de mon combat. Notre pays est victime et a toujours été victime des manipulations extérieures. Les multinationales et les lobbies politico-financiers occidentaux ont tendance à considérer que, dès lors qu’ils ont fait un choix, la conjoncture nationale et internationale doit se conformer à leur option.
Un exemple ?
Prenons le cas de Lubumbashi, il y a eu une bagarre entre étudiants. Jusqu’ici, il n’y a eu qu’un seul mort. La Belgique a ameuté le monde entier jusqu’à mettre notre pays sous embargo. Cette situation n’a pas peu contribué à la détérioration du processus de démocratisation. Prenons un autre cas. Au mois d’août dernier, des éléments de la garde personnelle de Joseph Kabila ont pilonné la résidence du vice président Jean-Pierre Bemba pendant que celui-ci recevait des ambassadeurs des Etats membres du CIAT. L’attaque a duré six heures. Durant ce laps de temps, l’Occident n’a pipé un mot. La même personne vient de faire canarder, à l’arme lourde, des paisibles citoyens au Bas-Congo. L’histoire ne dit pas que des troupes étrangères ont participé à ces tueries massives. Selon les éléments en ma possession, il y a eu plus de 400 morts. Un millier de familles continue à rechercher des parents disparus depuis ces événements. On le voit, l’Occident se tait chaque fois que Joseph Kabila est mis en cause. La communauté internationale s’emploie à protéger un étranger afin de perpétuer le pillage du sol et du sous-sol de notre pays.
Quelle est, selon vous, la raison profonde du soutien qu’un certain monde occidental apporte à Joseph Kabila ?
La réponse se trouve dans le deuxième document que j’ai publié sous le titre : « L’autopsie de la tragédie congolaise ». Cette raison profonde se résume en une phrase : « L’alliance des vautours ». Dans ce document, j’énumère toutes les firmes internationales qui ont participé au complot, occupent aujourd’hui notre pays et protègent Joseph Kabila. Celui-ci a pour rôle de garantir la pérennité des contrats léonins signés en matière minière. Si l’ennemi du Congo n’était que le « petit Rwanda », le problème serait résolu depuis longtemps. En réalité, nous faisons face à une alliance des vautours composée des personnalités américaines, françaises, canadiennes ayant des intérêts dans ces sociétés étrangères.
Joseph Kabila et le président de l’Assemblée nationale ont décidé d’accorder un moratoire de six mois aux parlementaires titulaires des nationalités étrangères afin de « régulariser » leur situation. Quelle est votre position sur cette question de la nationalité?
Cette affaire démontre qu’il n’existe pas de légalité dans ce pays. Les étrangers sont entrain de manipuler la Constitution au mieux de leurs intérêts juste pour se maintenir au pouvoir. La loi congolaise est sans équivoque lorsqu’elle proclame que la nationalité congolaise ne peut être détenue avec une autre nationalité. Un principe de droit parle d’ailleurs de la cristallisation des faits. Cela veut dire que la faute a été commise lorsque ces personnes avaient introduit leurs candidatures. Alors qu’ils n’avaient pas la qualité de Congolais en ce moment précis. Par conséquent, le vote exprimé est invalide. Inutile de parler de leur mandat qui est également invalide. On assiste à ce chahut simplement parce que l’homme qui est au sommet de l’Etat se trouve dans une situation analogue. Il est contraint de « protéger » les autres. Le Congo est devenu un Etat sans foi ni loi. Voilà pourquoi, un mouvement de résistance doit intervenir pour balayer ce système.
Des citoyens soutiennent néanmoins qu’il faudrait accorder la double nationalité aux seuls Congolais d’origines. L’objectif est de ramener au pays toute l’expertise qui traîne à l’extérieur. Quelle est votre analyse ?
Dans mon ouvrage « Crimes organisés en Afrique centrale », j’ai écrit qu’il est important que les législateurs accordent le bénéfice de la double nationalité aux Congolais. In fine, c’est le pays qui en bénéficiera. Mais avant d’en arriver là, les pouvoirs publics doivent recenser la population afin d’identifier tous les citoyens congolais. Il s’agit de partir sur des bases saines. Je crois que les Congolais d’origine peuvent prétendre à la double nationalité. Cette faculté peut être également accordée aux étrangers naturalisés. Les Congolais par naturalisation pourront garder leur citoyenneté d’origine. Le seulement hic se situe au niveau de l’administration publique congolaise. La future législation devrait – comme c’est le cas dans d’autres nations – interdire l’accès de certaines fonctions publiques aux personnes n’étant pas Congolaises de naissance.
La composition du gouvernement du Premier ministre Gizenga est connue. Il y a désormais un vice-ministre chargé des Congolais de l’étranger…
Si le ridicule pouvait tuer, les autorités de Kinshasa seraient déjà mortes. Quand il s’est agi des élections, il a été décrété que les Congolais de l’étranger ne peuvent pas voter. Après la mascarade électorale, on se souvient de l’existence des Congolais de la diaspora. Les missions diplomatiques ne sont-elles pas mieux placées pour continuer à gérer les concitoyens vivants dans les pays d’accueil?
