LOSAKO

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29 novembre 2006

La tension baisse après l'acceptation par Bemba de sa défaite

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Le "fair play" de l'ex-chef rebelle a été salué par la communauté internationale.

Après des mois de tension émaillés de violences post-électorales meurtrières, la pression est descendue d'un cran mercredi à Kinshasa après l'acceptation la veille au soir par Jean-Pierre Bemba de sa défaite à la présidentielle face au sortant Joseph Kabila.

Le "fair play" de l'ex-chef rebelle a été salué par la communauté internationale, qui a félicité chaleureusement le vainqueur, Joseph Kabila, devenu le premier président élu au suffrage universel direct en République démocratique du Congo (RDC).

Après la Belgique, la France et l'Afrique du Sud, les Etats-Unis et le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, ont adressé leurs félicitations au jeune chef de l'Etat (35 ans). La Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), qui dispose dans le pays de 17.600 Casques bleus, a aussi "noté avec satisfaction l'engagement solennel du vice-président Jean-Pierre Bemba d'agir dans l'intérêt supérieur de la Nation, de manière ordonnée et pacifique".

M. Bemba a concédé sa défaite mardi soir, au lendemain de la proclamation officielle de la victoire de M. Kabila au second tour de la présidentielle du 29 octobre, et il s'est engagé à conduire une "opposition forte et républicaine".

"Bemba a fait un grand pas", a déclaré mercredi un analyste pour l'International Crisis Group (ICG), Jason Stearns, soulignant cependant qu'il n'avait pas d'autre choix que de reconnaître sa défaite.

"Le fait de dire qu'il va s'opposer (à M. Kabila) par la politique et non par les armes devrait calmer la situation" dans ce pays d'Afrique centrale qui sort de cinq années de guerre (1998-2003), a-t-il ajouté à l'AFP.

La presse de Kinshasa, toutes tendances confondues, s'est aussi félicitée de l'attitude du perdant. "Bemba change de casquette. L'ex-chef rebelle passé à la politique accepte sa défaite et se proclame leader de l'opposition parlementaire", a salué l'hebdomadaire pro-Bemba 'Congo News'. La presse pro-Kabila saluait aussi une décision sage qui "épargne au pays le chaos".

Depuis le mois d'août, la capitale Kinshasa, qui est acquise à M. Bemba, a été le théâtre de trois flambées de violences post-électorales, qui ont impliqué à chaque fois des partisans du vice-président et fait une trentaine de morts. Désormais, "il va falloir que Bemba remplisse ses engagements d'intégrer ses forces dans l'armée", a insisté M. Stearns. Le vice-président dispose dans Kinshasa d'environ un millier d'hommes affectés à sa sécurité et qui sont considérés comme la principale source de tensions.

Mercredi, la situation était calme dans la capitale, où était toujours maintenu un important dispositif de sécurité de la MONUC à proximité des deux résidences de M. Bemba. La force européenne (EUFOR) déployée pour sécuriser les élections doit quant à elle mettre fin jeudi à sa mission de quatre mois, même si elle conservera encore quelques troupes sur place jusqu'à la mi-décembre.

"La situation a l'air de se détendre un peu à Kinshasa", a déclaré un diplomate occidental, notant qu'il y avait mercredi dans les rues "beaucoup moins d'hommes en uniforme" des camps Kabila et Bemba que les derniers jours. Le président élu prêtera serment le 6 décembre, en présence de nombreux dignitaires étrangers, dont une demi-douzaine de ministres belges, et son gouvernement devrait être formé d'ici début janvier.

Les travaux qui les attendent sont gigantesques dans cet immense pays qui regorge de richesses naturelles, mais où les trois-quarts de la population vit avec moins de 1 dollar par jour. Parmi les premiers défis à relever, le président devra s'atteler à la pacification de la RDC, notamment dans l'est, où des combats meurtriers ont opposé armée régulière et soldats dissidents du général déchu Laurent Nkunda de samedi à mardi.

Mercredi matin, aucun affrontement n'était signalé dans la région de Sake, où se sont concentrées les hostilités de ces derniers jours. En Ituri, plus au nord, l'armée congolaise s'est félicitée d'un accord passé mardi avec "Cobra Matata", le chef de la dernière milice active dans ce district, qui a accepté de démobiliser contre une amnistie pour ses hommes. Cet accord, s'il était respecté, pourrait mettre un terme aux violences récurrentes dans une région riche en or.

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