LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

03 décembre 2006

La mouture du gouvernement

gvnt3111086816Gizenga : Premier ministre ; Nzanga Mobutu : Vice-premier ministre ; Katumba Mwanke, ministre délégué à la présidence, O. Kamitatu : ministre des Affaires étrangères ; Mbusa Nyamwisi : Intérieur ou Défense ; Thambwe Mwamba : directeur de cabinet du chef du chef de l’Etat.
Kinshasa est en train de se métamorphoser. La capitale de la République démocratique du Congo se prépare à accueillir les convives du chef de l’Etat, Joseph Kabila, à l’occasion de la prestation de serment constitutionnel au terme de son élection à la magistrature suprême. La cérémonie se déroulera le 6 décembre 2006. Entre-temps, l’on s’appesantit déjà sur la composition du gouvernement. Des évasions dans les zones périphériques de Kinshasa et à Lubumbashi sont observées. On parle déjà d’une première mouture.

Selon certaines indiscrétions, des concertations sont très avancées pour la mise en place du gouvernement, quelques jours après la prestation de serment du président de la République. Evénement qui sera précédé par la mise en place du bureau définitif de l’Assemblée nationale.

D’après les recoupements, les proches collaborateurs du président de la République, tant au sein de son cabinet actuel que dans l’AMP, sans oublier ceux qui évoluent parallèlement, sont consultés sans cesse. Ils s’évadent pour se soustraire aux bruits bruyants de grandes villes ainsi qu’à leurs rumeurs inhérentes à ce genre d’événements au profit des zones périphériques de Kinshasa et de Lubumbashi. Même sous d’autres cieux, ces tractations sont très suivies pour se faire une certaine idée de la future équipe gouvernementale.

C’est dans ce contexte que l’on interprète le voyage du secrétaire général de Palu, Antoine Gizenga, en Europe. Certes, il serait parti pour un check– up en vue de se requinquer physiquement. Tant mieux, exigence politique oblige. Mais l’on n’exclut nullement qu’il ait multiplié les « contacts politiques » au regard de ses futures fonctions.

En effet, lors de la soirée électorale de l’Alliance de la majorité présidentielle, She Okitundu, l’actuel directeur de cabinet du chef de l’Etat n’avait pas sa langue en poche. Il avait bel et bien précisé qu’Antoine Gizenga, conformément aux accords conclus entre le PPRD et le PALU, sera bel et bien nommé Premier ministre.

Toutefois, l’ intéressé lui-même, dans une interview accordée à Colette Braeckman du journal Le Soir paraissant en Belgique, avait abondé dans le même sens tout en relevant que ce Premier ministre ne pourrait pas être « nécessairement lui ». C’est ainsi qu’on laisse entendre que le Palu serait amené à proposer Matungulu, ancien ministre des Finances et actuellement haut fonctionnaire à la Banque mondiale. Le Palu pourrait également bénéficier d’autres postes ministériels, notamment celui des Finances.

Quoiqu’il en soit, les accords passés entre le PPRD et le Pqlu seront bien respectés, affirme-t-on dans les milieux proches du président Kabila. Il en sera de même avec l’Udemo de Nzanga Mobutu.

Cependant, il reste encore certaines choses à mettre au point. Jusqu’ à ces derniers jours, il serait question de nommer Nzanga Mobutu vice-premier ministre. Reste à définir le secteur qui relèverait de sa tutelle.

KATUMBA MWANKE, O. KAMITATU, MBUSA NYAMWISI, BOSHAB : MINISTRES

A en croire toujours les mêmes indiscrétions, la liste des candidats de l’Alliance de la majorité présidentielle serait quasi prête. Ainsi, Katumba Mwanke, l’une des éminences grises du PPRD, de l’ AMP et de l’ entourage du chef de l’Etat, pourrait être nommé ministre délégué à la présidence. Au poste de ministre des Affaires étrangères, Olivier Kamitatu part favori au regard de ses grandes capacités intellectuelles et politiques. L’on hésite encore sur les fonctions qui devraient être confiées à Mbusa Nyamwisi, président national du RCD-KML. A défaut d’être nommé ministre de l’Intérieur, il s’occuperait de la Défense nationale.

L’ancien Directeur de cabinet de Joseph Kabila, le professeur Evariste Boshab, est pressenti ministre de la Justice. Le chef de l’Etat pourrait faire appel à Thambwe Mwamba pour être son directeur de cabinet tandis que She Okitundu serait nommé ambassadeur de la République démocratique du Congo à Bruxelles.

Ce travail n’est qu’à sa première étape et évoluera progressivement. Au fait, il faut l’enrichir en prenant en compte les observations et les ambitions exprimées par d’autres alliés au sein de l’AMP. Ce serait mal parti pour la majorité parlementaire « AMP » si la liste du gouvernement ferait des aigris et des déçus dès lors que l’on ne peut prendre tout le monde.

Mais aussi qu’il importe de tenir compte des membres de la Société civile, de l’Opposition, pourquoi pas dans le seul but de disposer d’un gouvernement représentatif.

EFFICACITE ET EFFICIENCE FACE AUX GRANDS DEFIS

La constitution de ce gouvernement n’est pas du tout chose aisée. Elle doit tenir compte de deux principes directeurs de la gestion: efficacité et efficience. C’est dire que le chef de l’Etat, en nommant un Premier ministre, devra lui rappeler ces principes pour qu’il lui propose des personnes vertébrées dès lors que les jours à venir s’annoncent difficiles. Il n’y aura pratiquement pas de « période de grâce » au regard de grands défis à relever. Les premiers pas de ce gouvernement devraient donner de forts signaux, des signes avant-coureurs porteurs d’espoirs, car le futur gouvernement sera jugé par sa capacité de remettre la population au travail.

Mais il y a également certaines exigences exogènes : le caractère « de gouvernement d’union nationale », tel que vivement souhaité par les partenaires extérieurs du fait que la RDC sort d’une situation complexe de guerre. Il y a donc lieu d’éviter des signes d’exclusion.

A ce sujet, le président Kabila, répondant à une question de la presse nationale le 27 octobre quant à son entendement sur le « gouvernement d’union nationale », avait répondu qu’il tendrait la main à toutes les sensibilités. « Mais un gouvernement d’union nationale format transition, il faut mettre une croix là-dessus », avait conclu le chef de l’Etat.

Mais il y a plus : la crédibilité et la confiance. Nous voulons tout simplement inviter à une analyse profonde pour un choix judicieux en se référant à toutes les critiques émises, tant sur le plan interne qu’externe, de la gestion de la transition. Bien sûr qu’il n’est pas question d’aller chercher des « saints ». Cependant, à la lecture de certains noms, il faudrait que l’on sente qu’il y a du nouveau au travers cette volonté que plus rien ne sera comme avant afin d’inspirer de la confiance et susciter de l’adhésion populaire.

Car, il s’agit de la refondation et de la renaissance de la République démocratique du Congo en tant qu’Etat et Nation. Faut-il faire du nouveau avec de l’ancien ou tirer des enseignements utiles du passé pour affronter avec détermination et courage politique les défis du présent et de l’avenir ? La question reste posée.


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