LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

22 février 2007

Questions directes à Honoré Ngbanda

Spécialiste de renseignements, ancien conseiller spécial du président Mobutu Sese Seko en matière de Sécurité, président de l’Alliance des patriotes pour la refondation du Congo (APARECO), Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba,, commente les derniers rebondissements de l’actualité congolaise.

« L’émergence d’une nouvelle opposition armée paraît inévitable»

Depuis la proclamation de l’élection de Joseph Kabila, l’opposition congolaise paraît tétanisée. Quelle est votre lecture de  la « défaite » de Jean-Pierre Bemba ?

Certains parlent de défaite. J’ai tendance à parler de la décomposition de l’opposition. C’est un phénomène qui n’est pas sans rapport avec la qualité de l’élite congolaise tant il est vrai que le « problème congolais » se trouve au niveau des élites.

C’est-à-dire ?

Une anecdote. Un ami congolais, dont je tais le nom,  m’a rapporté un entretien qu’il a eu avec  le général rwandais James Kabarebe. Les deux hommes sont de vieilles connaissances. « James, dit cet ami, regardes-moi dans les yeux. Le bonhomme que vous avez installé au pouvoir chez nous est-il votre frère ou pas ? Pourquoi le laissez-vous chez nous ? » Le regardant dans les yeux, Kabarebe de répondre : « Le Congo compte 60 millions d’habitants. Pensez-vous que ce bonhomme serait toujours en place si les 60 millions des Congolais  ne voulaient plus de lui ? Pourquoi voulez-vous que les Rwandais se mettent à protéger les intérêts des Congolais

Quelle est la morale de l’histoire ?

A l’issue de l’élection des députés provinciaux à Kinshasa, le cartel Union pour la Nation avait la majorité. Comment peut-on expliquer que ces parlementaires qui sont dépositaires de la confiance du peuple aient pu trahir celle-ci en votant en faveur du candidat gouverneur présenté par  le camp adverse ? Si aujourd’hui, le « petit Rwanda » arrive à dominer le Congo, le problème se trouve non pas au niveau de la population mais bien du personnel politique. Voilà pourquoi je considère que l’opposition n’existe pas encore dans notre pays. Le combat politique n’est, pour le moment, qu’un positionnement afin d’obtenir une « situation personnelle». Une véritable opposition se bat pour le triomphe des idéaux. Le triomphe des valeurs.    

A vous entendre parler, on est tenté de dire que l’argent est devenu la valeur suprême

La politique a cessé d’être un service. Elle est devenue un gagne-pain. C’est tout le drame ! Il y a un autre mal que je tiens à révéler aujourd’hui. L’homme politique africain en général et congolais en particulier a tort de croire qu’il doit se laisser dicter son comportement par l’Occident. J’ai subi une pression inimaginable de la part de certains milieux occidentaux m’imposant de me conformer à une certaine ligne de conduite. « Il n’en est pas question ». Telle a été ma réponse. Que voit-on ? Des personnalités que l’on considérait comme des « monuments politiques » de notre pays sont aujourd’hui sous les pieds de ce « petit garçon » parce que les Occidentaux leur ont dit : « c’est notre choix ». Voilà pourquoi, j’ai conclu qu’il ne sert plus à rien à chercher à mobiliser une grande quantité de gens pour mener le combat. Il faut désormais mettre l’accent sur la qualité et non la quantité de personnes décidées à se sacrifier  pour libérer le pays.

Que dites-vous des voix qui s’élèvent de plus en plus pour contester le leadership de Jean-Pierre à la tête de l’opposition ? Il n’est  plus rare d’entendre des réflexions du genre : « Bemba  est plus un homme d’affaires qu’un chef politique ». Quel est votre commentaire ?

Comme vous le savez, je ne suis pas membre de l’Union pour la Nation. Il m’a été demandé d’y adhérer. Ma réponse a été négative. Je considère que ceux qui avaient adhéré dans ce cartel l’avaient fait dans la perspective de partage du pouvoir. Ceux qui avaient signé l’acte d’adhésion à l’UN ignoraient-ils les défauts et les qualités de JP Bemba ? Ont-ils découvert ces défauts et qualités après avoir reçu l’argent de Kabila ou avant? J’entends certains dire : « Jean-Pierre azali maboko makasi ». (traduction : Jean-Pierre est très pingre).