D’aucuns rétorqueront que le Burkina Faso, le Mali et Sénégal ont créé ce genre de ministère …
Ces pays ont mis en place des structures qui organisent leurs ressortissants qui résident à l’étranger. Quelle est la structure qui encadre les Congolais de l’étranger ? Au moment où le Congo n’existe plus en tant qu’Etat, était-ce vraiment une priorité de créer ce vice-ministère alors que les Congolais de l’étranger ont un niveau de vie plutôt meilleur par rapport à leurs compatriotes restés au pays ? En vérité, les Congolais de l’extérieur ne sont confrontés qu’à un seul problème politique : la libération de leur pays de l’occupation étrangère. J’ai la conviction que ce ministère a été créé uniquement parce que le pouvoir s’est rendu compte que le message du « réveil » a pénétré les Congolais de l’extérieur.
La vice-ministre désignée suscite une certaine controverse. Certains allèguent qu’elle serait proche des « services » et de l’ancien patron de l’ANR Didier Kazadi Nyembwe. Qu’en savez-vous ?
Sur le plan de la moralité, la personne désignée à ce poste – que je connais très bien - n’est pas l’individu le mieux indiqué pour accomplir cette mission.
Confirmez-vous, comme on entend dire, que cette vice-ministre serait proche des « services spéciaux » ?
Je confirme tout ce qui précède. Je confirme également qu’elle est très proche de Kabila personnellement. A Kinshasa, on croit à tort que cette personne va user de son charme et de l’argent pour démobiliser les Congolais de l’étranger.
Un document de l’Apareco circule actuellement sur le « Net ». Le document présente Joseph Kabila comme un « infiltré », un « agent » du régime de Kigali. Pouvez-vous en dire plus ?
Dans ce document, je dis que Joseph Kabila n’est pas seulement un « infiltré » mais surtout un « agent double ». Joseph Kabila a été introduit dans notre armée par James Kabarebe, alors colonel de l’armée rwandaise. C’est Kabarebe qui l’avait imposé à Laurent-Désiré Kabila. En 1997-1998, James Kabarebe s’était lui-même imposé à la tête de l’armée congolaise en se présentant comme citoyen congolais. Agent infiltré, Joseph a fait éliminer le commandant Anselme Masasu et les généraux Mulimbi, Bekajua et Ngwala. Il a été aidé par Kabarebe qui lui envoyait, depuis Kigali, des documents accusant ces officiers d’être de mèche avec le régime rwandais. Un crime impardonnable. Impulsif, LD Kabila faisait confiance à son fils adoptif. Aussi, ordonnait-il la liquidation des officiers faussement accusés de félonie. Voilà comment Joseph Kabila a créé le vide autour de Kabila père en éliminant ces vaillants officiers jusqu’à s’emparer du pouvoir.
Que dites-vous à ceux qui vous traitent de « manipulateur » voire de « menteur » lorsque vous administrez ce genre d’information sur Joseph Kabila ? Comment expliquez-vous ce refus de quête de la vérité ?
Le peuple congolais connaît aujourd’hui la vérité. Le peuple congolais accepte désormais notre discours. Ceux qui nous traitent de tous les noms sont en fait des agents qui ont reçu de l’argent du pouvoir rwandais. Il s’agit généralement d’individus qui tirent profit de leur proximité avec le pouvoir à travers un ami ou un parent. C’est le premier problème qui affecte notre peuple. Le deuxième problème est l’absence d’éveil de conscience au niveau de la masse. Un exemple. Les Guinéens de France sont allés nombreux à Cannes manifester leur colère suite à la mort d’une centaine de manifestants tués par le régime de Lansana Conté. Au Bas-Congo, il y a eu 400 morts parmi les adeptes de Bundu dia Kongo. Je n’ai pas vu un seul Congolais battre les pavés lors du sommet France-Afrique.
A propos du sommet France-Afrique de Cannes, Joseph Kabila s’est fait représenté par le président de l’Assemblée nationale. Un commentaire ?
J’ai relevé à ce sujet deux faits. Plusieurs chefs d’Etat étaient absents. C’est le cas notamment des présidents Thabo Mbeki et Laurent Gbagbo. La presse française a cité les chefs d’Etat africains. Personne n’a fait état de la non-venue de Kabila. La preuve est ainsi donnée que l’homme qui se trouve à la tête du Congo ne pèse guère sur l’échiquier international. Voilà un chef d’Etat qui vient d’être soi-disant élu, grâce à une majorité factice, qui s’autorise à sécher des rencontres de si haut niveau. Il y a peu, c’était le 8è sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Maintenant c’est le sommet France-Afrique, alors que la RD Congo est le deuxième pays francophone du monde après la France.
Selon le conseiller politique à la présidence, Kabila avait des dossiers importants à traiter au pays…
De quels dossiers s’agit-il ? Il y a eu massacre au Bas-Congo. Sous d’autres cieux, le chef de l’Etat se serait non seulement rendu sur le lieu mais aurait trouvé des mots pour s’adresser à la nation. Kabila n’a fait ni l’un ni l’autre. Le chef d’Etat a été élu pour représenter la nation. Kabila a été absent dans deux grands forums internationaux. C’est un signe avant-coureur de ce qui va suivre par la suite.
