LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

24 janvier 2007

Joseph Kabila ou l’ennemi invisible

t_61114C’est désormais officiel ! Des soldats mutins estimés à 1.200, fidèles à l’ex-général Laurent Nkunda Mihigo, étiqueté RCD-Goma, vont être « mélangés » et non « brassés » avec des militaires des Forces armées de la RD Congo (FARDC). Il va sans dire que ces combattants garderont leur « identité ». En tant que milice ? N’est-ce pas inoculer une sorte de « troisième colonne » dans les veines des forces armées congolaises ? Le Congo tout entier est ainsi humilié par les forfanteries infantiles d’un « Chef », autant irréaliste qu’incapable, qui clamait, il y a encore peu, qu’il lui fallait 48 heures pour rétablir l’autorité de l’Etat dans les localités troublées de la province du Nord Kivu. Impuissant, Kabila a préféré courber l’échine. Pour ceux qui ne le savent plus, Laurent Nkunda est cet officier, étiqueté RCD-Goma, qui dirigea une mutinerie à Bukavu en juin 2004. Plusieurs personnes, civiles et militaires, trouvèrent la mort lors de ces événements qui continuent encore à susciter la colère des Congolais tant au pays qu’à l’étranger. Le nom de Nkunda est devenu synonyme de la défiance la plus abjecte. L’homme se dit citoyen congolais mais refuse de se soumettre aux lois ainsi qu’aux autorités du pays. Pire, il se présente en protecteur de ses « frères rwandophones », selon ses propres termes. Peut-on faire confiance à un  individu aussi sectaire au moment où le Congo-Kinshasa est occupé à rebâtir laborieusement son unité ? Assurément pas. Subjugué par le processus de formation du gouvernement, le personnel politique kinois affiche une insouciance – complicité ? - plus qu’inquiétante sur cette affaire. Une affaire qui pourrait avoir des répercussions graves sur l’intégrité du territoire national. On apprend que Nkunda devrait être réhabilité – si ce n’est déjà fait – et promu à un poste important dans la province du Nord Kivu. Va-t-il prendre la tête du commandement de la région militaire ? Rien de bien étonnant quand on sait que les militaires « nkundistes » rechignent à être affectés ailleurs que dans les provinces du Kivu, frontalières au Rwanda. L’accord Kabila-Nkunda procède des négociations menées entre des proches de Joseph  – à l’insu de l’Assemblée nationale congolaise - avec des autorités rwandaises…à Kigali. Et pourtant, jusqu’à preuve du contraire, le Rwanda de Kagame est présenté comme un pays en guerre avec son grand voisin, la RD Congo. A preuve, aucun traité mettant fin à l’état de belligérance n’a été signé entre les deux parties. En vérité, Joseph Kabila et Laurent Nkunda sont issus d’une même moule : l’AFDL. Les Congolais qui ont rejoint en masse le cartel « Alliance de la majorité présidentielle » qui a soutenu Kabila junior feignent d’ignorer que l’AFDL qui a porté Laurent-Désiré Kabila au pouvoir  est une création du régime de Kigali… Samedi 20 janvier, le général John Numbi, « représentant personnel du chef de l’Etat congolais », s’est adressé, aux ex-mutins, aux environs de Goma, en leur rappelant que  «la mission des FARDC n’est pas de tuer les Congolais, mais plutôt d’assurer l’intégrité du territoire national ». Lapalisse n’aurait pas fait mieux. Et d’ajouter cette phrase surprenante : « Le président de la République met une croix sur tous les faits du passé. Nous devons tous fixer nos regards vers l’avenir pour reconstruire ce pays». Pourquoi ne pas remettre le compteur à zéro en accordant la même mansuétude aux hommes et femmes qui croupissent dans les bagnes de la République pour des peccadilles ? Faut-il prendre des armes contre le pouvoir en place pour jouir du respect ? Sans aucune démagogie, les Congolais savent désormais que leur pays fait face à un ennemi invisible. Cet ennemi s’emploie à anhiiler tous les efforts destinés à doter le Congo d’une armée forte et d’une économie saine. Et si cet ennemi invisible se trouverait au sommet de l’Etat ? En décidant de passer l’éponge sur des faits criminels mis à charge de Nkunda et de ses hommes, « Joseph » se rend coupable de parjure. Il s’est rendu complice de la violation notamment de l’article 188 de la Constitution promulguée le 18 février 2006 qui énonce ce qui suit : « Les Forces armées sont  républicaines. Elles sont au service de la nation toute entière. Nul ne peut, sous peine de haute trahison, les détourner à ses fins propres. (…) »

            En accordant une « amnistie déguisée» à ces soldats rebelles, Kabila a usurpé les pouvoirs législatif  et judiciaire et consacre le triomphe de l’impunité. Qui a dit que la   « recréation » était finie ?

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