16 février 2007
Corruption, impunité : la cohésion et l'intégration nationales menacées
Le paysage politique, en train d'être planté à l'issue des scrutins nationaux et provinciaux organisés en RDC, doit être vidé des anti-valeurs qui gangrènent la société congolaise afin que, grâce à la cohésion et à l'intégration nationales, naisse en RDC une véritable nation.
CONSCIENT du fait, Joseph Kabila a, dans son message d'investiture le 6 décembre 2007, promis de susciter un « électrochoc » mais, les effets tardent à venir.
« Mon rôle dans la nouvelle configuration institutionnelle est de conforter la refondation de l'Etat et de susciter un véritable électrochoc pour une révolution profonde des mentalités. Veiller au maintien de l'unité et de la cohésion nationales retrouvées sera l'épicentre de mon action politique », a déclaré le président Joseph Kabila.
Dans la foulée, il a invité tous les leaders d'opinion à jouer pleinement leur rôle quant à la formation civique et à la conscientisation de la population, appelant chaque Congolais à se « sentir porteur d'une espérance sans cesse renouvelée à la prospérité ».
Mais, la corruption et une insécurité généralisée s'érigent déjà en chemin de croix.
Deux priorités
De prime abord, il appert que la classe politique congolaise, malgré les dérives de certaines de ses composantes, entend juger le gouvernement du Premier ministre Antoine Gizenga aux actes.
« Nous ne pouvons pas préjuger d'un gouvernement dont nous ignorons à ce jour les articulations de son programme », a déclaré le secrétaire général du RCD, invité mardi soir d'une chaîne de télévision privée.
Toutefois, il a souhaité le voir placer, parmi ses priorités, la cohésion et l'intégration nationales, deux des objectifs fixés par le Dialogue intercongolais que les institutions issues de l'Accord global et inclusif n'ont pas pu réaliser durant les 36 mois qu'aura durée la transition.
Comme on le sait, le tissu national est durement fissuré par cinq années de guerres multiformes (1998-2003). Dès lors, il a besoin d'un bon coup de neuf de la part des autorités publiques légitimées par le peuple congolais lors des élections présidentielle, législatives, provinciales, sénatoriales ainsi que celles des gouverneurs et des vice-gouverneurs de province.
« Tous les Congolais, quelle que soit leur tribu ou leur approche idéologique, doivent se sentir unis dans seule et même nation », a recommandé un diplomate occidental en visite au siège du Potentiel la semaine dernière.
Le Préambule de la Constitution, adoptée par référendum, est suffisamment expressif à ce propos, lorsqu'il rapporte que le peuple congolais est animé par la « volonté commune de bâtir, au cœur de l'Afrique, un Etat de droit et une Nation puissante et prospère, fondée sur une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle ».
Au-delà donc du programme que le Premier ministre Gizenga va présenter incessamment à l'Assemblée nationale, les Congolais attendent voir évoluer sur terrain de vrais patriotes, animant leurs départements respectifs avec la ferme volonté de placer l'intérêt supérieur de la nation au-dessus des leurs propres.
Difficile conjonction
A l'analyse de quelques événements survenus ces deux derniers mois, le doute est permis quant à la réalisation de ces deux priorités, tenants du pouvoir et leaders d'opinion semblant encore loin de la parole aux actes.
Le ministre de l'Intérieur a, à la suite des combats ayant opposé au mois de novembre les FARDC aux éléments des 81ème et 83ème brigades fidèles au général déchu Laurent Karumuna Nkunda Kozera alias Nkundabatware, exclu toute négociation avec le renégat, rappelle-t-on.
« Laurent Nkunda est considéré comme un criminel, tant international que national. Le gouvernement ne doit pas négocier avec Laurent Nkunda. Le gouvernement vient avec un ultimatum. On lui demande : (1) de cesser avec des hostilités, (2) de replier ces hommes, (3) de les mettre à la disposition du gouvernement pour le brassage », a déclaré le général Denis Kalume Numbi en mission à Goma. Quelques semaines plus tard, Kinshasa annonçait avoir eu, avec le même Nkunda, des négociations ayant abouti à un mixage (alors que les Accords de Lusaka et de Sun City parlent de brassage) des insurgés avec l'armée régulière !