C’est  effectivement un des griefs.

Je m’interroge franchement sur cette mentalité de l’homme politique congolais consistant à   subordonner ses attitudes ou positions en fonction des avantages matériels qu’on lui procure.

D’autres reprochent à Bemba un certain « autisme ». Il  semble qu’il n’écoute personne. Il ne fait qu’à sa tête, dit-on.

Si ce que vous dites est fondé, c’est un défaut tout à fait blâmable. Aujourd’hui, il est difficile pour un leader de se mouvoir sans être à l’écoute de sa base. Pour être leader, il faut avoir des alliés. Ceux-ci ne doivent pas être assimilés à des employés. Ils sont des partenaires. Même ici en Europe, on reconnaît un leader d’abord par sa capacité de rassembler. Ceux qui sont  avec Bemba sont parfaitement en droit de critiquer ces défauts. En revanche, j’ai du mal à accepter des critiques du genre : « il ne donne pas l’argent ». Devrait-on conclure que le personnel politique  se rue chez Kabila à cause de l’argent ? Une réponse affirmative mettrait à nu la médiocrité de notre classe politique.

Bemba est également critiqué par l’attitude timorée qu’affiche l’UN face aux persécutions dont sont victimes aussi bien des membres que des sympathisants de l’opposition. C’est le cas notamment de Me Marie-Thérèse Nlandu Mpolo et du pasteur Fernando Kuthino, détenus à Makala. D’aucuns laissent entendre que le chef de file de l’UN aurait dû engager une épreuve de force  pour obtenir la libération de ces compatriotes. Qu’en dites-vous ?

Lors de l’arrestation Fernando Kuthino et plus tard de Me Nlandu, j’avais conseillé à Bemba de ne pas céder sur ces deux affaires de peur de s’affaiblir face aux alliés politiques. Dans ma position, je ne peux rien faire pour ces deux compatriotes. J’ai cependant entrepris des démarches au niveau diplomatique. Tous mes interlocuteurs m’ont laissé entendre que des pressions ont été exercées sur Kabila et que les détenus allaient être relâchés après les élections…Rien n’a été fait. Si j’étais Bemba, j’aurais fait de ces arrestations un casus belli. Son inaction a pu décourager beaucoup des gens qui croyaient en lui. Il reste que les alliés de « Jean-Pierre » ne doivent pas déterminer leur comportement en fonction des défauts de celui-ci.

D’aucuns clament que l’opposition vit une descente aux enfers. Est-ce votre avis ?

On assiste plutôt à la descente aux enfers du peuple congolais. Notre jeune démocratie traverse une crise grave. Tout régime démocratique suppose l’existence d’un peuple capable de contrôler le pouvoir qui émane de lui. Que constate-t-on ? Malgré les fraudes massives, il y a eu des provinces où l’opposition était majoritaire. Les élus devaient respecter la volonté populaire. Maintenant avec l’argent du Congo, Joseph Kabila, qui est arrivé au Congo sans un sou en poche, corrompt les élus pour qu’ils se départissent de la mission que le peuple leur a confiée. J’ai ainsi la profonde conviction qu’il n’y aura pas d’opposition dans ce pays. Au moment où le pouvoir utilise l’argent pour corrompre et l’armée pour réprimer, je me demande bien ce qui reste à la population. L’Apareco rentre désormais dans la résistance pour contrer le pouvoir illégal en place. Et ce, conformément à l’article 64 de la Constitution. Ceux qui ont cru – comme Jean-Pierre Bemba – qu’il y aura une « opposition légale » vont se mordre les doigts.

Va-t-on assister à l’émergence d’une nouvelle opposition armée ?   

C’est un fait qui me paraît inévitable. Nous nous acheminons lentement mais sûrement vers un mouvement de résistance.

Selon des experts, une telle action nécessite une base de repli…

Je vous répondrai par une question. A partir d’où opéraient les résistants français durant l’occupation allemande ? C’est à partir de la France même. Là où il y a la volonté, il y a la possibilité.

