LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

28 décembre 2006

Nomination du Premier ministre : la balle dans le camp de Kabila

Gizenga__Kabila

Finies les consultations. Antoine Gizenga, Informateur désigné, a bouclé la boucle. La balle se trouve maintenant dans le camp du président de la République qui doit désigner le formateur. Mieux, le Premier ministre en vue de la mise en place du premier gouvernement de la IIIème République. Normale cette effervescence observée depuis dimanche 24 décembre dans les états-majors des partis et regroupements politiques. La nomination du Premier ministre est donc attendu dans les tout prochains jours. Avant le Nouvel An certainement.

Antoine Gizenga, Informateur désigné par le président de la République, a bouclé depuis dimanche 24 décembre ses consultations.

Les derniers à être reçus sont, bien sûr, les hauts responsables du Rassemblement congolais pour la démocratie, RCD, l’Union pour la Nation, et le président du Bureau provisoire de l’Assemblée nationale. Au terme de cette consultation, l’Informateur, a consacré la journée du lundi 25 décembre a dressé son rapport. C’est hier mercredi 27 décembre que Antoine Gizenga a transmis son rapport au président de la République.

Il revient désormais au chef de l’Etat d’apprécier son rapport, et éventuellement procéder à la nomination du Premier ministre si ce rapport a répondu à ses attentes. En effet, par sa lettre du 19 décembre 2006, le président de la République notifiait, en vertu de l’article 78 alinéa 2 de la Constitution, à Antoine Gizenga, secrétaire général et chef du Parti Lumumbiste Unifié, Palu, sa désignation en qualité d’Informateur. « Il sied de relever qu’à ce titre, votre mission consiste à identifier la coalition des partis et regroupements politiques qui peuvent constituer, à l’Assemblée nationale, la majorité parlementaire au sein de la quelle il m’appartiendra de nommer le Premier ministre, conformément au premier alinéa de la disposition constitutionnelle précitée », avait écrit le président de la République.

Cette mission est de 30 jours renouvelable une fois. Dans son point de presse du 20 décembre, Antoine Gizenga «a accepté volontiers cette mission », et s’était engagé à se mettre d’ores et déjà au travail afin de présenter, dans les plus brefs délais, le rapport positif souhaité par le chef chef de l’Etat.

Mission accomplie, si l’on s’en tient à l‘entourage de l’Informateur. En effet, depuis mercredi 27 décembre, soit huit jours après sa désignation en qualité d’Informateur, le patriarche Antoine Gizenga a remis son rapport au chef de l’Etat.

L’AMP : LA MAJORITE AVEC 332 DEPUTES SUR LES 500

De sources dignes de foi, la mission confiée au patriarche Antoine Gizenga a effectivement permis de dégager la majorité présidentielle. A la remise du rapport au chef de l’Etat, cette majorité a été identifiée et elle est de 332 députés pour le compte de l’AMP sur les 500 députés que compte l’Assemblée nationale.

Cependant, il nous revient que la barre de 332 députés pourrait être franchie tant il est vrai que lors des consultations, certaines formations politiques ont manifesté leur volonté d’adhérer à l’ AMP. Il n’est donc pas étonnant que cette majorité soit portée à plus de 340 députés. Une majorité confortable qui permettra certainement au chef de l’Etat et au gouvernement de la République de bénéficier des premières faveurs de l’investiture.

Cependant, si cette forte majorité se concrétisait, ne constituerait-elle pas un danger pour le jeu démocratique face à une minorité parlementaire, vraiment minoritaire ? Interrogation pertinente devant ce risque de voir cette majorité « écraser la minorité ».

Mais s’il faut se référer aux ambitions légitimes de Jean-Pierre Bemba, président national du MLC et leader de l’Union pour la Nation, il sera constitué une « opposition forte et républicaine ». En fait, c’est au travers la dynamique que va insuffler cette opposition en jouant correctement son rôle de contre-pouvoir que le jeu démocratique sera préservé et sauvegardé. Dans le cas contraire, et ce sera certainement le drame, il y aura des risques forts de verser dans le monolithisme si les opposants s’avéraient nécessiteux et malléables à souhait.

QUI SERA LE PREMIER MINISTRE ?

C’est la question d’actualité dès lors que l’Informateur a déposé son rapport de mission au chef de l’Etat. Conformément aux accords intervenus entre l’AMP et ses alliés, principalement le Palu et l’Udemo, le Premier ministre sera issu du Palu. En interprétant la lettre du chef de l’Etat du 19 décembre 2006, et conformément à l’article 78, le chef de l’Etat n’ a fait que respecter ses engagements.

En outre, si le président de la République estime positif le rapport de l’Informateur, il n’y a pas de doute que Antoine Gizenga soit désigné Formateur ou Premier ministre. Le contraire constituerait un reniement des accords. Ce qui porterait un coup dur à cette majorité présidentielle constituée autour de l’ AMP.

Toutefois, si cette étape est franchie, reste à gérer les ambitions des uns et des autres manifestées et exprimées par les différentes tendances politiques auprès de l’Informateur. Certes, cette mission consistait à identifier la majorité.

Cependant, les différents groupes ont saisi cette opportunité pour exprimer effectivement leurs ambitions politiques en ce qui concerne les postes ministériels à occuper dans le gouvernement.

Le PPRD aurait présenté une liste de 10 ministres et 6 vice-ministres. Viennent ensuite en ordre utile le Palu, l’Udemo, le MSR, les Forces du renouveau, la Codeco de Me Muyambu, le PDC et l’Unafec…

Le malaise résiderait dans la clé de répartition des postes ministériels pour satisfaire certains bonzes, malheureux candidats de dernières élections, de l’AMP. C’est à dire, ceux qui n’ont pas été élus, bien que ténors de l’AMP. Des arrangements sont en train d’être réalisés avec des alliances au sein même de l’AMP en vue de confier des postes ministériels à certains d’entre eux.

Comme pour dire que même à ce niveau, la balle se trouve dans le camp de Kabila. Le chef de l’Etat est invité à mieux apprécier les propositions au regard des défis à relever. Pour effectivement mettre fin à la récréation. Sinon… c’est un échec déjà programmé.

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