Et pourtant, Joseph Kabila a averti que « les prisons de l'Etat seront ouvertes à tous ceux qui se mettront en travers de la loi », promettant de lutter contre « l'impunité et l'immoralités politiques qui sont malheureusement enracinées dans le sol politique congolais ». Or, cette immoralité politique a eu comme terrain de prédilection le processus électoral où les actes de corruption ont été dénoncés bruyamment lors des élections sénatoriales et des gouverneurs de province. Le président de la République définit la corruption comme étant un « fléau qui est à la base du ralentissement total du développement du pays ».
Mais, alors que le secrétaire général des Nations unies, l'Eglise catholique et plusieurs Ongdh dénoncent ces actes de corruption et appellent à des sanctions exemplaires, le président de la République et le Premier ministre continuent de garder le silence.
C'est la même attitude qu'ils affichent s'agissant des tragiques événements survenus au Bas-Congo (134 morts , selon la Monuc), susceptible d'ébranler une cohésion nationale encore fragile.
Les non-dits de l’élection du gouverneur AMP au Kasaï occidental
Depuis le 15 février 2007, les deux Kasaï – occidental et oriental – connaissent leurs nouveaux gouverneurs de province. Leur élection, reportée à deux reprises, a été un moment de très haute tension et d’intense passion. Toutefois, la victoire de Trésor Kapuku à Kananga et d’Alphonse Ngoyi Kasanji à Mbuji Mayi n’est pas le fait du hasard. Des orfèvres y ont veillé, jour et nuit, discrètement.
Les grands électeurs de Kananga et de Mbuji Mayi ont rempli leur contrat. Conformément au calendrier particulier fixé pour les deux provinces du Kasaï par la Commission électorale indépendante (CEI), l’élection des gouverneurs a eu simultanément lieu le jeudi 15 février 2007 dans les deux villes. Et, sans surprise, l’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) a confirmé son leadership national en remportant le double scrutin.
A Kananga, Trésor Kapuku, du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) d’Azarias Ruberwa, a obtenu la majorité absolue de 28 voix contre 26 pour son challenger, Alex Kande, de l’Union pour la nation (UN), plate-forme politique ayant soutenu le MLC Jean-Pierre Bemba dans sa campagne de la présidentielle. Le colistier de Trésor Kapuku, Hubert Mvita, a été élu vice-gouverneur.
A Mbuji Mayi, le PPRD Alphonse Ngoyi Kasanji a écrasé le MLC Dominique Kanku par 51 voix contre 11. Une victoire nette et sans fards. Le poste de vice-gouverneur est revenu à Bruno Kazadi Bukasa, de la même famille politique AMP.
Les jeux sont donc faits. L’AMP a raflé la mise : elle contrôle désormais 10 des 11 provinces du pays, celle de l’Equateur étant passée sous la surveillance du MLC. Ainsi donc Joseph Kabila, Vital Kamerhe, Antoine Gizenga et les autres peuvent sabler le champagne. Ils dominent sans conteste l’espace politique congolais. Le plus dur reste néanmoins à démontrer : c’est-à-dire leur capacité à créer, en cinq ans, le bonheur et la prospérité du peuple congolais tout entier.
Au-delà de l’élection des Kapuku et Ngoyi Kasanji, respectivement à Kananga et à Mbuji Mayi, il paraît intéressant de plonger un autre regard sur ce qui n’a pas été dit. Ou qui n’a pas été perceptible aux yeux des profanes. Notamment le rôle des députés indépendants et celui des acteurs-clé invisibles ; le respect ou non des consignes du parti par les députés provinciaux ; la question de l’éthique politique. Dans la présente livraison, l’étude se limitera au Kasaï occidental.
L’honneur fait au RCD d’Azarias Ruberwa à travers l’élection de Trésor Kapuku au Kasaï occidental résulte d’une alliance passée entre l’ancien mouvement rebelle de Goma et l’AMP. La stratégie de soutien réciproque concoctée par ces alliés a fini par payer, même s’il s’agit d’une courte victoire (28 voix contre 26 à Kananga).
La leçon à retenir est simple : «le neutralisme positif» brandi par le RCD dans ses derniers discours officiels s’est avéré, en fin de compte, comme de l’opportunisme spéculatif. Tant mieux pour lui, il a été récompensé pour l’appui apporté ailleurs aux candidats gouverneurs PPRD et alliés. La politique congolaise étant un jeu des intrigues, des ombres et des lumières – d’aucuns diraient que la fin justifie les moyens - il est hors de question de le blâmer.