La province du Bas-Congo a été les 31 janvier et 1er février derniers le théâtre des événements sanglants. Bilan : 134 adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo tués lors des affrontements avec des policiers et des militaires.  On assiste à un silence assez étrange de la part de la communauté internationale. Il en est de même des médias. Il y a seize ans, on parlait de « massacre » de Lubumbashi . Quelle est votre réaction au regard de ces deux situations?

La question que vous posez constitue le sens même de mon combat. Notre pays est victime et a toujours été victime des manipulations extérieures. Les multinationales et les lobbies politico-financiers occidentaux ont tendance à considérer que, dès lors qu’ils ont fait un choix,  la conjoncture nationale et internationale doit se conformer à leur option.

Un exemple ?

Prenons le cas de Lubumbashi, il y a eu une bagarre entre étudiants. Jusqu’ici, il n’y a eu qu’un seul mort. La Belgique a ameuté le monde entier jusqu’à mettre notre pays sous embargo. Cette situation n’a pas peu contribué à la détérioration du processus de démocratisation. Prenons un autre cas. Au mois d’août dernier, des éléments de la garde personnelle de Joseph Kabila ont pilonné la résidence du vice président  Jean-Pierre Bemba pendant que celui-ci recevait des ambassadeurs des Etats membres du CIAT. L’attaque a duré six heures. Durant ce laps de temps, l’Occident n’a pipé un mot. La même personne vient de faire canarder, à l’arme lourde,  des paisibles citoyens au Bas-Congo. L’histoire ne dit pas que des troupes étrangères ont participé à ces tueries massives. Selon les éléments en ma possession, il y a eu plus de 400 morts. Un millier de familles continue à rechercher des parents disparus depuis ces événements. On le voit, l’Occident se tait chaque fois  que Joseph Kabila est mis en cause. La communauté internationale s’emploie à protéger un étranger afin de perpétuer le pillage du sol et du sous-sol de notre pays. 

Quelle est, selon vous, la raison profonde du soutien qu’un certain monde occidental apporte à Joseph Kabila ?

La réponse se trouve dans le deuxième document que j’ai publié sous le titre : « L’autopsie de la tragédie congolaise ». Cette raison profonde se résume en une phrase : « L’alliance des vautours ». Dans ce document, j’énumère toutes les firmes internationales qui ont participé au complot, occupent aujourd’hui notre pays et protègent Joseph Kabila. Celui-ci a pour rôle de garantir la pérennité des contrats léonins signés en matière minière. Si l’ennemi du Congo n’était que le « petit Rwanda », le problème serait résolu depuis longtemps. En réalité, nous faisons face à une alliance des vautours composée des personnalités américaines, françaises, canadiennes ayant des intérêts dans ces sociétés étrangères.

Joseph Kabila et le président de l’Assemblée nationale ont décidé d’accorder un moratoire de six mois aux parlementaires titulaires des nationalités étrangères afin de « régulariser » leur situation. Quelle est votre position sur cette question de la nationalité?

Cette affaire démontre qu’il n’existe pas de légalité dans ce pays. Les étrangers sont entrain de manipuler la Constitution au mieux de leurs intérêts juste pour se maintenir au pouvoir. La loi congolaise est sans équivoque lorsqu’elle proclame que la nationalité congolaise ne peut être détenue avec une autre nationalité. Un principe de droit parle d’ailleurs de la cristallisation des faits. Cela veut dire que la faute a été commise lorsque ces personnes avaient introduit leurs candidatures. Alors qu’ils n’avaient pas la qualité de Congolais en ce moment précis. Par conséquent, le vote exprimé est invalide. Inutile de parler de leur mandat qui est également invalide. On assiste à ce chahut simplement parce que l’homme qui est au sommet de l’Etat se trouve dans une situation analogue. Il  est contraint de « protéger » les autres. Le Congo est devenu un Etat sans foi ni loi. Voilà pourquoi, un mouvement de résistance doit intervenir pour balayer ce système.

