LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

19 décembre 2006

TATA BO' MOKO ! PARTI BO' MOKO ! EKOLO BO'....HEU !

Danger d’un retour au monolithisme

La gué-guerre observée actuellement à l’Assemblée nationale élue cacherait bien un malaise ressenti par toute AMP_tla classe politique congolaise. Majoritaire à la chambre basse, l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) aurait tendance à écraser l’opposition, représentée par l’Union pour la nation (UN). Des observateurs avisés y voient des germes d’un retour au système monolithique tant décrié et combattu pendant plus de vingt ans.

La RDC serait-elle poursuivie par un signe indien ? C’est l’inquiétude de tous ceux qui ont cru en un aboutissement heureux du processus électoral dont on observe les derniers soubresauts.

L’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) est majoritaire à l’Assemblée nationale et elle ne s’en cache pas. Bien plus, elle en est imbue au point d’ignorer l’existence d’une opposition politique ; laquelle est représentée dans le cas d’espèce par l’Union pour la Nation (UN).

L’AMP a cherché et obtenu ce qu’elle voulait. Elle a eu la présidence de la République, la primature et bientôt la présidence de l’Assemblée nationale. Elle ne s’est pas arrêtée là. Elle s’est aussi accaparée les commissions parlementaires et tente de les coiffer toutes, jusqu’à celles de contrôle et d’enquête. Et pour y arriver elle insère dans le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale des dispositions qui permettent d’arriver à ses fins.

Pour l’UN, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « C’est de la boulimie », a déclaré un membre de l’UN ayant requis l’anonymat. C’est que l’UN voit d’un mauvais œil l’envie de l’AMP de vouloir tout arracher et tout contrôler. Très vite, elle a saisi la Cour suprême de justice, en tant qu’organe de loi chargé d’émettre l’avis de conformité du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale par rapport à la Constitution. Elle a introduit une requête en annulation de certaines dispositions de ce Règlement intérieur.

En réalité, l’UN se dit dépouillée de tout moyen d’action en tant qu’opposition. Pour Thomas Luhaka, secrétaire général du MLC, parti leader de l’UN, «certaines dispositions contenues dans ce Règlement intérieur adopté par l’Assemblée nationale amoindrissent ou écartent totalement la capacité de contrôle de l’Assemblée nationale ».

Thomas Luhaka considère que la mission générale de contrôle de l’Assemblée nationale est violée, particulièrement, les articles 98, 102, 103 et 104. Sa crainte serait qu’il n’y aura pas du tout de contrôle par rapport à la gestion du pays par l’Exécutif.

L’AMP, par la bouche de l’un de ses représentants, minimise la démarche de l’UN et déclare : « Nous ne voyons pas des raisons pour lesquelles il faudrait renvoyer le texte du règlement pour que nous puissions le modifier parce que les griefs formulés par nos collègues de l’Union pour la Nation (UN) ne portent pas sur des dispositions constitutionnelles, mais sur des intérêts particuliers à ce groupe parlementaire qui a droit d’en avoir ».

L’UN, de même que plusieurs observateurs de la vie politique congolaise, voit dans l’attitude de l’AMP les germes d’un retour au monolithisme politique en ce qu’elle tend à museler l’expression de différents politiques représentés à l’Assemblée nationale. Et, par extension, c’est la démocratie elle-même qui serait sacrifiée si durant toute la législature, on ne peut entendre qu’un seul son de cloche et affiger une seule couleur politique. Dès lors, l’Exécutif pourrait avoir des coudées franches, assuré de ne pas être sanctionné par un vote majoritaire.

L’exemple de vieilles démocraties devrait inspirer les politiciens congolais. Tel le cas en France où au sein des Commissions parlementaires, bien que la majorité conserve la présidence, l’opposition est tout même représentée. Et qui plus est, les bureaux des deux chambres comprennent des membres de l’opposition, de manière à maintenir l’équilibre dans le débat contradictoire. Ce qui n’est pas encore le cas en RDC. Autrement on se serait donc battu pour rien, si après vingt ans de combat démocratique, on met en place un système politique qui ne rompt pas avec le passé.

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