Par ailleurs, la défaite de l’UN à Kananga serait-elle la conséquence d’une trahison par ses propres grands électeurs ? Auraient-ils mordu à l’hameçon des corrupteurs d’en face ? Pas de procès d’intention. Une évidence cependant : les députés provinciaux étiquetés UN ont répondu d’une même voix. Leur majorité antérieure aurait basculé du fait des députés dits «indépendants».
Ces derniers – véritables électrons libres - ont le loisir de jouer au trouble-fête, agissant souvent selon leurs intérêts du moment. Dans la plupart de provinces, ce sont eux qui ont contribué à faire des rois. C’est à ce niveau que peut être stigmatisé le peu de cas fait de l’éthique par la classe politique congolaise.
Que sait-on ensuite des acteurs-clé, toujours discrets, du succès de l’AMP dans l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur à Kananga ? Pas grand-chose. En effet, quand on se rapporte au radicalisme des électeurs du Kasaï occidental, manifesté à l’élection présidentielle, contre le PPRD et alliés, on ne peut que s’étonner de l’accueil positif du même PPRD et AMP par les grands électeurs.
En tout cas, le geste n’est pas spontané. Il procède d’un profond travail de sensibilisation. Les acteurs, souvent méconnus, de ce succès, méritent chapeau bas. C’est le lieu de saluer la contribution combien efficace du gouverneur sortant, Me Mutombo Bakafwa Nsenda. On l’a vu, ces dernières semaines, au four et au moulin. Tant à Kananga qu’à Kinshasa. Toujours accaparé par des concertations visant les meilleures stratégies préélectorales avec la hiérarchie de l’AMP.
Au Kasaï occidental, la moisson électorale a été abondante, précieuse. Est venu le temps de la juste rétribution des ouvriers selon leurs mérites.
RDCongo: prorogation de deux mois du mandat de la Monuc, avant ajustements...
Dans une résolution adoptée à l'unanimité, le Conseil a prorogé jusqu'au 15 avril le mandat de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), qui était venu à expiration. La résolution demande au secrétaire général, Ban Ki-moon, de faire rapport d'ici au 15 mars au Conseil de sécurité sur ses consultations avec les autorités congolaises et de lui soumettre des recommandations "sur des ajustements à apporter au mandat et aux capacités de la Monuc". Avec plus de 22.000 personnels en tout, dont quelque 17.600 soldats, la Monuc est actuellement la plus importante force de maintien de la paix de l'ONU. La Monuc a été créée en 1999 pour veiller au respect du cessez-le-feu dans l'ex-Zaïre, théâtre d'une guerre régionale de 1998 à 2003 qui a fait plus de 300.000 morts direct et plus de trois millions de victimes indirectes (violences, famine, maladies). Son mandat, régulièrement renouvelé, a été élargi à la sécurisation du processus électoral, volet qui n'a plus lieu d'être après l'aboutissement d'un long processus politique ayant permis des élections libres pour la première fois depuis 40 ans dans le pays et la mise en place d'un nouveau gouvernement le 5 février. En revanche, l'aspect militaire de son mandat semble plus que jamais nécessaire, vu les récents incidents armés aux frontières du nord-est et dans le Bas-Congo (ouest). Fin janvier, M. Ban s'est rendu en RDC, où il a appelé le président Joseph Kabila et l'opposition à oeuvrer à la réconciliation nationale après le succès des élections de l'an dernier, dans ce pays qui a connu des années de guerre civile. Il a assuré à M. Kabila qu'il n'y avait aucun projet de retirer, ni de réduire les effectifs de la Monuc. Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno, a récemment affirmé devant le Conseil de sécurité que malgré les progrès sur le plan démocratique, la situation demeure "fragile" en RDC et l'ONU doit "poursuivre son action".
Le Conseil de sécurité des Nations unies a renouvelé jeudi pour deux mois le mandat de la force de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC), dans l'optique de lui apporter certains ajustements du fait de l'achèvement du processus électoral.
The dream... Lena
Ma vie... De Joubek !
Becket LINGOSA... Miss des miss
Confusion totale à la primature : trois Ilunga Kasongo se présentent... Alors la récré continue ?
Trois personnes nommées Kasongo Ilunga se sont présentées ce jeudi soir au cabinet du premier m
inistre Antoine Gizenga. Chacune d’elles se réclamait être le ministre nommé au Commerce extérieur. Difficile pour le moment de savoir avec exactitude lequel de tous ces Kasongo Ilunga est le vrai ministre. Une enquête est en cours, rapporte radiookapi.net.