Des citoyens soutiennent néanmoins qu’il faudrait accorder la double nationalité aux seuls Congolais d’origines. L’objectif  est de ramener au pays toute l’expertise qui traîne à l’extérieur. Quelle est votre analyse ?

Dans mon ouvrage « Crimes organisés en Afrique centrale », j’ai écrit qu’il est important que les législateurs  accordent le bénéfice de la double nationalité aux Congolais. In fine, c’est le pays qui en bénéficiera. Mais avant d’en arriver là, les pouvoirs publics doivent recenser la population afin d’identifier tous les citoyens congolais. Il s’agit de partir sur des bases saines. Je crois que les Congolais d’origine peuvent prétendre à la double nationalité. Cette faculté peut être également accordée aux étrangers naturalisés. Les Congolais par naturalisation pourront garder leur citoyenneté d’origine. Le seulement hic se situe au niveau de l’administration publique congolaise. La future législation devrait – comme c’est le cas dans d’autres nations – interdire l’accès de certaines fonctions publiques aux personnes n’étant pas Congolaises de naissance. 

La composition du gouvernement du Premier ministre Gizenga est connue. Il y a désormais un vice-ministre chargé des Congolais de l’étranger…

Si le ridicule pouvait tuer, les autorités de Kinshasa seraient déjà mortes. Quand il s’est agi des élections, il a été décrété que les Congolais de l’étranger ne peuvent pas voter. Après la mascarade électorale, on se souvient de l’existence des Congolais de la diaspora. Les missions diplomatiques ne sont-elles pas mieux placées pour continuer à gérer les concitoyens vivants dans les pays d’accueil?

D’aucuns rétorqueront  que le Burkina Faso, le Mali et Sénégal ont créé ce genre de ministère …

Ces pays ont mis en place des structures qui organisent leurs ressortissants qui résident à l’étranger. Quelle est la structure qui encadre les Congolais de l’étranger ? Au moment où le Congo n’existe plus en tant qu’Etat, était-ce vraiment une priorité de créer ce vice-ministère alors que les Congolais de l’étranger ont un niveau de vie plutôt meilleur par rapport à leurs compatriotes restés au pays  ? En vérité, les Congolais de l’extérieur ne sont confrontés qu’à un seul problème politique : la libération de leur pays de l’occupation étrangère. J’ai la conviction que ce ministère a été créé uniquement parce que le pouvoir s’est rendu compte que le message du « réveil » a pénétré les Congolais de l’extérieur.          

La vice-ministre désignée suscite une certaine controverse. Certains allèguent qu’elle serait proche des « services » et de l’ancien patron de l’ANR  Didier Kazadi Nyembwe. Qu’en savez-vous ?

Sur le plan de la moralité, la personne désignée à ce poste – que je connais très bien - n’est pas l’individu le mieux indiqué pour accomplir cette mission.

Confirmez-vous, comme on entend dire, que cette vice-ministre serait  proche des « services spéciaux » ?

Je confirme tout ce qui précède. Je confirme également qu’elle est très proche de Kabila personnellement. A Kinshasa, on croit à tort que cette personne va user de son charme et de l’argent  pour démobiliser les Congolais de l’étranger.

Un document de l’Apareco circule actuellement sur le « Net ». Le document présente Joseph Kabila comme un « infiltré », un « agent » du régime de Kigali. Pouvez-vous en dire plus ?

Dans ce document, je dis que Joseph Kabila n’est pas seulement un « infiltré » mais surtout un « agent double ». Joseph Kabila a été introduit dans notre armée par  James Kabarebe, alors colonel de l’armée rwandaise. C’est Kabarebe qui l’avait imposé à Laurent-Désiré Kabila. En 1997-1998, James Kabarebe s’était lui-même imposé à la tête de l’armée congolaise en se présentant comme citoyen congolais. Agent infiltré, Joseph a fait éliminer le commandant Anselme Masasu et les généraux Mulimbi, Bekajua et Ngwala. Il a été aidé par Kabarebe qui lui envoyait, depuis Kigali, des documents accusant ces officiers d’être de mèche avec le régime rwandais. Un crime impardonnable. Impulsif, LD Kabila faisait confiance à son fils adoptif. Aussi, ordonnait-il la liquidation des officiers faussement accusés de félonie. Voilà comment Joseph Kabila a créé le vide autour de Kabila père en éliminant ces vaillants officiers jusqu’à s’emparer du pouvoir.   

