LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

19 décembre 2006

Kinshasa accueille le sommet de la Francophonie en 2010 ...si si si avec des si..!!!

arton1953Cerimonie_ouvertureOn sait qu’il fut Adg de l’Agence internationale de la francophonie. Dans l’interview qu’il nous a accordée, M. Roger Dehaebe parle de la francophonie et surtout du 13ème sommet qui doit se tenir en principe à Kinshasa, capitale de la RDC, en 2010. Interview.

Depuis de nombreuses années, vous militez en faveur de l’introduction des langues locales dans la formation de l’enfant africain. Vous avez même cité des pays qui ont réussi sur cette voie. C’est le cas du Burkina Faso…Mais quelle est la situation aujourd’hui dans les pays africains francophones par rapport à ce qui se passe ailleurs dans le monde ?

Je vais d’abord commencer par la formation de l’enfant africain. En quoi cette formation consiste-t-elle ? C’est la question qu’il faudra se poser de prime abord ? Pour me faire mieux comprendre, je prends l’exemple d’un Européen qui est grand-père d’un petit enfant de dix ans. Comment cet enfant est-il formé ? Il est formé à l’école, par la famille, par la télévision. Ce n’est pas tout. Il bénéficie en plus d’une autre formation maintenant : il va sur l’ordinateur de son père où il a accès à l’Internet. C’est tout cela qui fait son éducation.

Par contre, l’enfant en Afrique n’a pas grand-chose. Il n’a rien d’autre que l’école. Je m’explique : l’enfant africain n’a pas l’internet. Il n’a pas la télévision. Il n’a pas non plus la famille. Je prends l’exemple d’un petit Sénégalais qui, chez lui et dans la cour de récréation, parle le wolof, dont les grands-parents ou les parents parfois ne savent pas lire le français, même s’ils le parlent. Cet enfant va à l’école où on l’éduque en français. Et lorsqu’il rentre le soir, il n’a personne pour faire ses devoirs et ses leçons.

N’y a-t-il pas moyen d’inverser les choses ?

Dans tous les cas, l’on ne peut pas continuer à considérer que l’enfant africain soit le seul enfant du monde à ne pas pouvoir faire ses devoirs et ses leçons avec ses grands-parents ou ses parents. C’est cette malheureuse situation qui prévaut aujourd’hui sur le continent. On peut par contre inverser cette tendance si la pédagogie se faisait dans les langues locales. En ce moment-là, l’école deviendra l’affaire de tous : parents, grands-parents, voisins…La formation et l’alphabétisation de l’enfant deviendraient l’affaire de la communauté. Par conséquent, elle ne serait plus l’affaire des spécialistes qui s’appellent des instituteurs francophones.

Le raisonnement que je tiens est encore plus fort en matière de formation des adultes. Il y a aujourd’hui des expériences de formation des femmes et des adultes qui n’ont pas pu aller à l’école et qui expriment un besoin pour se perfectionner, se former et s’alphabétiser. Vous n’allez pas les alphabétiser en français. Vous ne pourriez le faire que dans leurs langues, c’est à dire la langue qu’ils parlent à la maison.

Ne peut-il pas y avoir un lien avec la Francophonie dans le sens du renforcement du français?

Si l’on veut que le français, donc la Francophonie, se renforce, il faudra que nous puissions développer, et nous l’avons fait largement dans le débat sur la Convention sur la diversité culturelle, et renforcer davantage notre partenariat avec les langues et les cultures locales.

Il y a eu dernièrement à Bucarest, lors du 11ème sommet, un débat sur l’organisation d’un sommet de la Francophonie en Rdc en 2010. Est-ce que la Rdc a la chance d’organiser ce 13ème sommet ? Comment et à quelles conditions ?

Il n’y a pas eu de débat sur le sommet de 2010. A Bucarest, la Francophonie a enregistré deux candidatures : la candidature, réaffirmée, du Congo et celle de Madagascar. Comme le sujet n’était pas à l’ordre du jour, on n’a pris aucune décision à ce sujet. Je trouve cela normal.

Mais si je dois vous donner une position à ce propos, elle sera bien sûr personnelle. Je préfère parler non pas au nom de l’organisation, mais en tant qu’ami du Congo. Et pour cela, je vais remonter dans le temps : en 1987, deuxième sommet de Québec, le premier s’étant tenu en 1986, Paris Versailles. Le Congo de l’époque, le Zaïre, souhaite que le sommet de 1989 se tienne à Kinshasa, parce que le Congo est le premier pays francophone le plus important du continent… Et à l’époque, il y a un débat qui se tient un peu en coulisses et assez logiquement, la décision est prise de tenir le premier sommet, en 1989, dans le pays du père fondateur de la Francophonie, Léopold Sédar Senghor. Donc, on va au Sénégal, moyennant un consensus : décision est prise pour que le prochain sommet ait lieu à Kinshasa. C’est cela l’histoire. Mais, il se fait qu’il y a eu, par la suite, les événements malheureux de Lubumbashi qui amènent la communauté francophone de délocaliser le sommet de Kinshasa. Motif : les conditions ne sont pas remplies pour tenir le sommet à Kinshasa, avec promesse de l’organiser dans la capitale congolaise plus tard.