Deux Kasongo Ilunga étaient à la primature cet après-midi. L’un, André Kasongo Ilunga, a son dossier au cabinet du Premier ministre.Dans son CV, il serait né à Kalemie. Il habiterait la commune de Masina à Kinshasa et serait diplômé en sciences commerciales. Le deuxième Kasongo Ilunga, prénommé Pierre, demeure encore introuvable. Mais son CV qui est aussi à la primature indique qu’il serait né à Bukavu.
Chose curieuse, les CV de André Kasongo Ilunga et de Pierre Kasongo Ilunga portent la même signature. Enfin, il y a un troisième Kasongo Ilunga, sans prénom connu pour le moment. Ce dernier qui serait licencié en Droit. Il est venu de Lubumbashi ce jeudi. Ce troisième Kasongo Ilunga a été présenté ce jeudi matin à nos confrères de Radio Okapi/Lubumbashi par un certain Félicien Tshibangu Yamba qui serait président de l’Association des Baluba du Katanga. C’est après qu’il a pris son avion pour la primature à Kinshasa.
Dans cette ténébreuse affaire, les dirigeants de l’Unafec, parti qui a présenté la candidature de Kasongo Ilunga restent silencieux. Ni le bâtonnier Kisimba Ngoy, président du parti, ni Gabriel Kyungu wa Kumwanza de retour de l’étranger, personne ne veut parler à la presse pour faire la lumière.
RDC : le mal est profond
Le gouvernement déposera dans quelques heures son programme devant l’Assemblée nationale. Quel que soit son contenu, l’on ne se fait pas d’illusion. Le gouvernement Gizenga sera confronté à des « travaux d’hercule » tant il est vrai que tous les secteurs de la vie nationale sont désarticulés. L’illustration parfaite est cette intervention du contingent ghanéen au bénéfice de l’Enseignement. Image qui interpelle et démontre que la République démocratique du Congo est tombée très bas. Le mal est profond nécessitant le traitement de cheval.
Il y a de cela une semaine, une cérémonie a frappé de nombreux esprits. Dans le
cadre des actions ponctuelles initiées par la Monuc, le contingent ghanéen a procédé dernièrement à la construction d’un atelier pour des exercices didactiques au bénéfice d’une école située dans la commune de Ngiri-Ngiri. L’école bénéficiaire ne disposait pas d’atelier pour des travaux pratiques. Ainsi, les élèves de la section électricité s’adonnaient à même le sol aux exercices pratiques.
C’est donc au cours de leur ronde dans les communes de la ville de Kinshasa que l’officier commandant le contingent ghanéen a découvert ce cas insolite. Décision a été prise, toujours dans le cadre des actions ponctuelles de la Monuc au profit de la population, de construire cet atelier pour permettre aux élèves de cette école d’étudier dans de bonnes conditions. Chose faite depuis une semaine.
Il est vrai que cette cérémonie a choqué de nombreuses consciences sereines. Ce geste du contingent ghanéen interpelle les Congolais qui viennent de se rendre à l’évidence que le mal est profond. Trop profond, dirions-nous, à telle enseigne que l’on s’interroge pour savoir comment remonter la pente afin de redresser les choses.
LA PERTE DES REPERES
Cette image suffit pour comprendre l’ampleur des dégâts, l’insouciance de la classe politique qui a eu jusque-là le privilège d’exercer le pouvoir. Et enfin, l’irresponsabilité des dirigeants qui ont détruit ce pays jusqu’à faire perdre aux Congolais tous les repères. Partant, ils ont renversé l’échelle des valeurs et celle des priorités.
En effet, l’enseignement demeure incontestablement un domaine prioritaire pour disposer des agronomes, des ingénieurs, des diplomates, des économistes, des médecins, des architectes, des officiers de l’Armée et de la Police, et nous en passons. Mais dès lors que l’enseignement primaire et secondaire, base de toute instruction, est totalement négligé au profit des « monuments blancs », d’un enrichissement personnel sans limite, c’est hypothéquer l’avenir de tout un pays.