Quand comptez-vous rentrer au pays ?
J’ai toujours considéré que ma présence à Kinshasa n’est pas une priorité. La priorité, c’est le combat que je mène. J’estime que les conditions ne sont pas réunies pour poursuivre la lutte que je mène à l’intérieur de mon pays. Plusieurs missions s’organisent pour venir m’éliminer à l’extérieur. Ces missions sont diligentées tant par Kigali que Kinshasa. A l’extérieur, je suis mieux protégé pour mener mon combat. Faudrait-il que j’aille à Kinshasa pour subir le sort réservé à Fernando Kuthino ou à Marie-Thérèse Nlandu ? Je peux cependant vous dire que mon arrivée dans la capitale coïncidera avec la chute du pouvoir en place.
Qu’est devenue votre initiative de rassembler les ex-Faz en exil?
L’heure n’est plus à rassembler les militaires en exil. La priorité aujourd’hui se résume à la conscientisation des militaires qui vivent au pays. Ces soldats ont compris qu’ils sont les dindons de la farce. Ils ont compris maintenant que le « petit garçon » qui est à la tête du Congo ne permettra jamais la reconstitution d’une véritable armée nationale. Les militaires ont compris que le pouvoir utilise les étrangers avec les uniformes de l’armée nationale pour tuer les enfants du pays. Comme je l’ai dit précédemment, nous entrons maintenant dans la résistance pour renverser ce pouvoir inique.
L’armée angolaise occupe le territoire de Kahemba
Les plus hautes autorités congolaises affichent une attitude ambiguë sur cette affaire qui date du mois de janvier.
Congoindependant.com l’avait annoncé dans son édito intitulé « le Congo-Kinshasa, le Rwanda et l’Angola ». Les autorités de Kinshasa viennent donc de découvrir ce que tous les commerçants en provenance de la localité diamantifère de Kahemba savaient depuis un mois. A savoir que, plusieurs centaines de soldats de l’armée régulière angolaise occupent une portion de la province de Bandundu plus précisément du territoire de Kahemba. Depuis un mois, les fonctionnaires de plusieurs organismes publics s’étaient repliés – c’est un euphémisme - vers Kinshasa. C’est le cas notamment des agents de l’Agence nationale des renseignements et de ceux de l’Immigration (DGM). Ces deux services publics sont placés sous la tutelle du ministre de l’Intérieur. En réalité, ils dépendent directement du cabinet de Joseph Kabila. Selon des voyageurs en provenance de cette contrée, des soldats angolais ont été aperçus à plus de 15 kms à l’intérieur du territoire congolais. Le ministre de l’Intérieur, à la Décentralisation et à la Sécurité, le général Denis Kalume Numbi, devait se rendre mardi 20 février à Kahemba, où la situation est jugée « très préoccupante ». Ouf ! Quelle perspicacité ? La veille, une réunion a regroupé, lundi autour du ministre, les gouverneurs sortant et entrant de la province de Bandundu ainsi que les différents responsables des services de sécurité du pays. Parlant sous couvert de l’anonymat, une source proche du ministère de l’Intérieur indique qu’une compagnie de l’armée angolaise aurait investi quelques localités congolaises frontalières de l’Angola. L’information a naturellement été démentie par les autorités angolaises, remarque la même source. Interrogé par l’AFP, le ministre Kalume a minimisé l’« incident ». Selon lui, cette incursion est « probablement le fait d’une initiative personnelle d’un petit commandant local (…) sans l’aval de ses chefs ». Inimaginable ! Et d’ajouter : « Nous avons pris contact avec nos « amis angolais », pour régler rapidement et à l’amiable cette situation, compte tenu des rapports amicaux entre nos deux pays ». Quel aveu d’impuissance ? De quels rapports amicaux parle ce ministre ? Notons que des officiers angolais se trouvent depuis 2005 à la Base de Kitona où ils participent actuellement à la formation des policiers anti-émeutes congolais aux côtés des instructeurs sud africains notamment. L’armée angolaise s’occupe également de la formation d’une brigade « brassée » des Forces armées de la RD Congo dont des commandos. A titre anecdotique, signalons que Joseph Kabila entretient d’excellentes relations personnelles avec l’homme fort de Luanda, José Edouardo dos Santos. Les deux dirigeants sont donc des alliés. Il reste que cette « alliance » n’a jamais empêché les autorités angolaises d’expulser périodiquement les Congolais séjournant en Angola. La dernière expulsion a eu lieu début février. Elle concernait 3.400 ressortissants congolais accusés d’y « travailler illégalement ». A Kinshasa, c’est le mutisme plat. Des observateurs attendent en vain de voir le nouveau patron de la diplomatie congolaise convoquer l’ambassadeur angolais afin d’obtenir des explications sur cet acte autant inamical qu’assimilable à une agression. Une question demeure pour le moment sans réponse : Que veut l’Angola ?