C’est ainsi qu’on est rentré à Paris, siège de la Francophonie. On s’est interdit de choisir un autre pays. On est donc resté au siège à Paris. C’est très important.

Les choses sont claires. Cela est d’autant plus vrai que la décision a été prise de faire le sommet à Kinshasa. Pour moi, la question ne se pose plus. La seule question qui se pose, pour moi, est celle de la date. Est-ce 2008, 2010 ou 2012 ?

Apparemment, il y a un problème qui subsiste…

Je vais revenir au problème de la date. En 1989, la communauté internationale a accepté de tenir un sommet dans le Zaïre de l’époque. Aujourd’hui, on est dans un autre Congo. Je fais comprendre à mes amis, depuis quelques jours – retenez que je suis ami à ce pays, qu’il y a deux années qui sont considérées comme des années fondatrices de l’histoire de ce pays : c’est 1960 avec l’indépendance, et 2006, avec le processus qui vient de s’achever par l’élection d’un président de la République au suffrage universel direct.

Si en 1989, la communauté internationale a pu accepter de venir dans un pays dont la situation démocratique était celle qu’elle était à l’époque, il y a des raisons suffisantes pour qu’elle vienne maintenant dans ce pays. Elle doit venir saluer ce que le peuple congolais et ses dirigeants ont fait. Nous devons par notre présence, nous de la Communauté francophone, saluer le travail qui a été fait et en même temps faire un message international et national à cet effet.

Nous devons, tous ensemble, venir au Congo. Pas question de faire attendre les choses. Il est vrai qu’en l’an 2008, c’est Québec qui va accueillir le sommet de la Francophonie. Pour la simple raison que ce sera le 400ème anniversaire de la fondation du Québec. C’est bien, on ira à Québec, mais on ne peut plus attendre 2012 ou 2014 pour faire passer ce message de soutien à ce Congo, après ce qu’il vient de vivre et ce qu’il est en train de construire.

J’espère que décision sera prise de confirmer Kinshasa et de le confirmer pour 2010.

C’est dire que Kinshasa accueillera le sommet en 2010 ?

Effectivement. Il y a certes des interrogations sur les conditions en matière d’infrastructures. Mais on sait qu’il y a ici des promoteurs, des projets de construction d’hôtels supplémentaires. Et que, dans quatre ans, il y aura une infrastructure hôtelière suffisante. Nous savons aussi qu’aujourd’hui beaucoup d’entreprises et de groupes industriels ont repris confiance dans ce pays et vont de nouveau s’implanter. Ne nous posons donc pas la question car dans quatre ans, nous serons ici dans une nouvelle ville à même d’abriter un sommet. Il y a la Cité de l’Oua qu’on peut bien réhabiliter. Il y a de grands hôtels au pays.

Dans tous les cas, je n’ai pas de préjugés. Il est évident que dans quatre ans, les conditions seront remplies. De toute façon, c’est le tour de l’Afrique centrale. Vous savez que la Francophonie ce sont des équilibres, de dialogues entre des régions, entre des cultures. Mais qu’est-ce que je constate ? L’Amérique du Nord a eu des sommets. L’Europe, aussi bien de l’Ouest que de l’Est, a eu des sommets. L’Asie a eu le sommet de Hanoi. Le monde arabe a eu le sommet de Beyrouth. L’Afrique de l’Ouest a eu des sommets : Ouagadougou, Cotonou, Dakar…L’océan Indien a eu un sommet : Maurice. Mais, lorsque vous regardez la carte du monde francophone, il y a un vide incompréhensible qu’est l’Afrique centrale. Donc, le tour est à l’Afrique centrale et ce, depuis bien longtemps. Et si le tour est à l’Afrique centrale, les choses sont par conséquent très simples : il faut venir dans ce grand pays où l’on a déjà décidé de venir. Il faut donc venir à Kinshasa le plus rapidement possible en 2010. J’espère et je suis sûr qu’en 2010, je ne sais quelle responsabilité j’aurai en ce moment-là peu importe, je viendrai à Kinshasa. Peut-être comme simple touriste, mais je viendrai au sommet de Kinshasa de 2010. Je n’ai aucun doute là-dessus.

On a l’impression qu’il n’y a que la Belgique francophone, la Suisse, le Canada, la France qui contribuent le plus au budget de la Francophonie. Les pays africains francophones ne contribuent pas beaucoup au financement. Comment expliquez-vous cet état de choses ?

Ce n’est pas vrai. C’est tout le monde qui finance la Francophonie. Pourquoi ? Parce que le régime des cotisations à la Francophonie est un régime qui tient compte à la fois de la population, du pouvoir d’achat et du produit national brut, etc. Donc, le contribuable tchadien proportionnellement paie autant que le contribuable canadien. C’est la première règle. La Francophonie est financée de manière multilatérale. Et puis, il y a ce qu’on appelle les contributions volontaires, c’est à dire des financements complémentaires. Et là, il est exact que ces financements supplémentaires viennent essentiellement des grands pays du Nord, encore que vous avez quelques pays qui ont commencé à contribuer de manière volontaire en plus de cotisations. Vous savez que ce sont des défis...

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