Voilà l’image qu’il faut retenir de cette cérémonie du contingent ghanéen qui vient d’infliger une véritable leçon de bonne gouvernance, de responsabilité politique à la classe politique congolaise pour savoir par où faudra-t-il mettre un accent particulier devant toute initiative à entreprendre. En fait, tous ceux qui ont dirigé ce pays ne doivent pas s’enorgueillir. Qu’ont-ils fait de toutes ces richesses pour que les enfants congolais ne disposent plus d’atelier pour des travaux pratiques, plus de laboratoires pour des exercices d’analyse ? Réalité indigne. Que valent alors ces ingénieurs sortis de l’Ista, de l’IBTP ? Faut-il faire confiance à ces ingénieurs de la Polytechnique de l’ Université de Kinshasa alors que tout a été détruit ? Interrogations pertinentes au moment où l’on s’emploie à réhabiliter la République démocratique du Congo.
C’est ici que l’expression « exorcisme collectif » trouve toute sa signification afin que les Congolais recouvrent toute leur lucidité. Qu’ils sortent de l’obscurantisme afin de chercher des solutions modernes. Rien de positif ne sera fait si ce sont des étrangers qui doivent nous montrer par où commencer.
Il s’agit donc d’un signal fort à l’endroit du Premier ministre qui, dans ses secteurs de priorité, devra commencer par prendre la hauteur de l’ampleur du désastre pour ne pas se perdre. Car, au-delà de l’intervention du contingent ghanéen par la construction de cet atelier, c’est l’ image de la République démocratique du Congo qui est dépeint négativement : le mal est profond. Trêve d’illusion.
Jean-Pierre Bemba risque de perdre son mandat sénatorial suite à la requête du Parec reçue à la Cour suprême
Ils ont eu du boulot les membres de la Cour Suprême de Justice (CSJ) hier mercredi 14 février. Beaucoup de dossiers à examiner. Pour la plupart, c’étaient des contentieux électoraux. En bonne place figurait le dossier qui oppose Jean-Pierre Bemba au Parec (Programme œcuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation) du très bouillant pasteur de Daniel Ngoy Mulunda.
D’entrée de jeu, les avocats de l’accusation ont demandé à la Cour d’invalider le mandat du sénateur Jean-Pierre Bemba. Ils ont fondé leur accusation par l’évocation de l’article 131, alinéa 3 de la loi électorale qui exige que le candidat sénateur jouisse de la plénitude de ses droits civiques et politiques. A ce propos, Me Michel Chetebo, l’avocat principal du Parec, a soutenu que si Bemba Gombo Jean-Pierre bénéficiait des immunités parlementaires, le Parquait Général de la République qui instruit le dossier aurait des difficultés à poursuivre les travaux. C’est alors qu’un membre de la Cour va lui demander si ce qu’il affirmait était vérifiable. A Me Robert Falay d’expliquer aux journalistes que l’affaire Parec-JPBG n’a pas évolué, depuis début octobre 2006, parce que l’accusé était Vice-président de la République. La Cour a voulu savoir s’il existait un jugement qui avait déchu Bemba de ses droits civiques et politiques de telle sorte qu’il ne soit plus éligible. L’accusation a avancé que si le Parec poursuivait Igwe, c’était pour que les victimes des actes de ‘’gangstérisme’’ se reconnaissent en la justice congolaise. Le procès, affirme-t-on, est à vocation pédagogique. En ce sens que personne, quel que soit son rang, ne puisse se dérober à la justice. Me Robert Falay, Me Michel Chetebo, Me Djafari et Me Mutay Mbudi ont démontré que le Parec qui est une structure reconnue par l’Etat congolais avait raison de se plaindre dans la mesure où son siège est non seulement occupé jusqu’à ces jours par des éléments de la garde rapprochée du Chairman, mais aussi a été systématiquement détruit.
Appelé à donner son avis, le ministère public a demandé à la Cour de se déclarer saisie. C’est qui a été fait. Il appartient désormais à la Cour de fixer une audience. Les pièces seront examinées en profondeur. La durée légale est de deux mois.
De quoi s’agit-il ?
L’affaire remonte au mois d’août 2006. Quand les éléments armés affectés pour garder le Président Kabila et son vice Jean-Pierre Bemba s’étaient affrontés à l’arme lourde dans les rues du centre-ville de Kinshasa. C’était en marge de la proclamation des résultats du 1er tour de l’élection présidentielle du 30 juillet 2006. Affrontements sanglants qui avaient fait des dizaines de victimes parmi les hommes armés et les personnes civiles. Sur le plan matériel, beaucoup de dégâts ont été déplorés, dont la mise à sac du Parec. Le Parec avait saisi depuis le mois d’octobre la justice et le dossier est pendant. La Prospérité suit de très près l’évolution du dossier.
