LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

18 février 2007

Un ministre invisible...

Un ministre introuvable, prétendu démissionnaire au lendemain de sa nomination, des homonymes en embuscade: le nouveau gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) est fort embarrassé par ce que la presse appelle "l'affaire du fantôme". Depuis sa nomination le 5 février comme ministre du Commerce extérieur, Kasongo Ilunga est introuvable.

Choisi sur une liste présentée par son parti, l'Union des nationalistes fédéralistes du Congo (Unafec) d'Honorius Kisimba Ngoy, allié au camp du président Joseph Kabila, il ne s'est rendu à aucune des réunions informelles du gouvernement et personne ne l'a jamais vu.

"Il y avait deux noms sur cette liste, celui de Kisimba Ngoy et l'autre. Nous avons choisi le second. Nous ne l'avons jamais rencontré, mais faisons confiance aux responsables des partis avec qui nous avons eu des consultations pour former le gouvernement", avait déclaré à l'AFP un proche du Premier ministre Antoine Gizenga. Dès le lendemain de cette nomination, M. Kisimba Ngoy avait envoyé une lettre au Premier ministre pour l'informer de la démission de Kasongo Ilunga, pour raisons personnelles.

De leur côté, plusieurs cadres de l'Unafec, à Kinshasa comme en province, déclaraient à l'AFP n'avoir jamais vu Kasongo Ilunga et ne rien savoir de ses activités actuelles ou passées. Plusieurs personnalités politiques, s'exprimant sous couvert d'anonymat, suspectent M. Kisimba d'avoir transmis le nom d'un "total inconnu" ou même d'un "fantôme", pensant ainsi être à coup sûr nommé au sein du gouvernement.

Le patron de l'Unafec maintient avoir reçu et transmis un courrier du ministre désigné l'informant de sa volonté de démissionner, mais n'a pas été en mesure de communiquer à la presse les coordonnées de l'intéressé.

A la primature, l'affaire est prise au sérieux. "Nous avons adressé un courrier au président de l'Unafec pour lui rappeler, entre autres, qu'il revient au ministre lui-même de présenter sa démission et non à son parti. Nous attendons sa réponse", a déclaré jeudi soir à l'AFP Godefroid Mayobo, porte-parole du Premier ministre.

Tandis que le quotidien l'Observateur appelle à lancer "un avis de recherche" pour retrouver le "fantôme de l'Unafec", deux Kasongo Ilunga ont surgi jeudi de l'inconnu et commencé à faire antichambre à la primature, pour réclamer leur intégration au gouvernement, CV à l'appui. "Il y a un Donatien et un Pierre, ce qui ne correspond pas au prénom figurant dans les documents transmis par l'Unafec (André), et aucun des deux ne ressemble à la photo du CV transmis par le parti", a soupiré un proche du Premier ministre.

Selon Radio Okapi, parrainée par l'ONU, un troisième Kasongo Ilunga serait en route pour la capitale, en provenance de Zambie où il était en "voyage d'affaires".

Pour des diplomates, le burlesque de la situation le dispute à la tragédie pour le nouveau gouvernement congolais, issu des premiers scrutins libres en 41 ans dans le pays et qui ne peut être officiellement investi tant que "l'affaire du fantôme" n'est pas réglée. "Nous attendons un délai raisonnable avant de déclarer la vacance du poste et de désigner un nouveau ministre", le tout devant être réglé avant la présentation du programme du gouvernement, prévu en milieu de semaine prochaine à l'Assemblée, indique-t-on à la primature, prévenant que "l'affaire" nécessiterait aussi "une sérieuse mise au point avec l'Unafec".

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