LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

03 janvier 2007

Les Etats-Unis d’Amérique au chevet de la RD Congo

L’Amériqkabila_bushue de Bush voudrait aider le Congo-Kinshasa de concert avec des partenaires internationaux. Force est de relever que ce genre d’aide n’encourage guère le bénéficiaire à sortir du cycle infernal de la dépendance.

Le président américain George W. Bush a signé vendredi 22 décembre 2006 une loi appuyant les efforts des États-Unis et des organisations internationales visant à résorber les problèmes auxquels la RD Congo est confrontée dans les domaines politique, social et économique. Dans ce contexte, les USA vont allouer en 2007, un montant de 52 millions de dollars destinés à financer l’économie et à appuyer les institutions démocratiques du pays. Selon Washington File, journal en ligne du Département d’Etat américain, la nouvelle loi préconise la collaboration des États-Unis avec leurs partenaires internationaux afin d'encourager d'autres pays à accroître leur aide à la RD Congo. Elle souligne que le gouvernement de la RD Congo doit s'efforcer de réaliser les objectifs politiques énoncés par les États-Unis et par les donateurs internationaux, et autorise le secrétaire d'État à suspendre l'aide des États-Unis si la RD Congo ne fait pas suffisamment de progrès en vue de la réalisation de ces objectifs. La loi recommande également que le président des États-Unis nomme un envoyé spécial pour la région des Grands Lacs d'Afrique afin d'aider à renforcer la stabilité et la sécurité dans cette région. L’annonce des USA d’accroissement d’aide en faveur de la RD Congo vient après celles exprimées par d’autres donateurs notamment la Belgique et l’Union européenne. Toutes ces promesses d’aide post électorales sont conditionnées par la mise en place des pratiques de bonne gouvernance. Rappelons qu’au cours des trois dernières années, le gouvernement a bénéficié des appuis financiers importants des donateurs tant bilatéraux que multilatéraux sans pour autant relever durablement le niveau de vie de la population. Et pourtant, le FMI et la Banque mondiale croyaient qu’après la phase de reconstruction, le pays allait amorcer la phase de développement à partir de 2005. L’inflation a certes été réduite et la croissance économique dépasse 5% pour la troisième année consécutive. Mais ces améliorations macroéconomiques n’ont pas eu d’effets positifs sur le vécu quotidien de la grande masse. La pauvreté est toujours aussi grande. En fait, la politique économique menée à l’instigation de la Banque mondiale s’est basée sur les secteurs minier et forestier. Ils étaient considérés comme le principal vecteur de la croissance économique. Mais, outre le caractère léonin de certains contrats, des cas de corruption et de mauvaise gestion des fonds ont été signalés. Pire encore, l’exécution des politiques de la Banque mondiale et du FMI s’est  déroulée dans un contexte dominé par la mauvaise gouvernance, la détérioration des conditions sécuritaires et le déficit de l’autorité de l’Etat. C’est ce qui explique l’échec des politiques menées. Après la mise en place des institutions issues des élections, il devient donc primordial de mener des politiques susceptibles de conduire le pays au développement durable. Cela passe évidemment par le renforcement de l’agriculture et par la promotion des petites et moyennes entreprises. Un autre domaine important qui exige une réforme en profondeur est le secteur financier. La RD Congo pourrait croître plus vite si elle réformait son secteur financier. Cela concerne non seulement les banques mais aussi le secteur des assurances qui doit être privatisé. Comme le disent si bien les économistes Anne-Marie Gulde et Catherine Pattilo (revue Finances et Développement de juin 2006), « un secteur financier efficace permet de mobiliser l’épargne, d’affecter les ressources aux emplois les plus productifs en fournissant des informations sur les investissements possibles, de surveiller l’utilisation des fonds, de faciliter le négoce, la gestion des risques et l’échange de biens et services. » L’expérience des cinq dernières années démontre que l’aide extérieure mal ciblée n’a aucun impact sur le développement. Il est important que les politiques économiques ne soient imposées et résultent plutôt d’un partenariat avec les donateurs. L’aide extérieure efficace est celle qui permet d’arriver rapidement à se prendre en charge, à subvenir à ses propres besoins et à réduire sa dépendance. Malheureusement, ces annonces d’aide contribuent seulement au renforcement de la mentalité d’assisté.

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