Deux Kasaï : la descente aux enfers de l’UN !
*L’AMP de Kabila contrôle désormais 9 des 11 provinces en attendant le Bas-Congo. Dominique Kanku et Alex Kande, les deux candidats de l’UN aux Kasaï n’ont pas fait le poids face à leurs adversaires de l’AMP. Le premier a été sèchement battu à Mbuji-Mayi par le riche homme d’affaires Alphonse Ngoyi Kasanji. Le second a subi un sérieux revers à Kananga face au candidat RCD Trésor Kapuku. La messe est dite.
C’est clair, l’Union pour la Nation (UN) n’existe plus que de nom. En témoigne la descente aux enfers qui se poursuit pour les candidats UN aux élections des gouverneurs et vice-gouverneurs de province. Hier jeudi 15 février, aux Kasaï Oriental et Occidental, l’AMP de Kabila a donné une sévère raclée à l’UN de l’autre fois très célèbre Jean-Pierre Bemba. L’AMP a conquis au premier tour les deux provinces du Kasaï. A Mbuji Mayi, nous sommes là au Kasaï Oriental, Alphonse Ngoyi Kasanji a sèchement battu le candidat MLC Dominique Kanku sur un score sans appel : 51 voix contre 11. Y a pas eu match, dit-on. Au Kasaï Occidental, le candidat RCD Trésor Kapuku allié à l’AMP a réussi à se faire élire gouverneur avec 28 voix contre 26 pour Alex Kande. Ces résultats provisoires devront être publiés officiellement, dans la journée de ce vendredi 16 février, par la Commission Electorale Indépendante (CEI). Il appartiendra ensuite aux Cours d’appel de procéder à la publication des résultats définitifs.
En attendant le Bas-Congo, 9 provinces déjà pour l’AMP
La victoire de l’AMP est éclatante. Elle contrôle 9 des 11 provinces du pays, en attendant le prononcé de la Cour Suprême de Justice dans l’élection contestée du candidat AMP Mbatshi Batsha. Dans l’hypothèse où la Cour Suprême cassait l’arrêt de la Cour d’appel de Matadi recommandant à la CEI d’organiser un 2ème tour au Bas-Congo, l’AMP se retrouverait ainsi avec 10 des 11 provinces. Seule la province de l’Equateur échapperait à son contrôle. Au cas contraire, un deuxième tour, ce qui est fort probable, devrait définitivement départager l’AMP de l’UN.
La fin de l’UN
Même si une nouvelle élection était organisée au Bas-Congo, rien n’indique que l’UN la gagnera. Car, il semble que les dirigeants de cette plateforme électorale n’ont pas encore tiré les leçons des débâcles précédentes. Les gens sont plus préoccupés par des conflits personnels que l’intérêt du groupe. La cohésion de la plateforme se trouve menacée. Beaucoup d’alliés de circonstance de Jean-Pierre Bemba l’ont quitté depuis sa défaite au 2ème tour de la présidentielle. Ceux-ci sont passés directement ou indirectement à l’AMP de Kabila. Au Bas-Congo, Augustin Kisombe Kiakumuisi, vice-président de l’Assemblée provinciale, n’est plus en odeur de sainteté avec le Président de l’UN, Jean-Pierre Bemba. Kisombe avait été accusé de corruption et de trahison. Depuis, il passe des heures et des heures sur les antennes des radios et plateaux des télévisions proches du pouvoir pour vilipender les stratégies de l’UN. Le succès des candidats UN au Bas-Congo ne tient plus qu’à l’emprise personnelle que peuvent avoir Fuka Unzola et Né Mwanda Nsemi sur les élus provinciaux.
L’UN pas différente de l’Union Sacrée
Lancée avec pompe à la FIKIN en octobre 2006 pour barrer la route à Joseph Kabila, l’UN se sera attirée la réputation d’être un château de cartes. Minée par des dissensions internes et par des taupes, certains analystes n’hésitent pas à la comparer à la tristement célèbre défunte Union sacrée de l’opposition radicale, construite autour d’Etienne Tshisekedi dans les années 90. Cependant au MLC, on calme le jeu. Les cadres du MLC disent qu’il est temps de restructurer le groupe, avec un programme, une stratégie et des structures.