Que dites-vous à ceux qui vous traitent de « manipulateur » voire de « menteur » lorsque vous administrez ce genre d’information sur Joseph Kabila ? Comment expliquez-vous ce refus de quête de la vérité ?

Le peuple congolais connaît aujourd’hui la vérité. Le peuple congolais accepte désormais notre discours. Ceux qui nous traitent de tous les noms sont en fait des agents qui ont reçu de l’argent du pouvoir rwandais. Il s’agit généralement d’individus qui tirent profit de leur proximité avec le pouvoir à travers un ami ou un parent. C’est le premier problème qui affecte notre peuple. Le deuxième problème est l’absence d’éveil de conscience au niveau de la masse. Un exemple. Les Guinéens de France sont allés nombreux à Cannes manifester leur colère suite à la mort d’une centaine de manifestants tués par le régime de Lansana Conté. Au Bas-Congo, il y a eu 400 morts parmi les adeptes de Bundu dia Kongo. Je n’ai pas vu un seul Congolais battre les pavés lors du sommet France-Afrique. 

A propos du sommet France-Afrique de Cannes, Joseph Kabila s’est fait représenté par le président de l’Assemblée nationale. Un commentaire ?

J’ai relevé à ce sujet deux faits. Plusieurs chefs d’Etat étaient absents. C’est le cas notamment des présidents Thabo Mbeki et Laurent Gbagbo. La presse française a cité les chefs d’Etat africains. Personne n’a fait état de la non-venue de Kabila. La preuve est ainsi donnée que l’homme qui se trouve à la tête du Congo ne pèse guère sur l’échiquier international. Voilà un chef d’Etat qui vient d’être soi-disant élu, grâce à une majorité factice, qui s’autorise à sécher des rencontres de si haut niveau. Il y a peu, c’était le 8è sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Maintenant c’est le sommet France-Afrique, alors que la RD Congo est le deuxième pays francophone du monde après la France.

Selon le conseiller politique à la présidence, Kabila avait des dossiers importants à traiter au pays…   

De quels dossiers s’agit-il ? Il y a eu massacre au Bas-Congo. Sous d’autres cieux, le chef de l’Etat se serait non seulement rendu sur le lieu mais aurait trouvé des mots pour s’adresser à la nation. Kabila n’a fait ni l’un ni l’autre. Le chef d’Etat a été élu pour représenter la nation. Kabila a été absent dans deux grands forums internationaux. C’est un signe avant-coureur de ce qui va suivre par la suite.

Quand comptez-vous rentrer au pays ?

J’ai toujours considéré que ma présence à Kinshasa n’est pas une priorité. La priorité, c’est le combat que je mène. J’estime que les conditions ne sont pas réunies pour poursuivre la lutte que je mène à l’intérieur de mon pays. Plusieurs missions s’organisent pour venir m’éliminer à l’extérieur. Ces missions sont diligentées tant par Kigali que Kinshasa. A l’extérieur, je suis mieux protégé pour mener mon combat. Faudrait-il que j’aille à Kinshasa pour subir le sort réservé à Fernando Kuthino ou à Marie-Thérèse Nlandu ? Je peux cependant vous dire que mon arrivée dans la capitale coïncidera avec la chute du pouvoir en place.

Qu’est devenue votre initiative de rassembler les ex-Faz en exil?

L’heure n’est plus à rassembler les militaires en exil. La priorité aujourd’hui se résume à la conscientisation des militaires qui vivent au pays. Ces soldats ont compris qu’ils sont les dindons de la farce. Ils ont compris maintenant que le « petit garçon » qui est à la tête du Congo ne permettra jamais la reconstitution d’une véritable armée nationale. Les militaires ont compris que le pouvoir utilise les étrangers avec les uniformes de l’armée nationale pour tuer les enfants du pays. Comme je l’ai dit précédemment, nous entrons maintenant dans la résistance  pour renverser ce pouvoir inique.

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