LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

16 février 2007

RDC : le mal est profond

Le gouvernement déposera dans quelques heures son programme devant l’Assemblée nationale. Quel que soit son contenu, l’on ne se fait pas d’illusion. Le gouvernement Gizenga sera confronté à des « travaux d’hercule » tant il est vrai que tous les secteurs de la vie nationale sont désarticulés. L’illustration parfaite est cette intervention du contingent ghanéen au bénéfice de l’Enseignement. Image qui interpelle et démontre que la République démocratique du Congo est tombée très bas. Le mal est profond nécessitant le traitement de cheval.

Il y a de cela une semaine, une cérémonie a frappé de nombreux esprits. Dans lePortraits_Kabila_Bemba_200 cadre des actions ponctuelles initiées par la Monuc, le contingent ghanéen a procédé dernièrement à la construction d’un atelier pour des exercices didactiques au bénéfice d’une école située dans la commune de Ngiri-Ngiri. L’école bénéficiaire ne disposait pas d’atelier pour des travaux pratiques. Ainsi, les élèves de la section électricité s’adonnaient à même le sol aux exercices pratiques.

C’est donc au cours de leur ronde dans les communes de la ville de Kinshasa que l’officier commandant le contingent ghanéen a découvert ce cas insolite. Décision a été prise, toujours dans le cadre des actions ponctuelles de la Monuc au profit de la population, de construire cet atelier pour permettre aux élèves de cette école d’étudier dans de bonnes conditions. Chose faite depuis une semaine.

Il est vrai que cette cérémonie a choqué de nombreuses consciences sereines. Ce geste du contingent ghanéen interpelle les Congolais qui viennent de se rendre à l’évidence que le mal est profond. Trop profond, dirions-nous, à telle enseigne que l’on s’interroge pour savoir comment remonter la pente afin de redresser les choses.

LA PERTE DES REPERES

Cette image suffit pour comprendre l’ampleur des dégâts, l’insouciance de la classe politique qui a eu jusque-là le privilège d’exercer le pouvoir. Et enfin, l’irresponsabilité des dirigeants qui ont détruit ce pays jusqu’à faire perdre aux Congolais tous les repères. Partant, ils ont renversé l’échelle des valeurs et celle des priorités.

En effet, l’enseignement demeure incontestablement un domaine prioritaire pour disposer des agronomes, des ingénieurs, des diplomates, des économistes, des médecins, des architectes, des officiers de l’Armée et de la Police, et nous en passons. Mais dès lors que l’enseignement primaire et secondaire, base de toute instruction, est totalement négligé au profit des « monuments blancs », d’un enrichissement personnel sans limite, c’est hypothéquer l’avenir de tout un pays.

Voilà l’image qu’il faut retenir de cette cérémonie du contingent ghanéen qui vient d’infliger une véritable leçon de bonne gouvernance, de responsabilité politique à la classe politique congolaise pour savoir par où faudra-t-il mettre un accent particulier devant toute initiative à entreprendre. En fait, tous ceux qui ont dirigé ce pays ne doivent pas s’enorgueillir. Qu’ont-ils fait de toutes ces richesses pour que les enfants congolais ne disposent plus d’atelier pour des travaux pratiques, plus de laboratoires pour des exercices d’analyse ? Réalité indigne. Que valent alors ces ingénieurs sortis de l’Ista, de l’IBTP ? Faut-il faire confiance à ces ingénieurs de la Polytechnique de l’ Université de Kinshasa alors que tout a été détruit ? Interrogations pertinentes au moment où l’on s’emploie à réhabiliter la République démocratique du Congo.

C’est ici que l’expression « exorcisme collectif » trouve toute sa signification afin que les Congolais recouvrent toute leur lucidité. Qu’ils sortent de l’obscurantisme afin de chercher des solutions modernes. Rien de positif ne sera fait si ce sont des étrangers qui doivent nous montrer par où commencer.

Il s’agit donc d’un signal fort à l’endroit du Premier ministre qui, dans ses secteurs de priorité, devra commencer par prendre la hauteur de l’ampleur du désastre pour ne pas se perdre. Car, au-delà de l’intervention du contingent ghanéen par la construction de cet atelier, c’est l’ image de la République démocratique du Congo qui est dépeint négativement : le mal est profond. Trêve d’illusion.

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